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Reportages et entrevues

The Peelies : flammes de feu!

The Peelies : flammes de feu!

André Péloquin
14 janvier 2010

Du sommet du Kilauea, Pélé gronde. Déesse des volcans, du feu, de la danse et de la violence, Pélé crache son magma de façon ininterrompue depuis janvier ’83. À près de 7850 kilomètres de là, cinq Montréalaises dans la vingtaine se réapproprient le nom et la fougue de la déité du roc et du magma. Premier contact avec The Peelies, quintette garage en pleine éruption.

La scène est plutôt cocasse. Installées dans un escalier du 1180 Saint-Antoine Ouest (un repère de musiciens juché dans l’ombre du Centre Bell), la bassiste Sophie Montpetit est accompagnée des guitaristes Marie-Andrée Boudreault et Laurence Lauzon-Bouchard ainsi que de la percussionniste Roxane Guertin Berthiaume et de la claviériste Morgane Duchêne-Ramsay. L’entrevue est terminée. Alors qu’elles terminent leurs bières et cigarettes, un type se ramène, guitare à l’épaule. Il s’arrête net dans l’escalier et les dévisage.

- « I’m sorry. Are you in a band ?! »

Chapitre 1 : rencontre, Texas et ligneur

Abondons dans les clichés : amies avant tout, certains membres des Peelies se connaissent depuis leur tendre enfance, d’autres se sont rencontrés au sein d’autres formations en plus de se croiser lors de soirées bien arrosées. « On s’est connues grâce à un eye-liner » s’exclame Boudreault. Guertin Berthiaume renchérit : « Je l’ai croisé dans un party de jour de l’an. Et j’lui ai dit : « Hey! Toi j’te croise partout! J’peux-tu te demander d’quoi? Comment ça s’fait que ton crayon n’coule jamais!?» On ne s’est jamais lâchées depuis! »

Cette nouvelle amitié allait d’ailleurs mener ces comparses à l’édition 2009 du festival South By Southwest. À quelque part entre le Texas et le Québec, les premières bases du groupe sont lancées.

« On est arrivées au local sans savoir ce qu’on allait jouer!» poursuit la batteuse. « C’est là qu’on s’est dit. « Bon, qui veut jouer d’quoi?! ». Autodidactes (elle ajoutera ensuite « Comme j’savais jouer du maraca, je me suis dit que ça serait facile aux drums! »), The Peelies n’ont toutefois pas perdu de temps. Pas d’instrument? Pas d’problème!

Chapitre 2: De (nouveaux) visages, des figures, des emprunts…

« On partage le studio avec les Sundays Sinners, Vicious/Delicious et Amanita Bloom» précise Laurence. « Ils nous aident beaucoup. On leur a emprunté pas mal d’équipement!” Sophie s’esclaffe. « Marie m’a prêté sa basse, je lui ai prêté ma guitare.» la percussionniste enchaîne. « On a aussi emprunté une guitare, un ampli et un drum à Vicious. Dave (Qunstater, batteur de Vicious/Delicious) va bientôt me vendre son kit! »

Avant même d’envisager d’enregistrer leurs pièces, les Dieux ont une fois de plus souri aux Peelies.

Lorsqu’on mentionne les premières maquettes du groupe (sous la houlette de Joe des Breastfeeders), le collectif explose. « C’était super l’fun! » s’exclame Sophie. « Bien que ce n’était pas dans nos plans d’enregistrer si tôt – c’est lui qui nous a approchés! – on s’est beaucoup amusées! » Roxane en rajoute: « J’étais super nerveuse avant de commencer, mais le party a vite pogné. On est passé à travers trois caisses de 24! » Puis Montpetit qui conclut : « Je crois qu’il a trouvé ça ben l’fun de travailler avec une gang de filles. »

Nous y reviendrons.

Interlude: le mec à la guitare dévisage toujours les filles…

Il n’a plus l’air de se demander si ces jeunes filles rigolant dans une cage d’escalier ont bel et bien leur place dans ce repère de croquenotes, mais où il les a vu avant. Son visage s’illumine. Un sourire pointe aux commissures de ses lèvres. Il a trouvé.

- Oh! You’re the girls that played at Piranha Bar a while ago! You guys were great!

De tous les garçons empruntant cet escalier, les Peelies sont non seulement tombées sur un fan, mais sur un mélomane qui a assisté à leur tout premier concert.

Chapitre trois: Des images, du son, des attentes, de l’avenir…

Plusieurs préjugés font souvent surface lorsqu’il est question de groupes féminins. Le contenant avant le contenu? The Peelies s’en moque et opte pour les deux. «C’est ce qu’on s’est fait dire au début. » confie Marie-Andrée. « Vous êtes cutes, mais ne misez pas que sur ça! » martèle Roxanne. Morgane nuance. «Oui ça nous aide, mais si on était vraiment poches, je crois que le monde serait déjà passé à autre chose! » Et les États-Unis n’auraient pas répondu à l’appel.

Près d’une année après leur baptême de feu, les filles retournent sur les lieux du crime en mars. En effet, les Peelies retourneront à SXSW non pas à titre de festivalières, mais comme artistes invitées. Lorsqu’interrogées sur leurs attentes, les disciples de Pélé gardent leur sang-froid. « C’est un voyage. » confirme Laurence. « On part avec l’idée de s’amuser, mais on espère quand même qu’il y arrivera quelque chose. » Sophie en rajoute: « On y serait allées anyway pour voir des shows, mais là ça va être plus le fun vu qu’on y joue! » Ça sera aussi plus plaisant, car elles y présenteront Forever Together (oui, oui!), leur premier maxi qu’elles enregistrent ces jours-ci et qu’on devrait retrouver dans les bacs d’ici le 29 janvier.

Oeuvre aussi bilingue que ces auteures, la question de la langue a évidemment été effleurée. Interviewée par le journal universitaire The Link, le collectif a avoué se sentir parfois « limité » par la langue de Molière lorsqu’il est question de rock. Roxane relativise. « Y’a beaucoup d’bands francophones qui chantent en anglais. » Marie-André tranche. « On n’a jamais pris de “direction” précise. Si la toune sonne bien en français, on va le chanter en français. Même chose pour l’anglais. » What if? Et si ça marchait?

Toujours méconnu ici (et avec raison), le soufre des Peelies s’est tout de même fait sentir chez nos voisins du Sud. Un blogue musical de Los Angeles (!?) a même coiffé le groupe du titre d’« artiste à surveiller en 2010. » «On est pas mal toutes sur le même niveau d’implication. » affirme Laurence. « Au début, c’était que pour le fun. Ce l’est toujours en fait, mais quand on a vu que ça levait pour nous, il a fallu s’asseoir et voir jusqu’à quel point on voulait s’impliquer.

BangBangBlog: Comment expliquer une potentielle tournée à vos employeurs? À vos professeurs?

Laurence: Je ne leur dirai juste pas. J’suis déjà « la marginale » du groupe. J’suis en analyse biomédicale et si je manque un cours, tout le monde va me regarder croche à mon retour!

En attendant leur périple texan, les filles vont s’échauffer (et réchauffer le public montréalais) sur plusieurs scènes de la métropole. Lorsqu’on leur demande qu’elles doivent être les attentes des mélomanes qui les auraient zieutés lors de ce fameux premier concert au Piranha Bar, The Peelies demeurent humbles: « On s’est améliorées! » s’exclame Roxane. Sophie ajoute « On n’est pas nulles, là! » et Marie-Andrée conclut : « On rit, mais nos tounes sont vraiment bonnes! »

En concert le 29 janvier avec Grand Trine et Homosexual Cops au Torn Curtain Loft, le 14 février au Quai des Brumes dans le cadre des dimanches déplogue et le 13 mars à l’Esco en première partie de Dirty Tricks qui y lancera son nouveau compact.

myspace.com/peelies

Un commentaire
  • solafo
    14 janvier 2010

    Merci pour cette découverte, j’adore leur son !

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