BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Rock Forest : Dans le plus simple appareil

Rock Forest : Dans le plus simple appareil

Julie Ledoux
18 février 2013

Man Machine est devenu Rock Forest et s’est tourné avec assurance vers la pop électro avec X1000, un album mûri pendant trois années.

En 2010, il se nommait encore Man Machine et lançait un premier maxi. Quelques mois plus tard, le groupe lâchait son compresseur – par lequel tous les instruments étaient contrôlés – et son patronyme, et se lançait tête baissée dans un son radicalement plus pop, où les synthétiseurs occupent l’avant-scène. Rock Forest était né. «On avait le goût de repartir à neuf», lance Christophe Lamarche-Ledoux, chanteur et claviériste de la formation. «Ce qu’on avait fait auparavant, on voulait s’en dissocier», admet-il sans retenue. «On s’est rappelé que ce qu’on aimait faire, dans le fond, c’était jouer de la musique.» Plutôt amusant, ce commentaire venant de l’ex-Sexyboy et moitié musicale d’Organ Mood, considérant tout le travail expérimental amorcé avec Man Machine. «C’était hyper technique. C’était vraiment un projet de recherche et développement, donc on a gardé tout le développement, mais astheure, on fait des tounes!» rigole Lamarche-Ledoux.

Tout en conservant le côté expérimental du projet, Rock Forest s’est permis de reprendre quelques éléments de sa forme passée. Si la pièce Time War se retrouve aussi sur X1000 et que le titre Rock Forest est devenu le nom du quatuor, les sonorités punk et rock appuyées ont été évincées au profit de musiques passées dans le collimateur des synthétiseurs. «On se rejoignait plus dans ce genre-là. On a arrêté de se poser des questions», philosophe Christophe. «Rock Forest, c’était un peu une blague au départ, car au dernier show de Sexyboy à Sherbrooke, on a dit: “O.K., c’est fini, Sexyboy. On se part un nouveau projet, ça va s’appeler Rock Forest!” Tout le monde a trouvé ça drôle, mais nous, on était sérieux! On trouvait ça bon! Les gens ont vraiment ri parce qu’il faut dire que pour Sherbrooke [NDLR: d’où les trois quarts du groupe sont originaires], Rock Forest, c’est un peu la banlieue poche.»

En plus de revenir à l’essentiel, Rock Forest a aussi tenté d’éliminer les étapes de production lors de la création de X1000. «Au lieu de se casser la tête à essayer absolument que ce soit expérimental, je pense qu’on a trouvé une façon de travailler qui est elle-même expérimentale. Notre son sera de plus en plus pop, mais notre méthode de travail fait que nous n’avons plus besoin de créer des musiques à proprement parler “expérimentales” ou quasi indigestes. On se dirige vers quelque chose de plus le fun, finalement.» Ce plaisir, Lamarche-Ledoux et ses acolytes, Olivier Pépin (voix et guitares), Renaud Payant-Hébert (basse et claviers) et Philippe Bilodeau (batterie), le retrouvent aussi dans la réalisation accomplie par Étienne Dupuis-Cloutier (ex-Sexyboy et réalisateur du dernier Fanny Bloom), en studio, depuis janvier 2012. «Pour moi, ça ne s’est jamais aussi bien passé, ever», lance Christophe, soulagé. En résulte finalement X1000, 11 pièces électro-pop et parfois quasi dance faisant la part belle aux synthétiseurs et aux textes du chanteur alternant entre l’anglais et le français, et rappelant que «les thématiques de la répétition et du déjà vu, ce sont des choses que tu as l’impression qui sont arrivées 1000 fois, dans le fond».

Rock Forest lance X1000, le mardi 19 février, à la Casa del popolo.

La formation sera aussi en spectacle, en première partie de Brigitte, au Cercle, ce vendredi 22 février. Le mois prochain, Rock Forest donnera deux spectacles au Canadian Music Week, à Toronto, avant de revenir en terre québécoise et d’offrir trois autres prestations dans la même semaine, soit le 21 mars au Divan Orange, le 22 mars à l’AgitéE de Québec et le 23 mars, à la Petite Boîte Noire de Sherbrooke. Ces trois dernières performances se feront en première partie de The Death Set.

Crédit photo :Marie Philibert-Dubois

Un commentaire
  • [...] C’est sous la baguette du maestro réalisateur Étienne Dupuis-Cloutier (ex-Sexyboy et réalisateur du dernier Fanny Bloom), que X1000 a été monté, 11 pièces électro-pop et parfois quasi dance faisant la part belle aux synthétiseurs et aux textes du chanteur, et rappelant que «les thématiques de la répétition et du déjà vu, ce sont des choses que tu as l’impression qui sont arrivées 1000 fois, dans le fond», dixit Lamarche-Ledoux. [...]

Laisser un commentaire

iweb