BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Onomatops (!) : secret de polichinelle

Onomatops (!) : secret de polichinelle

Julie Ledoux
25 novembre 2010

Formé à la base d’Émilie Serri et d’Emmanuel Alberola, le duo s’est acoquiné de trois nouveaux membres et nous offre maintenant un premier EP d’indie pop aux accents électros. Rencontre dans le plus grand secret…

Une affaire d’escrime

Armés de chansons composées depuis belle lurette, le groupe originaire de Montréal, né suite à une rencontre dans un cours d’escrime, s’est décidé, au début de l’été dernier, à se créer une carte de visite : « Ce sont des vieilles chansons d’il y a cinq ou six ans. », affirme Emmanuel Alberola, compositeur et arrangeur du groupe. « Quand il y a eu l’effervescence autour de nos chansons, il y a un an, on n’était pas prêts à ça. On n’avait même pas de band, encore! On est allés faire nos devoirs…», continue-t-il. Ainsi, en juin dernier, ils sont allés les faire dans un manoir secret des Cantons de l’Est. Quatre des chansons du EP datent des premiers balbutiements du groupe, mais « Hunting Boys » fut composée à l’origine pour un court-métrage, de même que « Heartbreak » qui fut distribuée gratuitement en septembre dernier. « Bizarrement, “ Hunting Boys ”, c’est la chanson qui représente le plus ce qu’on a vécu en enregistrant le EP et pourtant, ça ne raconte pas du tout la même chose que les quatre autres puisqu’elle est très récente. », affirme Emmanuel.

L’enregistrement de La Maison qui pleure a visiblement marqué l’imaginaire du groupe de même que la « maison » elle-même, mais impossible de savoir où se situe exactement ce « manoir-hôtel » abandonné. Le groupe tient mordicus à conserver l’aura mystérieuse autour de ce lieu mythique qui a donné vie à leurs chansons : « C’était vraiment un endroit avec une âme spéciale. On ne peut pas vraiment en parler… J’dirais pas que ça été fait clandestinement, mais… en tout cas, il n’y avait pas d’électricité! »

S’abandonner

Ce lieu mystère fait donc partie intégrante de La Maison qui pleure et les membres du groupe ont pu enregistrer à l’aide d’objets ou dans différentes pièces de l’endroit abandonné : « On a eu la chance d’enregistrer dans un gymnase en bois et dans une piscine vide. T’sais le fameux trip de rockeur, là! D’ailleurs, les voix de l’une de nos chansons ont été enregistrées dans la piscine et la réverbération, ce n’est pas une machine qui la fait. Il y avait tout ce côté-là qui nous faisait triper, mais en même temps, y’avait un côté très The Shining, très glauque. Tout le monde dans le band a eu un petit moment où on a eu la chienne! »

Bien que l’endroit fit ressortir la peur chez les membres du groupe, les pièces, l’acoustique et même certains instruments ont su trouver leur place sur La Maison qui pleure : « C’était une super belle expérience. Il y a des choses qui sont arrivées là-bas et qui ne seraient pas arrivées normalement dans les chansons, musicalement. », se rappelle Émilie Serri, chanteuse et mélodiste du groupe. « Par exemple, il y avait un harmonium, là-bas. J’en ai joué un peu, comme ça. Finalement, ça se retrouve sur une des chansons, de manière improvisée. Par contre, même si on retournait à cet endroit-là, ça ne pourrait pas être pareil. C’est fini. C’était l’endroit parfait pour clore ce chapitre-là d’Onomatops. »

De duo à quintette

Le son d’Onomatops, plutôt indie pop mais toujours un peu électroacoustique, sera porté à changer au fil du temps, selon Émilie Serri : « On continue d’évoluer et c’est sûr que d’ajouter trois autres personnes au band change beaucoup la dynamique et le son. » L’étudiante en cinéma qu’est Serri et l’ingénieur de son Alberola tentent de ne pas stagner dans le style Onomatops d’il y a cinq ans et de constamment se renouveler : « On a pas mal de nouvelles tounes », affirme Emmanuel, « et même si elles vont dans une direction un peu opposée à celles enregistrées, on pousse dans l’électronique pour certaines chansons et en même temps, on pousse dans le vraiment raw et rock, mais dans ma tête, c’est un tout et ça va ensemble! » Ayant peu fréquenté les scènes, le groupe est encore en construction et leur imaginaire se crée du même coup. « Live, on a découvert le plaisir de jouer avec un band. Avant, j’avais mon ordinateur et elle avait son clavier. Mais là, c’est vraiment une nouvelle dynamique et on découvre!», lance Alberola.

Lancement de « La Maison qui pleure » en compagnie du DJ Jay Watts III.
25 novembre 2010, portes à 19h. CFC, 6388 St-Hubert (ex-ZOOBIZARRE!)
Entrée : 5$ Album + entrée : 10$
http://onomatops.bandcamp.com/
http://onomatops.tumblr.com/
Un commentaire Laisser un commentaire

Le Scrapbook du BangBang

CHRONIQUES

Chroniques
Guillaume Déziel
10 mai 2012

L’arme de discussion massive

Depuis l’invention de l’imprimerie, la politique s’est toujours exercée sensiblement de la même manière. Le peuple élit ses représentants et ces derniers gouvernent et prennent des décisions. Depuis le début des temps, les politiciens ont toujours gouverné et cherché à contrôler leur message. La communication s’est faite de façon unidirectionnelle : un émetteur dicte un message ; des millions de récepteurs, passifs, reçoivent ce message et gardent leur réflexions pour eux-mêmes, jusqu’à la prochaine révolution de salon, lors du prochain party de famille ou du prochain BBQ entre amis. C’est l’ère de la communication 1.0. Un parle, tandis que les autres n’ont qu’à écouter.