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Musique 8-bit : Appuyez sur « start »

Musique 8-bit : Appuyez sur « start »

André Péloquin
24 mars 2011

La semaine dernière, Rue Frontenac rapportait des propos de Yannis Mallat, PDG d’Ubisoft Montréal, affirmant que l’implantation massive de studios de jeux vidéo au Québec nuisait désormais à l’industrie locale. On en est là. Il y a maintenant TROP d’entreprises du genre au Québec. Fascinant!

Malgré tous les profits et les progrès technologiques dans ce domaine (vous irez voir la bande-annonce d’« Arkham City », c’est presque plus vrai que nature), plusieurs enthousiastes s’amusent toujours avec de vieilles consoles Nintendo 8-bit. Outre le Club des Collectionneurs de Jeux Vidéo du  Québec (le CCJVQ), une organisation qui réunie des fanas de « retro gaming » des quatre coins de la Belle Province depuis 1999, d’autres passionnés, comme le collectif  Gros Joueurs, échafaudent des soirées conviviales bardées de joutes de jeux vidéo d’antan. Mieux encore, de plus en plus de disciples de Zelda innovent avec le médium ; comme Battle Lava, un artiste 8-bit montréalais, et Valérie Blindée, une DJ qui carbure à la musique inspirée des aventures de Mario et Mega Man.

Pourquoi le 8-bit? Par nostalgie? Pour ses sons distincts? On en jase avec la DJ.

Premier niveau : un tutoriel Blindée

Son premier contact direct avec le 8-bit remonte à ses débuts à Choq.fm. Fan de musique à saveur techno depuis sa tendre enfance (« J’adorais Dance Mix 95 ! » confie Valérie au passage), elle découvrira cette « musique de jeux vidéo » à l’aide de la balado française The Brain qui a déjà été diffusée sur les ondes de CISM. Allumée, Valérie, alors animatrice de l’émission électro Erreur 404 à la radio universitaire de l’UQAM, s’aventurera à Mutek et y rencontrera Patric « Candie Hank » Catani, un musicien berlinois. Il l’initiera au Little Piggy Tracker, « un « tracker » distribué gratuitement et qui peut fonctionner sur plusieurs consoles, voire même sur de vieux ordinateurs Amiga. »

-        Little Piggy quoi ? Un « tracker » !?
-        Un « tracker ». C’est un système d’exploitation permettant la création de sons !
-        Oh. Je vois (bien sûr, je mentais).

Bien que ses frères d’armes de la scène 8-bit, aussi surnommée chiptune, ont recours à différents « trackers » pour composer (comme Matt Fuzz, un artiste montréalais qui peut transformer un vieux Game Boy en instrument de musique à l’aide du « tracker » Little Sound DJ), miss Blindée se contente de diffuser pour le moment. « Programmer, c’est une affaire de nerds et je n’ai pas assez de temps pour ça ! », plaisante la DJ avant de se faire plus sérieuse. « Je préfère diffuser, encourager les artistes locaux et internationaux et les faire découvrir », ajoute celle qui, dès l’âge de huit ans, enregistrait déjà des mixtapes techno.

Mais pourquoi le 8-bit? Blindée joue franc jeu.

« C’est clair qu’il y a quand même une pointe de nostalgie là-dedans », explique-t-elle. « Je fais partie de la génération Y. J’ai donc été élevée devant la télé, les jeux vidéo et tout ça. J’imagine qu’à quelquepart, et comme plusieurs autres, je tente de recapturer cette expérience ». Outre les souvenirs d’enfance et une affinité pour la musique électronique, l’harmonie entre les différents intervenants de la scène 8-bit y serait aussi pour beaucoup. « C’est une scène qu’on retrouve à l’échelle mondiale. Il y a donc pas mal d’artistes à découvrir et ceux-ci distribuent souvent leur musique gratuitement sur Internet », ajoute-t-elle. « Plusieurs forums, dont Hexawave, 8bit Collective et MicroMusic.net, favorisent aussi les contacts et la discussion. C’est très accessible comme communautés. C’est des enthousiastes, pas des élitistes. »  Des enthousiastes, certes, mais qui mène tout de même leur passion à un autre niveau. L’implantation du collectif Toy Company, dont Blindée fait partie, en témoigne.

Toy Company : pour jouer sérieusement…

Groupscule organisant des événements à saveur chiptune depuis 2008, Toy Company tente de rassembler les artistes 8-bit locaux les plus actifs. « J’ai été contacté par un des membres du groupe, Ika, qui aimait bien mon émission de radio », se remémore Blindée. « Il m’a invité à venir le voir jouer… au métro Guy ! » De fil en aiguille, les contacts se font, les soirées s’orchestrent et les concerts prennent de l’ampleur. « On est passé du Zoobizarre à la SAT. Depuis, on a ouvert un compte bancaire commun où on accumule des sous pour faire venir des artistes de l’extérieur. C’est très sérieux comme démarche », clame Valérie.

« Trop nerds, pas assez hipsters »

C’est le constat de Valérie Blindée lorsqu’on lui demande de faire une esquisse de la scène locale 8-bit. Alors que New York est rapidement devenue la plaque tournante du mouvement (« On y organise même un festival chiptune maintenant ! ». note la DJ), leurs collègues de Montréal, eux, se font plus discrets. « Y’a quand même eu quelques articles locaux à ce sujet, mais je crois que ça se passe beaucoup sur Internet. », poursuit-elle. « Y’a aussi une émission de CISM, Les Cuistots du bal, qui en fait jouer souvent, mais c’est pas mal ça ! » Et c’est suffisant si on se fie aux propos de Blindée. À l’image de la clique noise montréalaise, la communauté 8-bit est aussi vibrante qu’autarcique.

En attendant sa prestation au Geek Party, un événement caritatif pour les Mystérieux Étonnants, Valérie Blindée mixe, blogue et collabore à plusieurs projets à saveur 8-bit dont RadioClash, une baladodiffusion française liée au forum électro Musiques Incongrues.

Insérez un crédit pour continuer…

Geek Party des Mystérieux Étonnants
Vendredi 1er avril, dès 20h
Pub Brouhaha (5860 De Lorimier)
Musique kitsch, gracieuseté de Radio Cochonneries, projections de vidéos à saveur geek, espace « retro gaming » et « sets » DJ de Valérie Blindée et Chen Vidéo.
Contribution volontaire pour financer les activités (site d’actualités geek, émission de radio, web télé, etc.) des Mystérieux Étonnants
Événement sur Facebook
Photo: Guillaume Marcotte
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