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Reportages et entrevuesNé des cendres de Molly’s Decline, il y a deux ans, le groupe de Québec Machinegun Suzie s’apprête à dégainer Black Paper Horse, un premier album. Discussion avec des filles qui empoignent fermement les brides du rock stoner et du grunge. Oui, des filles, mais ne le dîtes pas trop fort… Filles ou garçons C’est que Machinegun Suzie veut être reconnu pour sa musique et ne joue pas la carte du féminisme enragé, comme le faisaient des groupes du mouvement Riot Grrrl, ni de l’hyper sexualisation. «On a souvent utilisé l’étiquette Riot Grrrl pour nous décrire, mais elle ne vient pas de nous», précise celle qu’on surnomme Pouliche, la batteuse. «On est vraiment pas un groupe militant, tranche Yvonne Éric, la chanteuse et guitariste. Pour moi, ça a toujours été un point d’honneur de presque faire oublier aux gens qu’on est des filles. On ne veut pas profiter de ce fait; on est juste là pour faire de la musique et donner tout ce qu’on a. On peut tu juste être une gang de filles sur un stage et tripper sans militer?» Oublions donc ce qu’il y a entre les jambes et concentrons-nous sur ce qui sort des amplis, car Machinegun Suzie a été fondé dans l’unique but de composer de la grosse musique pesante. Au fil des années, les filles ont fait (et font encore) partie de projets garage, surf ou même folk, mais pas question d’amener Machinegun Suzie sur ces chemins plus calmes. «Le surf ou le folk ne sont pas inhérents à ce que je suis, explique Yvonne Éric, qui a évolué avec les Hellcats et qui a collaboré avec Jimmy Hunt, à ses débuts. Ça me manque parfois de faire danser les gens, mais jamais de là à changer le son de Machinegun!» Au pire, slammer, c’est comme danser, non? De l’écurie au Texas Black Paper Horse fait référence à un thème récurrent chez le groupe. « Notre premier local était à côté de l’écurie de mon père à l’Ancienne-Lorette, raconte Steph Duchesse, la bassiste. On était entouré de chevaux donc ça a été l’inspiration de la majorité des chansons.» L’album a été produit de façon totalement indépendante et a même été enregistré au studio de celle qu’on appelle affectueusement Bébé Velours, la guitariste. Une démarche étonnante pour un groupe qui s’est attiré des bons mots de Melissa Auf der Maur lors d’un spectacle commun et qui a joué au South By Southwest l’an dernier. «Quelques labels locaux nous ont contacté, mais pour une question de timing, ça n’a pas fonctionné», explique Steph. «Tant qu’à attendre après un label et être frustrées, aussi bien faire les choses à notre façon, s’ébroue Pouliche. Ça marche bien et on est confortable là-dedans!» Du côté du South By Southwest, même si l’on pense que l’évènement ouvre des portes assez facilement chez nos voisins du sud, on n’y croise pas forcément le président de Sub Pop dans les toilettes. « On a été plus en contact avec des gens du Québec parce que ça marche beaucoup par cliques de salle, explique Steph, et on était dans la clique de Planète Québec…» Pour l’instant, attelons-nous solidement puisque Machinegun Suzie s’attaque au Québec! Tournée de lancement de Black Paper Horse : Lancement à Montréal à venir, au début de l’année 2013. Crédit photo : Llamaryon
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