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Reportages et entrevuesLights Off : l’attente en valait la chandelleKristof G16 janvier 2010
Dehors, il ne fait ni beau, ni chaud. On le sait, c’est janvier, faut s’habituer. On se dépêche de se rendre à la Casa del Popolo, afin de rejoindre Pat No (né Patrick Naud; Les Breastfeeders, ex-Caféïne, ex-The Snitches), pour jaser de son projet Lights Off. On se commande une stout pour se réchauffer (mettons), avant d’aller s’attabler avec celui qui revient – affamé – de deux répétitions d’affilée. Un type du genre occupé. Ça tombe bien, son collègue Gregory Leclair-Paquet (ex-The Stills, Feathership, Plaza Musique) s’est aussi déplacé. Ils vont pouvoir tout nous expliquer entre deux bouchées de sandwich végé. Jasette décontractée dans le tout premier lieu où ils ont joué. Approprié. Avec Lights Off, on découvre les talents d’interprète et de compositeur de Pat No, qu’on n’a pas souvent vu prendre le micro, habituellement tapis derrière une batterie : après avoir accompagné Xavier Caféïne (période Gisèle), il s’est joint il y a environ deux ans aux Breastfeeders (qui sont par ailleurs présentement en mode composition en vue de leur prochain album). « Je suis leur septième batteur » s’exclame-t-il avant qu’on lui fasse une joke de Spinal Tap. Facile. En fait, l’étincelle qui embrasa initialement Lights Off s’est déclanchée en 2005, alors que Greg et Pat formaient le groupe The Call Up. Plusieurs années — et autres groupes — plus tard, c’est en dépoussiérant des vieilles compos et démos que Pat a été tenté de reprendre le micro. Il a donc rappelé Greg pour voir s’il souhaitait collaborer sur ces maquettes. Il n’a pas eu à s’obstiner longtemps pour rallumer la flamme, étant tous deux plus qu’inspirés se remettre au travail et à composer des nouveautés. Résultat? On retrouve plusieurs pièces accrocheuses sur ce EP dont « Where the Night Takes You » (on peut entendre la version originale sur la page MySpace de The Call Up) et « These Kids Are Hard to Entertain » (qui ouvre l’oeuvre). « Je trouve qu’on est tellement bombardés d’informations, de divertissement et de tout, que le monde est difficile à atteindre et d’émouvoir; tout le monde à tout vu, tout senti… », constate Pat, le parolier principal, lorsqu’interrogé sur l’inspiration derrière « These Kids… ». « Ça m’est venu comme ça, alors que j’étais à Toronto chez une amie, et j’ai appelé aussitôt chez moi pour chanter la ligne sur mon répondeur. » Un bon moyen pour ne pas oublier quand on n’a pas de papier ou de dictaphone à notre portée! Pour leur première galette (un mini-album éponyme de six pièces, à paraître sur Opposite Attracts Records), les gars ont pris leur temps avant l’enregistrement, sans rien précipiter, pour arriver en studio bien préparés. D’ailleurs, sauf quelques instrumentations (comme des cuivres, par exemple), Greg et Pat ont à eux deux presque tout enregistré sur le disque. « Greg a une approche à la guitare qui n’est pas très classique, dans ce sens qu’il met beaucoup de layers et d’effets », souligne Pat, avec enthousiasme, avant d’ajouter « [d']avoir vraiment travaillé, surtout sur les guitares. Comme les deux producteurs sont aussi des guitaristes, on a pu essayer plein d’affaires, plein de pédales, plein d’amplis.» Faut dire qu’un duo de producteurs comme Adrian Popovich (ex-Tricky Woo) et Joseph Donovan (The Dears, Priestess, Sam Roberts, Sebastien Grainger et plusieurs autres) ne peut pas nuire! Afin de pouvoir transposer leurs compositions en show, le duo a passé pas mal d’auditions, qui se sont avérées peu concluantes. Paquet et No ont finalement opté pour d’anciens collègues et connaissances. Lights Off est donc complété par le bassiste Ghislain Chartier (un autre ex-The Call Up, qui avait également joué avec Pat dans The Snitches et en compagnie de Xavier Caféïne) en plus de Pierre-Marc Hamelin à la batterie (ex-Mobile) et de Maxime Philibert à la guitare (ex-André). Le quintette se réchauffe déjà en donnant quelques petits concerts non-annoncés, notamment au Barfly et à la susmentionnée Casa del Popolo, avant leur lancement à L’Esco. On gage une pinte de noire que les kids ne seront pas très durs à divertir! Lancement du mini-album de Lights Off: vendredi 12 février, 21h à L’Esco (4467-A St-Denis)
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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
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17 janvier 2010
Pour avoir assisté à un desdits spectacles surprises, je peux dire que oui, Lights Off nous entertain de son mieux. Le professionalisme infus dans ce nouveau projet ne peut que se ressentir sur scène, où Pat No se donne à fond. Ils sont expérimentés, oui, et tous bien beaux, avec vestons fashion en prime. On peut entendre d’excellents riffs et on fredonne longtemps des refrains étonnamment pop comme These kids are to entertain, hard to entertain, hard to en-ter-tain. Par contre, le groupe ne réinvente pas la roue et la voix parfois nasillarde gagnerait à être plus posée et adoucie. Lights Off n’est peut-être finalement qu’un autre de ces nombreux bands émergents dont le son n’est pas encore à maturité. Même s’il prétend ne pas vouloir fonctionner grâce à ses contacts, disons que le band a une longueur d’avance que beaucoup d’autres, plus talentueux, paieraient cher pour avoir.