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Reportages et entrevues

Les Indiens : Pow-Wow

Les Indiens : Pow-Wow

Catherine Genest
13 juin 2013

Mélanger stoner rock, paroles en français et rythmes des premières nations, c’est leur spécialité. Un filon qu’ils sont les premiers à exploiter, créant ainsi une musique de niche hypnotisante et inspirée de l’esprit chamanique de la culture des Premières Nations.

«J’ai grandi avec une famille de Montagnais. Les Malek de Natashquan. C’était de grands amis de mes parents qui vivaient avec leurs enfants dans la même maison que nous dans le quartier St-Sauveur. Et aujourd’hui, on est des voisins. On habite dans le même immeuble.» Soucieux de ne pas verser dans la caricature par respect pour ses proches, Guillaume Sirois est le guitariste et chanteur d’un groupe qui célèbre la culture des Premières Nations sans cliché.

En ce sens, sa rencontre avec son coéquipier Michel Groleau fut marquante, parce qu’il avait lui aussi été mis en contact avec les valeurs et la musique inuites par le biais de ses collègues avec qui il travaille à temps partiel lors de ses ruées vers l’or ponctuelles au Nunavut. Et c’est à partir de cet intérêt commun qu’est né ce qui allait devenir Les Indiens, projet auquel s’est rapidement greffé leur claviériste Alex et le batteur Pascal Asselin, mieux connus sous le nom de Milimetrik. Ensemble, ils animent les nuits de Québec depuis un an et demi et font courir les foules.

Mais les envolées psychédéliques dans des tounes de sept minutes, ça ne passe pas ailleurs que sur les ondes hertziennes des college radio. «En contre-partie, on a plein de petits publics un peu partout dans le monde pour le stoner et qui aiment ça en maudit. Le stoner, ça s’adresse aux gens qui veulent laisser voguer leur esprit et entrer dans un état second sans prendre de substance.» Un succès populaire éparpillé que Guillaume illustre avec des ventes d’albums via Bandcamp en France et en Suisse, notamment. Un succès critique, aussi, qui s’est étendu jusque chez nos voisins du Sud. Une critique élogieuse dans le Heavy Planet en témoigne, cyber bible du stoner qui a fait une place au band de la Labeaume City dans sa compil’ des 50 jeunes groupes les plus prometteurs au monde. «Ç’a confirmé quelque chose que je pensais déjà. La langue, c’est pas une barrière.»

Réalisé par Jace Lacek qui a aussi joué un rôle de mentor, pour reprendre les mots de Sirois, Crâne est sorti le 12 mars dernier. C’est aussi leur premier album complet. Celui qui leur a permis de planifier un spectacle en première partie de The Sheepdogs à l’Impérial le 14 juillet prochain dans le cadre du Festival d’été de Québec. Celui qui est en train de leur ouvrir les portes des États-Unis, un fan à la fois. Parce qu’y faire des spectacles, c’est plus qu’un souhait: c’est un projet. «On va aussi aller enregistrer un EP dans le désert, au Rancho de la Luna à Joshua Tree en Californie. C’est là que Queen of the Stone Age a enregistré The Desert Sessions. Si Crâne était un désert de glace, là on veut faire un désert de sable. On veut se payer un trip et en profiter pour pousser encore loin l’idée d’un côté percussif améridien.»

Les Indiens @ Francofolies de Montréal : Dimanche le 16 juin à 23h (Scène Ford)

Les Indiens @ Festival d’été de Québec : Dimanche 14 juillet à 20h (Impérial de Québec)

lesindiens.bandcamp.com

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