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Les Batteux-Slaques : Saleté d'honnêteté

Les Batteux-Slaques : Saleté d’honnêteté

Marc-André Savard
6 novembre 2010

«J’peux pas endosser ça!» C’est avec ces mots qu’un juge des Francouvertes a condamné une composition pour le moins salée de Les Batteux-Slaques suite à leur candidature en 2009. Un refus sans conséquence pour la formation folk trash établie à Montréal qui progresse depuis une dizaine d’années sans coup de main de l’industrie. En pleine possession de ses moyens, l’irrévérencieuse formation s’apprête à lancer On vient de loin, un troisième album.

«On n’est pas vulgaires, mais honnêtes, explique Pierre-Luc Brillant (voix, guitare). On dit les choses telles qu’elles sont, sans détour. C’est cru, mais on n’a pas le souci de choquer…» En fait, selon les Batteux, leurs compositions égratignent les oreilles parce que la société est engourdie par une sorte d’hypocrisie qui enrobe la réalité pour qu’elle passe mieux.  «On vit dans un monde de téteux! résume Pierre-Luc. C’est fascinant et ça fait peur à la fois. En même temps, ça nous pousse à continuer à frapper sur le clou!»  «Quand t’es avec une fille, tu pètes pas le premier soir. Pourquoi ça devrait prendre 20 ans avant de le faire en sa présence », rigole Francis Roussignol (batterie, harmonica). « La littérature est remplie de trucs bien pires que ce qu’on chante. Qu’on brûle tout ce qu’a écrit le Marquis de Sade et on s’en reparlera après…»

Francis s’interroge aussi sur ce qui pousse les artistes à modérer leurs propos sur scène. «Dans le cul de qui ces gens-là ont leur langue?» Peut-être dans celui d’un bonze du showbiz qui va leur permettre de faire quelques sous, s’ils gardent  évidemment cette langue dans un écrin de velours. «On préfère rester pauvre que de faire la vieille pute…», laisse-t-il tomber.

Jouer aux fesses et se faire censurer

En tant qu’acteur, Pierre-Luc Brillant est sous les feux de la rampe: il a notamment joué aux fesses avec Isabelle Blais dans le film Borderline en 2007 – ce qui a automatiquement fait de lui un demi-dieu – mais sa notoriété ne facilite pas nécessairement les choses pour son groupe. «On a essayé de faire quelques trucs télés, explique-t-il, mais ça ne marche pas. On nous a refusés sous prétexte de ne pas vouloir nuire à notre créativité en nous censurant. Voyons donc…»

Appuyés ou pas par les gros bonnets, les Batteux-Slaques est un groupe rigoureux au sommet de leur art. La qualité de la production et des arrangements du troisième album surprennent, encore plus quand on apprend qu’il a été enregistré dans une cabane à sucre dans le fin fond de l’Estrie! «On prend ça très au sérieux quand vient le temps de composer et d’écrire. Même si le monde nous aborde toujours en parlant de nos textes, la musique est aussi importante que les mots. On compose pas avec une 24 et d’la poud’… Je peaufine les textes en respectant une musicalité. Ce sont des poèmes; des mauvais poèmes, mais des poèmes quand même!» se marre Brillant.

Lancement de l’album On vient de loin au Café Cléopâtre, vendredi le 12 novembre 2010, 20h.

myspace.com/lesbatteuxslaques

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