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Reportages et entrevues

Le monde dans le feu : Beau jeu

Le monde dans le feu : Beau jeu

Marc-André Savard
18 août 2011

Nous autres, on jase pas avec n’importe qui. L’autre soir, on est allé rencontrer Le monde dans le feu, un trio électro-punk qui est à la recherche du Beau avec un grand B; de l’extase éternelle, du nirvana suprême, d’un petit chaton tout cute qui devient jamais un gros chat plate. À l’aube de la sortie du deuxième album du groupe, Fuser dans le beau de la chose, voyons comment se passe l’épopée.

Jouir ou presque

«On peut pas atteindre le Beau, explique Benoît Poirier, leader du groupe (aussi batteur pour Jesuslesfilles). On peut juste essayer de s’en approcher le plus possible. Le Beau dans l’fond, c’est comme être sur le point de «venir», mais jamais aboutir!»


Ramollissez ce qui a durci, on poursuit.

«Ce qui est beau n’est pas nécessairement propre. Une fille trop propre, sans fantaisie, c’est plate!» Pas étonnant venant d’un gars qui s’amuse ferme en concert, tel un chérubin sur un buzz de crémage à une fête d’enfants, jusqu’à en oublier parfois quelques paroles. «Quand j’ai trop d’adrénaline, j’ai tendance à oublier les paroles, alors c’est une des raisons pourquoi on les projette sur un écran, précise Poirier. En plus, ça fait quelque chose de plus à regarder, pour la foule!»

La spontanéité occupe donc une place de choix pour Benoît et c’est sans trop se poser de question qu’il a commencé à composer seul avec son ordinateur, en 2007. Ne se considérant pas musicien ni même chanteur, il s’est par contre rapidement entouré de Bruno Corbin à la basse puis de Pierre-Antoine Von Gogöl à la guitare. «Je connais même pas mon solfège, remarque Poirier. C’est pour ça que je me suis entouré de gars qui connaissent ça. Je leur dis mes idées en faisant des sons, mais j’suis pas contraignant. Je ne sais même pas ce qu’ils font de toute façon! Ensuite, on enregistre et je fais du montage sur l’ordinateur. Je colle plein de bouts ensemble et je coupe pour en garder le moins possible. Ça finit par faire une chanson assez courte. Je suis un gars qui se tanne vite alors ça peut arriver aussi que je revienne à une chanson après un bout pour la peaufiner pis que je l’aime p’us…»

Une façon de procéder qui aurait fait imploser Mozart, mais qu’adore Pierre-Antoine. «C’est vraiment le fun de m’adapter comme ça. En studio [pour le nouvel album], on enregistrait des chansons que je ne connaissais même pas encore!» rigole-t-il. Le deuxième disque est néanmoins plus serré et étoffé que le premier (Sur le bord de l’absolument fantastique, 2008) et le groupe a fait appel à Frédéric Otis (Les Incendiaires) pour le mixage, ce qui a permis d’aider Benoît à la réalisation et d’assurer une meilleure production finale.

Cet album sera aussi disponible en vinyle 7”, un format qui coûte une beurrée pour un groupe indépendant. «On devrait quasiment remercier Radio X, explique Poirier, car une chanson de Bonne Journée [son ancien groupe punk] s’est retrouvé sur la rotation régulière à CHOI après que la station l’ait découvert sur une compil’. Ma partie des droits d’auteur a servi à payer ce vinyle-là!»

Malgré une certaine évolution au niveau de la production et la composition, l’essence lo-fi fera toujours partie de l’esprit du groupe. «Éventuellement, on aimerait ça pouvoir enregistrer le drum ben comme il faut, explique Bruno. Après, on pourrait le “salir” comme on veut.» N’oubliez pas : le Beau, c’pas propre.

Lancement de Fuser dans le beau de la chose de Le monde dans le feu, ce vendredi 19 août 2011. Avec Half-Baked et Lesbo Vrouven, au Divan Orange. Portes 21h00 et du Beau, vers 22h.
lemondedanslefeu.com
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