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Le petit tavernier

Le Magog de Sherbrooke/ Le Saloon du Magog

Le Magog de Sherbrooke/ Le Saloon du Magog

Sunny Duval
22 juillet 2010

J’en ai visité, des établissements loufoques, étranges, glauques, surréels, mal famés, sales, sombres, somptueux, paradisiaques, dans le cadre de mon « travail » qu’est d’écrire cette chronique, mais là, LÀ, je suis ébloui, en poussant la porte du bar le Magog à Sherbrooke.

Skip Jensen et son groupe m’ont invité à venir chanter mes chansons avec mon propre groupe dans ce légendaire endroit.

On contourne l’énorme bâtisse pour trouver l’entrée, située dans le parking, à l’arrière. Je tremble de joie en voyant ce que je vois, ce que ça semble être : une pépite d’or maculée de boue, si je peux dire. Classe et rude, beau et usé. Mon genre de place.

Pénétrer un endroit inconnu, c’est presque comme voir une femme nue pour la première fois. Très émouvant. Un émouvant nouveau monde a explorer. Ce petit tavernier se lèche les babines.

On entre sur le côté d’un rectangle au milieu duquel y’a un comptoir en « U ». Y règne Édith Rock, la barmaid, que tous les bonhommes écoutent sans contredire, tellement elle a le pied pesant. Elle dit à un habitué, après avoir reçu son Xème pourboire cette année, « merci d’avoir payé mon meuble de salle de bain! »

Mon pote Colas demande une grosse 50 (6$). Ce à quoi Édith répond : « La grosse 50 je l’ai mis dans le frigidaire cet après-midi, elle est ptêt pas assez frette. Tu veux-tu y toucher?? Tiens!! » Trine, notre chauffeuse, prend une pinte de noire, de la Boquébière locale (7$).

J’admire, béat, le décor, très western (je tremble de joie). Têtes d’animaux (morts) sur les murs, arbalète, carabine, scies et outils agraires antiques, trophées sportifs, masque d’escrime, rames, trompette, trombone, djembé, un jeu de quilles d’arcade sur lequel Colas joue une partie, un cendrier entièrement fait de bouchons de bière, un squelette de bébé dinosaure avec une selle sur le dos pis des bois de chevreuil (posez pas de questions). Sur la porte d’un frigidaire de bière, un bouclier orné de quatre figures du jeu d’échecs. Sur un mur, une notice historique : « Maurice L. Duplessis, en 1933, a été élu chef du parti conservateur à l’Hôtel Magog (!). » Ça, c’est dans le temps où la politique avait encore de la classe, et se donnait aussi le droit d’avoir du plaisir. Note : Duplessis, suite à des disputes internes, dut bientôt quitter et fonder l’Union Nationale. Bref. Un autre brave Trifluvien.

Sur la porte des toilettes, « Dame », pis « Monsieur ». Sur le mur, un tableau avec différents prix, dont celui-ci : « fromage : 1,50$. Tarifs modifiés soir d’orchestre ». Trine me montre l’ouvre-bouteille vissé au mur, à côté de ma face. Pas sûr qu’Édith veut que j’ouvre moi-même mes grosses bières. Elle vient nous offrir des pinottes en écailles dans un gobelet en plastique avant de retourner régner sur ses sujets et miser sur des shooters. « Awèye, faut que j’paye mon plancher d’cuisine! » Les pinottes sont molles et moites, on en mange quand même quelques-unes avant de filer au restaurant.

Nos spectacles sont bons, on s’amuse comme des fous. C’est l’anniversaire de Schlag, plein de copains sont venus le voir. On joue du côté spectacle du bar, une salle séparée du Magog par une grande fenêtre, salle en long, avec une grosse scène, quelques tables, plein de place pour danser. Le plafond est incroyable, dessus ils ont peint des planètes pis des étoiles fluos éclairées par des black lights. Ça ferait vraiment une belle chambre à un Grégory Charles sur l’acide. En ‘91.

Le Saloon du Magog

C’est la ronde des grosses bières PBR (5$). Il pleut fort dehors, ça coule un peu dans la salle après le spectacle, alors on descend au rez-de-chaussée, dans le deuxième bar nommé le Saloon. Ce soir, plein de belle musique métal sort des haut-parleurs, on est contents. Autour, ça joue au billard, au babyfoot, pis ça boit. Malheureusement, Pontiac et Gasse Pirateur sont repartis vers Montréal. Il reste Skipper et quelques amis. Y’a un photomaton. Trine, Colas et moi on va prendre des poses d’orthos (nos poses naturelles, en fait). Une grande doune défoncée à gros seins essaie d’entrer avec nous. On lui laisse la place. Ensuite elle vient au bar où on est assis. Conversation entre elle et Tanya Trempe, la barmaid.

Doune : « Quesque tu mets dans ton Uppercut? »

Tanya : « Amaretto, triple sec, Southern Comfort. »

Doune : « Ah ouin?? Moi je mets juste du Southern!! »

J’ai la bouche grande ouverte. Pus capable de la refermer.

Y’a une mini cantine près du comptoir. Trine et Colas ont faim. Trine achète des rondelles d’oignon (3$), Colas deux pogos (5$). Les rondelles sont un peu brûlées. Les pogos sont durs. On s’en fout. Je pique une frite à la sympathique punkette à côté de moi. Elle a une jolie crête rouge qui monte très haut. Elle a un peu peur quand je lui fais un bisou sur la joue en partant.

On est douze à attendre un taxi sous la pluie pour se rendre dans un party. Ah, en voici un. Sauf que pendant que tout le monde se dit l’adresse de la fête, la punkette monte toute seule dans la voiture et on la regarde, bien au sec, filer vers sa maison de punkette. J’éternue.

sunny@lesbreastfeeders.ca

Photo: Sylvain Lecours

2 commentaires
  • [...] This post was mentioned on Twitter by André Péloquin, BangBang. BangBang said: Le Magog de Sherbrooke/ Le Saloon du Magog: J’en ai visité, des établissements loufoques, étranges, glauques, surr… http://bit.ly/dD1fOa [...]

  • Mely
    1 novembre 2010

    HAHA CA Cest mon bar XD!!!
    PBR pas trop cher pour une petite étudiante, et les gens trop pas génés!!
    Il y a meme une fois que je suis allée un mardi soir avec un copain, et les gens avaient mis des sujets dans un verre en plastique et on parlait des trucs sur les petits coupons :D

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