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Reportages et entrevues

L'Autre Saint-Jean 2010 : La Saint-Jean autrement

L’Autre Saint-Jean 2010 : La Saint-Jean autrement

Simon Jodoin
1 juin 2010

C’est ce soir, au bar Chez Baptiste sur la rue Masson, qu’avait lieu le dévoilement de la programmation de la deuxième édition de l’Autre Saint-Jean, spectacle organisé par la Société des nouveaux événements culturels de Rosemont (SODNEC) et C4 productions pour célébrer la Saint-Jean Baptiste le 23 juin prochain.

Plus tôt cette semaine, j’étais en mesure de confirmer la participation de Fred Fortin et des United Steel Workers of Montreal. À ces deux prestations, on peut désormais ajouter officiellement les performances de Gigi FrenchMara Tremblay, Ariane Moffatt et du groupe Les Breastfeeders qui aura pour mission de clore la soirée. C’est encore Mc Gilles, qui avait assuré l’animation l’an dernier, qui sera aux commandes à titre de maître de cérémonie. Le tout commencera dès 18h00 au Parc Le Pélican, situé au coin de la 2e avenue et de la rue Masson.

Il est devenu presque impossible de parler de l’Autre Saint-Jean sans faire référence à la polémique provoquée l’an dernier par la présence d’artistes anglophones invités à présenter leur création. On se souvient que la participation de Lake of Stew, un groupe montréalais qui propose un folk aux saveurs irlandaises et  Bloodshot Bill avait donné lieu à tout un tollé.

Cette année, les choses risquent d’être un peu différentes, car le nouvel OSBL mis sur pied par le producteur pour présenter le spectacle n’a plus aucune affiliation politique ou idéologique, comme c’était le cas l’an dernier avec l’Association Culturelle Louis-Hébert, organisme très proche de la Société Saint-Jean Baptiste (SSJB), pilotée en partie par les membres de Jeunes Patriotes du Québec (JPQ). Les musiciens des United Steel Workers of Montreal, qui chantent en anglais, ne devraient donc pas être inquiétés comme l’ont été leurs collègues de l’an dernier qui avaient été momentanément retirés de l’affiche suite à des pressions de la SSJB et de l’ACLH.

Jules Hébert, le porte-parole de l’événement se garde bien d’ailleurs de vouloir donner dans la provocation ou la polémique. Pour lui, l’objectif de l’Autre Saint-Jean est tout simplement de fêter le Québec « autrement », avec des groupes et des artistes qui proposent des créations  plus en phase avec les goûts des mélomanes amateurs de culture locale et émergente, tout en faisant découvrir des talents alternatifs moins connus.

Les artistes qui seront présents semblent d’ailleurs se situer dans la même ligne de tir. Ceux à qui j’ai parlé n’ont certainement pas l’intention de donner dans la confrontation. Mara Tremblay était décidément « vraiment contente » d’être invitée: « Moi, cette polémique je n’en ai rien à foutre. Ça fait vingt ans que je me dis que ça devrait être organisé, enfin quelque chose de différent, avec des artistes que j’aime et qui me ressemblent. ». Quand on lui demande si ses collègues musiciens anglophones font partie de la nation, elle répond sans hésiter : « J’espère bien qu’ils font partie de la nation! Ils habitent ici! C’est la richesse du pays. Tout le monde a le droit de fêter le Québec, et c’est en s’ouvrant comme ça que nous serons plus forts. Plus on ferme les portes, moins nous serons un peuple heureux est fort. »

Même son de cloche de la part de Luc Brien, chanteur des Breastfeeders, visiblement très heureux de prendre part à cette initiative: « Personne chiâlerait pour une autre langue, mais là l’anglais c’est comme diabolisé. Moi je pars avec le principe que si les anglos veulent venir fêter la Saint-Jean, je ne crois pas que ça nous nuit. Si les anglos se sentent inclus comme Québécois, il faut les accepter. »

Son collègue Fred Fortin, qui a déjà occupé le poste de batteur au sein des Breastfeeders abonde dans le même sens : « C’est un gros débat, des fois c’est dur de l’expliquer vite fait. Il faut être réaliste aussi, on est entouré d’autre monde, on vit avec ce monde là. Dans mon cœur, je suis même des fois plus proche de certains anglos. Je suis pour l’harmonie et l’ouverture. »

Les principaux intéressés, Gern F et Velocity Hamer, membres des United Steel Workers of Montreal se disaient « honorés d’être invités ». À l’exception de Gern, venu de l’Ontario il y a 17 ans pour s’établir à Montréal, tous les membres du groupe sont natifs du Québec, élevés dans des familles bilingues (père ou mère francophone ou anglophone). Pour Velocity, qui a été élevée dans Verdun, il n’y aucun doute : « Je suis Québécoise, c’est ma fête aussi, c’est mon jour! ». D’ailleurs, les deux avouaient ne plus ressentir aucune animosité entre les anglophones et les francophones au sein de la scène musicale du Québec.

Véritable bombe d’énergie, Gigi French, dernière incarnation francophone de Giselle Webber qu’on a vue notamment au sein des Hot Springs croit de son côté que cette polémique n’est vraiment plus d’actualité et concerne de moins en moins la nouvelle génération «  J’ai un énorme problème avec les deux solitudes. Je trouve ça nul qu’on m’appelle francophile parce que j’ai appris le français et que je chante en français. Il y a comme un réflexe de colonisé quand on me dit « Oh, toi, tu es spéciale, tu parles français, wow merci ». Je trouve juste ça normal d’apprendre la langue. Tu serais étonné de savoir combien d’anglophones souhaitent apprendre le français, mais ne se sentent pas acceptés ou n’ont pas d’amis francophones. Et dans les services, quand ils s’expriment en français, les francophones leur répondent en anglais. Ça tue leurs efforts, ça les gêne. »  L’artiste originaire d’Halifax qui a vécu un peu partout au Canada avant d’arriver au Québec il y a dix ans, présentera d’ailleurs le matériel de son plus récent projet, composé exclusivement en français, qu’on peut déjà apprivoiser sur son site web au gigifrench.com.

Tous les détails sur l’Autre Saint-Jean au www.autresaintjean.org

La page facebook de l’Autre Saint-Jean : http://www.facebook.com/pages/LAutre-St-Jean/123170324363712

Deux Saint-Jean dans Rosemont…

Il faut savoir qu’il n’y aura pas qu’un seul spectacle dans Rosemont cette année, mais bien deux. L’association Culturelle Louis-Hébert (ACLH), qui prenait part l’an dernier à l’Autre Saint-Jean, propose de son côté une fête de quartier « officielle », avec le support du Comité de la Fête Nationale (CFN) et des députés de la région, Bernard Bigras du Bloc Québécois, puis Louise Beaudoin et Nicolas Girard du PQ. C’est d’ailleurs l’attaché de presse de ce dernier, Patrick Howe, qui agit comme contact médiatique pour ce spectacle. Selon lui, l’événement qui se tiendra au parc Molson le même jour ne fait nullement opposition à l’Autre Saint-Jean et ne vise pas du tout le même public.

Même son de cloche du côté d’Élise Rompré, coordonnatrice des fêtes de quartier au CFN, qui se dit tout à fait à l’aise avec le fait qu’il y ait deux spectacles le même soir. Il y aurait de toute façon, selon elle, plusieurs événements en marge des spectacles officiels à Montréal et cela ne causerait aucun problème. Sébatien Pageon, responsable des communications pour l’ACLH confirme aussi qu’il n’y a aucune espèce d’animosité ou de concurrence entre les deux événements.

Ceux qui le désirent pourront donc se rendre le même soir au Parc Molson dès 18h00 pour assister à un « Moulin à Paroles » et entendre les groupes Exx-Traddition, Madame Moustache, Électro Lise, et le Henri Band.

29 commentaires
  • André Péloquin
    1 juin 2010

    Une idée qui fait des petits? Le lendemain, y’a une autre Saint-Jean « en franglais » au Club Lambi avec Lake Of Stew, Canailles, The Peelies et plusieurs autres.

    http://www.facebook.com/event.php?eid=132670420076527

  • Christian Trempe
    2 juin 2010

    Génial! Tous des groupes/chanteurs/chanteuses que j’aime. J’irai surement.

    Mais sans blague, admettez que c’est quand même un petit petit peu comique de parler d’ »ouverture d’esprit » en parlant de groupe qui chante en anglais. Tsé genre, l’anglais, la langue que tout le monde parle sur la terre … tsé genre, la langue de 95% des disques de musique … tsé genre, la langue contre laquelle on essaie de se protéger de l’assimilation à Montréal et au Canada, tsé? C’est quand même un peu comique, non?

  • Simon Jodoin
    2 juin 2010

    @ André

    Il a l’air pas mal trippant cet autre spectacle dont tu parles. On devrait en faire une nouvelle du jour.

    @ Christian Trempe

    Plus précisément, il n’est pas question d’ouverture d’esprit en parlant simplement « d’un groupe qui chante en anglais » comme tu l’écris, mais bien plutôt en parlant du fait que ces artistes d’ici puissent participer à la célébration de la nation québécoise avec leurs créations. C’est là que se situe l’ouverture d’esprit.

    Je ne vois rien de « comique » là-dedans.

    Mais je saisis dans ton commentaire une sémantique qui permet peut-être de comprendre ce qui sépare les deux « camps » dans cette discussion. Tu parles de te protéger « contre une langue ». Je crois personnellement que les travailleurs culturels et autres citoyens qui considèrent qu’il est plus que temps de changer les paradigmes du débat anglo/franco ne sont pas « contre une langue » que « tout le monde parle sur terre ».

    Tout cela est bien abstrait. Dans le concret, la problématique implique des individus bien localisés, membres d’une même communauté, voire d’une nation, qui, peu importe leurs options politiques, doivent trouver une manière de vivre ensemble. Selon mon humble avis c’est de ça dont il est question : non pas travailler « contre » quelque chose d’abstrait, mais bien « pour » solutionner un problème bien concret.

    Sans compter que de considérer que tout le monde sur terre parle anglais, c’est une exagération assez peu crédible.

    @+

    S.

  • Christian Trempe
    3 juin 2010

    Ah Simon! Tu as le don d’accrocher sur des détails! Évidemment, quand je disais « l’anglais, une langue que tout le monde parle sur terre », je ne voulais pas que tout le monde parle sur la terre au sens littéral! Esprit de bottine va!

    Je regarde ça, et je me dis: ça doit l’embêter le Simon! Aucune personne n’est encore venue critiquer l’Autre St-Jean d’une manière caricaturale sur ton blogue. Tout bon démagogue comme toi doit être un peu fâché de cette situation, hein?

    Si au moins, un mec qui fait plein de fautes d’orthographes étaient venu dire « la St-Jean, cé ten francais ostie », tu aurais pu t’en donner à coeur joie en le plantant d’aplomb, hein? J’imagine que c’est pour ça que tu vas chercher au fin fond de l’internet, ces commentaires débiles que tu montres sur twitter? Sinon, de quoi tu aurais l’air?

    Bon. Entrons dans le vif du sujet. Premièrement, tu dis :

    « Plus précisément, il n’est pas question d’ouverture d’esprit en parlant simplement “d’un groupe qui chante en anglais” comme tu l’écris, mais bien plutôt en parlant du fait que ces artistes d’ici puissent participer à la célébration de la nation québécoise avec leurs créations. C’est là que se situe l’ouverture d’esprit. »

    Tu penses que je n’ai pas compris ça? Je le répète puisque tu ne sembles pas savoir lire : je suis heureux que des groupes issus de la communauté anglophone puissent se joindre à la St-Jean! Pour moi, être Québécois, c’est avant tout un état civil (ou civique?): peu importe l’origine et la langue maternelle, nous sommes tous québécois. C’est pour cette raison que je m’élève contre les gens qui disent que les anglophones ne devraient pas être là.

    Toutefois, je m’élève autant contre les gens comme toi qui «plantent» les québécois qui émettent des critiques envers cet événement. Par exemple, sur ton twitter, tu te moquais de quelqu’un qui disait ceci :

    « tout au long de l annee nous essayont d apprendre un peux plus sur toute les nouvelles culture implanter ici, mais la journee de la st-jean … pas de compromis »

    Nonobstant le fait que je ne sois pas d’accord avec cette personne (et nonobstant le fait que ce soit bourré de fautes!), il (ou elle) n’a pas tout à fait tord sur un point : le peuple québécois est déjà un peuple ouvert d’esprit!

    Mais non! Toi, tu cherches absolument à prouver le contraire. Tu vas sur des forums obscurs, tu grattes les fin fonds de Facebook, afin de trouver les éléments probants qui te permettront de justifier ton grand combat moral! En plus, ils font des fautes d’orthographes : ça ne doit pas être des gens très intelligents, hein?

    Selon moi, ton attitude est plus source de division et de haine que les gens que tu dénonces : « acceptez de force les groupes anglophones à la St-Jean, ou sinon, vous êtes des intolérants, bande d’ignare! ».

    Si des gens émettent ces commentaires, et s’il y a des réactions épidermiques sur l’Autre St-Jean, c’est qu’il y a encore clairement un malaise avec la langue au Québec. Dans ce débat, admet qu’on ne peut quand même pas faire totalement abstraction des problèmes d’anglicisations à Montréal? Bien sûr que certains commentaires sont ridicules, mais pourquoi n’essais-tu pas de les comprendre, plutôt que de les planter sur twitter? N’est-ce pas ça, réellement, l’ouverture d’esprit?

    Mais non, tu préfères y aller avec l’explication simpliste : quiconque ne crie pas « hourra » pour l’Autre St-Jean est un intolérant. Je pense que ça dévoile un peu le genre de personnalité que tu as, c’est-à-dire une personne incapable de faire dans la nuance.

    Ah oui! Et cette perle :

    « Tu parles de te protéger “contre une langue”. Je crois personnellement que les travailleurs culturels et autres citoyens qui considèrent qu’il est plus que temps de changer les paradigmes du débat anglo/franco ne sont pas “contre une langue” que “tout le monde parle sur terre”. »

    Personnellement, je connais des communautés françaises qui ont adopté ce « paradigme ». Ce sont les franco-canadiens hors Québec et les gens de la Louisiane. Tu penses vraiment qu’on devrait suivre leur exemple? (Trudeau, sort de ce corps!)

  • Simon Jodoin
    3 juin 2010

    @ Christian, tu as écrit :
    Je regarde ça, et je me dis: ça doit l’embêter le Simon! Aucune personne n’est encore venue critiquer l’Autre St-Jean d’une manière caricaturale sur ton blogue.

    Non, bien franchement, je suis assez content que ce soit calme ici cette année. J’ai déjà donné. J’ai même eu un peu peur que ça reprenne en lançant la nouvelle plus tôt cette semaine.

    Et by the way, le BangBang n’est pas mon blogue.

    Tu écris aussi : Mais non, tu préfères y aller avec l’explication simpliste : quiconque ne crie pas « hourra » pour l’Autre St-Jean est un intolérant.

    Hum. Je ne vois pas trop à quoi tu réfères… Je n’ai jamais pensé ou écrit cela. Ça doit sortir de ton imagination.

    Tu écris aussi : Je le répète puisque tu ne sembles pas savoir lire : je suis heureux que des groupes issus de la communauté anglophone puissent se joindre à la St-Jean!

    Bien content de l’apprendre. Mais non, pour te rassurer, tu ne te répètes pas, c’est la première fois que tu l’écris… En tout cas ici… Même si j’étais un champion en lecture, je n’aurais pas pu l’apprendre en te lisant.

    @+

    S.

  • Simon Jodoin
    3 juin 2010

    Je viens d’élaborer une nouvelle forme de loi de Godwin. J’aime bien en développer des variantes, c’est comme un genre de hobby…

    « Plus une discussion sur la question nationale dure longtemps, plus la possibilité d’une référence à Trudeau s’approche de 1″

    S.

  • Pistov
    4 juin 2010

    L’autre St-Jean est en fait une fête nationnale passerelle. Elle permet aux groupes de francos de bénéficier d’une vitrine médiatisée (gratos) pour accèder au marché musical anglophonne en y chantant en anglais.

    Les opposants menacent d’attentat au Bixi piégé et à la ceinture flêchée d’explosifs.

    Les organisateurs de l’Autre St-Jean seront pendus à Hérouxville le visage voilé.

  • Marc Huber
    7 juin 2010

    Deux points importants caractérisent la prersonne qu’on dit colonnisée.

    Le refus de la réciprocité
    Le refus de croire qu’elle se prosterne devant un colonisateur.

    Les artistes de l’autre St-Jean sont très intéressant cette année. En conaissez-vous parmis les francos qui ont la chance d’occuper 35% de l’espace médiatique des radios commerciales et universitaires anglophones? Avez-vous déjà vu un groupe d’anglophone parler de l’autre Canada, du pays bilingue, pour manifester pour du Galaxie 500 à CHOM FM ou ailleurs?

    Vous le faites pour les anglophones. Bravo! Pensez-vous que le 25 juin, une révolution culturelle débutera de la part des anglophones du Québec pour un quotas de 35% de contenue francophone? Exigez la réciprocité.

    En fait, l’autre St-Jean c’est un peu le tapis rouge de colonisés. Ils le déroulent pour l’autre, le brosse, le lave. Alors que le colonisé pensent que ce geste devraitinciter l’autre à parler sa langue, un jour il découvre qu’il occupe seulement plus despace, au détriment de ce qu’il possédait. Et un jour, il se fait croire que cela est normal de ne pas être erspecter chez-lui et se met imiter l’autre.

    La vision du Québec qui entoure l’Autre St-Jean cadre avec les contes de Walt Disney. Moi, j’ai rien contre les histoire de Disney. Vous pouvez aimez, c’est votre droit. Je suis par contre de ceux qui croient que les histoires de loups qui mangent des petits enfants se colent plus à la réalité. Pour cette raison, je résiste pour mes droits, ma culture et ma langue. L’autre et le colonisé tentent de traduire cette réaction par du racisme et une fermeture d’esprit. Moi je sais que chez ces gens-là, du Fred Fortin et du Mara Tremblay c’est comme de la musique d’indigéne. Dans l’ouest de la ville, je suis un noir.

    Cela me rappele qu’en 1967, Pierre Vallière pondait Le Nègre blanc d’Amérique. Les mêmes problèmes étaient soulevés. En 2010, ça recommence. On brosse et lave le tapis en espérant qu’une chamante dame y posant ses pieds embrassera la grenouille pour qu’elle se change en humain. Et floche, un pied l’écrase et du crapouti rouge et vert sur le tapis. On netoye le dégats et la princesse peut continuer sa marche coloniale.

  • robert morin
    8 juin 2010

    La réciprocité… tout est dans ce principe. Quand Pascale Picard et Bobby Barzini occupent tout l’espace médiatique et promotionnel de la chronique culturelle de RadioCan en français, peut-on se tourner vers la chronique culturelle de la CBC anglo pour savoir ce qui se passe sur la scène française? J’espère que Simon Jodoin a bien vu l’excellent reportage de Catherine Kovacks diffusé hier soir (7 juin) au Téléjournal de soirée de la SRC. J’abonde dans le sens de l’analyse de Christian Trempe, et je déteste tous ces faux-fuyants verbaux utilisés pour ne pas appeler un chat un chat => l’«assimilation» galopante au Québec, ce n’est pas une fiction! Et à titre d’exemple, l’anglophilie des gens de la ville de Québec (voir Festival d’été de Québec, entre autres) n’a rien d’une «ouverture d’esprit», mais correspond plutôt parfaitement à une attitude de «colonisés»… Grande déception face à des artistes que j’estime pourtant (Mara, Fred et Ariane)… sans doute une petite «naïveté» d’artistes?

  • Simon Jodoin
    8 juin 2010

    @ Marc Huber et Robert Morin

    Bon bon, encore et toujours la sémantique des colonisés, à laquelle répond dans doute la mentalité d’assiégés, si vous voulez mon avis. Pourrions-nous en sortir un jour?

    Pour ce qui est de la réciprocité, messieurs, il faudrait savoir de quoi on parle. Il se trouve que, justement, au sein de la scène locale Montréalaise, la réciprocité est pleinement acquise, si bien qu’on ne parle plus de simple réciprocité, mais bien de collaboration et de collégialité. Cela se vérifie partout, au sein des étiquettes de disque, des salles de spectacles, des événements pour promouvoir la scène locale, des festivals… Et même, donc, au sein de cette « autre » Saint-Jean.

    C’est de ça dont parlent ces artistes…

    Vous me parlez de CHOM FM??? Mais cette station ne fait passer que du rock classique… Aucun groupe local Québécois.

    C’est d’ailleurs le gros du problème dans cette discussion: on confond les créations des travailleurs culturels anglophones locaux avec les produits de l’hégémonie culturelle américaine et anglo-saxonne. Non, ce n’est pas parce qu’il y a des artistes anglophones qui jouent dans un spectacle de la St-Jean que CHOM fait passer en boucle les succès de CCR… Ça n’a strictement aucun rapport.

    Même constat avec ce fameux reportage dont vous me parlez, monsieur Morin… Un jeune y racontait justement que ce qui « marche » le plus, ce sont des succès classiques du rock. bref, encore là, ça n’a strictement rien à voir avec le travail des créateurs anglophones du Québec.

    Sachez que pour lutter contre cette hégémonie, les travailleurs culturels anglophones et francophones travaillent ensemble, non pas les uns contre les autres. Je suis d’avis qu’il serait temps que vous débarquiez un peu de vos envolées sur les colonisés pour vous renseigner un peu sur ce qui se fait des deux côtés de la rue Saint-Laurent à Montréal…

    Nous avons été plusieurs, justement, à signer une lettre en ce sens l’an dernier : http://nationquebec.net

    @+

    S.

  • robert morin
    8 juin 2010

    Je dis bravo au décloisonnement, mais pour autant que ce mot ne cache pas une réalité tout autre. Je vous ramène encore à la triste réalité => la réciprocité. Quand nos artistes francophones pourront espérer une certaine couverture du côté anglophone (à la CBC ou à CTV, par exemple)ou du moins une couverture aussi «ouverte» que celle offerte d’emblée par la SRC à l’égard des artistes anglophones ou même à ces cohortes d’artistes francophones qui passent actuellement à une production exclusivement en anglais, alors seulement je pourrai croire à vos arguments de « collégialité ». Et pourtant, il me semble que de ces deux cultures en cause, ce ne soit pas l’anglais qui soit en réalité « menacé »!!! Alors comment expliquer que ce sont les francophones beaucoup plus ouverts qui soient constamment traités d’intolérants… coudonc vivez-vous sur une autre planète M Jodoin ou bien vos lunettes sont-elles teintées en rose?

  • Pistov
    8 juin 2010

    J’ai comme l’impression que certains souhaiteraient les assimiler à leur tour. Comme s’il fallait coloniser l’anglo avec les mêmes armes. Leur imposer les mêmes quotas grotesques au lieu de s’en libérer soi-même.

    Imaginons un instant qu’aucun groupe franco ne soit invité à la fête du Canada le 1er juillet. Avez-vous idée du tollé que ca crérait? Comme si seul le Qc avait droit à cette exclusivité unilingue mais surtout pas Ottawa. On est peut-être plus vilain que celui qu’on taxe de colonisateur finalement.

    La fête de la St-Patrick n’acceuil pas seulement des chars Irlandais.

    Une journée par année ce n’est pas de trop, je vous l’accorde. Une journée pour se faire pardonner toutes nos demandes spéciales au 6 à 6 de CKOI, Lady Gaga, Black Eye Peas et alouette. Une seule journée de confessionnal pour ceux qui en ont à se repprocher, non ce n’est pas de trop.

    A part la musique, est-ce que la littérature anglo se vend mieux? Louez-vous tous vos films américains en version orginale?

    Je l’ai déja écris, on entend des chansons en anglais en fin de show de la St-Jean à la grandeur du Qc. Nombreux partys privés finissent la nuit avec du Dance Club Music puisque c’est pas tout le monde qui danse sur du violon.

    Je n’y étais pas mais il parait qu’une St-Jean des plus mémorable fut le show de Prodigy au Parc Jarry.

  • Simon Jodoin
    8 juin 2010

    @ Robert Morin

    Pour croire à mon argument de « collégialité », il faudrait surtout que vous en fassiez l’expérience empirique. Pour ce faire, il faudrait prendre part à ce milieu de travail qu’est la scène locale montréalaise. À partir de là, vous pourrez croire ou non les travailleurs culturels lorsqu’ils vous parlent de cette collaboration.

    Encore une fois, il me semble que pour vous « anglais » signifie partout et toujours la même chose, peu importe les particularités locales pourtant patentes.

    Désolé, mais sur « ma planète » la réalité est beaucoup plus subtile.

    @+

    S.

    ===

    En aparté, je me pose parfois une question. Quand un peintre anglophone peint une toile, peint-il en anglais?

    S.

  • robert morin
    8 juin 2010

    @Simon Jodoin
    Vous avez sans doute raison, car «habitant» en région, je n’ai probablement pas toute la «subtilité» voulue pour apprécier l’avant-grade branchée de la MTL (lire la «Métropole»)… N’empêche qu’on a eu droit samedi dernier à une prestation extraordinaire de Bernard Adamus et, même si on a sûrement pas dû pouvoir en apprécier toute la «subtilité» comme vous dites, on a adoré ce grand artiste qui pratique son art en français.

    Qu’un producteur décide de donner une tribune aux diverses cultures (italienne, hispanophone, haïtienne, africaine, etc.) qui forment le paysage artistique montréalais, je trouve cela tout à fait louable. J’ai toujours été un grand fan p. ex. de Cohen ou des Soeurs McGarrigle, et j’ai toujours été intéressé de connaître leur perspective bien à eux sur la vie au Québec. Mais quand ce choix de tribune se porte précisément sur la date de la fête nationale pour une deuxième année consécutive et qu’il consiste spécifiquement à produire comme autre culture des artistes anglophones (où sont les artistes hispanophones, italiens, haïtiens, africains???), alors là je tique sérieusement et j’y flaire quelque chose qui n’a plus rien à voir avec la diversité culturelle, mais plutôt avec une intention politique, sinon une provocation délibérée (à la Don Cherry, voir ci-dessous)qui servira, a posteriori, à alimenter l’éternel Quebec Bashing si l’on refuse d’être un troupeau qui regarde le train passer sans rien dire. Et l’argument selon lequel vous voulez produire des artistes émergents qui autrement ne trouveraient pas de place dans le show officiel de la St-Jean, alors là je ne vous suis plus… Il me semble bien avoir déjà vu Ariane Moffat et Mara Tremblay dans le cadre de tels spectacles de fête nationale… et seraient-elles tout à coup redevenues des artistes «émergentes»? Contrairement à ce qu’en disaient hier les porte-parole du cégep Marie-Victorin dans l’excellent topo de Catherine Kovacks au Téléjournal, la question de la diversité culturelle n’a rien à voir avec la politique, pas plus que la biodiversité. Et quand une espèce est menacée, quand une culture est menacée, ce n’est pas un geste politique que d’essayer de la préserver.

    Pour ce qui est de votre exemple du peintre anglophone, je crois que vous faites la preuve de votre ignorance du fait que l’art n’est pas un simple «véhicule» neutre et indépendant de la culture qui le nourrit et lui donne naissance.

    @pistov
    il a écrit:
    «On est peut-être plus vilain que celui qu’on taxe de colonisateur finalement.»

    Imaginez un instant que la SRC embauchait à même les deniers publics un commentateur raciste comme Don Cherry payé gros salaire pour déblatérer sur les anglophones… «tollé» n’est pas un mot assez fort pour décrire la tempête qui se déchaînerait dans le ROC sur ces «vilains» Québécois!

  • Simon Jodoin
    8 juin 2010

    @ Robert Morin

    Sur la forme : Inutile d’épicer votre point de vue avec une éventuelle dialectique Montréal-avant-gardiste/Régions-habitants. Ça ne dit rien à rien sur cette discussion et vous me prêtez des intentions sorties de nulle part.

    Sur le fond : Je ne crois pas personnellement que la chanson francophone, tous styles confondus, soit si menacée qu’on le prétend. En fait, je serais porté à croire qu’elle est plus vivante que jamais et que nous vivons présentement une effervescence qui n’a rien à envier à l’âge d’or des années 60 et 70 au Québec.

    Ce qui me semble menacé, c’est la création indépendante, peu importe la langue dans laquelle les artistes s’expriment.

    Pour ce qui est d’Ariane et de Mara, je ne vois pas de problème. D’une part, elles peuvent certainement servir de catalyseur pour attirer un plus large public, qui viendra du coup découvrir les moins connus. D’autre part, dans les manifestations « officielles », on leur demande bien souvent de ne jouer qu’une seule de leurs chansons, le tube qu’on a entendu toute l’année, pour se joindre ensuite à des pots-pourris des grands classiques d’antan, laissant ainsi tout leur matériel original dans l’ombre. Voilà, je crois, une différence fondamentale quant à la direction artistique d’une Saint-Jean « alternative ».

    Pour ce qui est de savoir si ça alimentera le Québec-Bashing et le Doncherryisme, il serait simplement idiot de se retenir d’envoyer un message positif par crainte qu’il soit détourné par des imbéciles. Pour être assez au fait de l’opinion des travailleurs culturels contemporains sur ce sujet, l’idée générale est que ça fait un bail qu’on devrait envoyer le message qu’anglos et francos se doivent de travailler ensemble pour préserver les particularités des créations indépendantes d’ici et, plus encore, pour proposer une idée « alternative » de la nation Québécoise plus en phase avec nos réalités quotidiennes.

    Nous ne sommes certainement pas d’accord sur tout, mais cette idée me semble faire largement consensus au sein de la communauté culturelle. Si Don Cherry veut se servir de ça ensuite pour lancer son fiel sur les ondes, qu’est-ce qu’on peut y faire? On ne va quand même pas se mettre à pense et à agir en fonction de ce que Don Cherry dira ou ne dira pas…

    @+

    S.

  • robert morin
    8 juin 2010

    Simple curiosité => Êtes-vous de ceux qui considèrent que les quotas sur le contenu francophone dans les médias et, pourquoi pas, la loi 101, sont des archaïsmes qui n’ont plus leur raison d’être dans votre Québec «alternatif» ?

  • Simon Jodoin
    8 juin 2010

    @ Robert Morin

    Du tout. Même si je crois que toute loi mérite d’être restaurée selon les époques et les usages, je crois que les pratiques linguistiques doivent faire l’objet d’une législation. On peut ne pas s’entendre sur tel ou tel aspect d’une loi, mais je suis intimement convaincu qu’il en faut une.

    Pour ce qui est de quotas radiophoniques, je crois aussi que c’est nécessaire. Encore ici, on peut ne pas s’entendre sur tel ou tel aspect d’une législation en ce sens, mais je crois qu’il faut légiférer sur les contenus culturels médiatiques.

    J’espère que cela satisfait votre curiosité.

    @+

    S.

  • robert morin
    8 juin 2010

    Cela me rassure d’une certaine façon, mais je ne peux souscrire à votre perception genre «tout va très bien Madame la Marquise» quant à la situation du français. Certes, on a de très grands artistes qui produisent des oeuvres remarquables, mais par ailleurs, il faudrait être aveugle pour nier qu’il y a actuellement tout un puissant courant qui pousse le milieu culturel « mainstream »(et tout particulièrement la chanson) vers la production en anglais, sans que personne n’admette clairement que la véritable raison de cette « tendance » lourde $e trouve ré$umée dans la prophétique chan$on « I Want to Pogne » de Rock et Belles Oreilles… Guy A. Lepage aurait-il encore les couilles qu’il faut pour l’interpréter lors de la Fête nationale cette année? Ou bien serait-il censuré, comme l’avait été la chanson de Dédé lors d’une fête nationale officielle d’il y a quelques années, où l’on avait carrément supprimé le «Ça va donc ben mal …depuis qu’y ont construit le McDonald »… les tabous changent avec les époques! Mais ce que je ne peux plus supporter, ce sont ces fausses raisons données par tout un chacun pour justifier leur passage à l’anglais : par ex. Fabienne Larouche qui justifiait récemment que toute la trame musicale de son dernier téléroman (dont j’oublie le nom) ait été en anglais (pièces d’ailleurs souvent habilement chantées par Ariane Moffat)=> elle avait dit qqch du genre «j’utilise l’anglais pour ne pas trop distraire le spectateur »… ayoyeeee!!! Ou encore Bobby Bazini de Mont-Laurier (ou serait-ce Robert Bazinet de Val-Barrette) qui chante en anglais à cause de sa grand-mère, etc. Et les Victoires de la chanson française qui se déroulent presque exclusivement… en anglais, etc. ad libitum!

  • Marc Huber
    13 juin 2010

    Cher Simon, j’utilise le mot «réciprocité» pour traiter de l’espace médiatique francophone de façon plus large que les deux côtés du boulevard St-Laurent. Je pense ici au pays de Stephen Harper et Jean Charest dont nous sommes toujours membres. Non seulement la réciprocité n’existe pas dans le ROC, mais s’impose difficilement dans l’espace médiatique québécois, comme le précise Robert Morin.

    Les artistes anglophones de la scène alternative montréalaise seraient-ils prêts à mettre de l’énergie et du temps pour que la langue des fondateurs du Canada puisse se retrouver dans le contenu culturel de nos médias canadiens, de St-Jean à Victoria, et que je puise me sentir chez moi dans ce pays comme ils se sentent chez eux? Si tu le crois, je me cherche des appuis pour demander au CRTC d’impose des quotas de musiques francophones dans toutes les stations de radio privée canadiennes.

    Pour Pistov, je dois préciser que dans le ROC le contenu culturel francophone n’existe pas à la fête du Canada, si nous faisons exception du spectacle de la SRC généralement diffusé pour nous le faire croire. Bizarre! Il n’y a pas de «tollé» pour autant et personne n’a encore mis sur pied une Autre fête du Canada à Calgary ou Niagara. Réciprocité!!! Pour la fête de la St-Jean se terminant dans les bars, tu as raison. Cela ne changera pas en résumant la musique de la St-Jean en violon sur lequel nous danserions. Écoute (un exemple) Le son des haut-parleurs de le Nombre (l’originale, pas la version de The Beast) en te posant cette question : si le Walt Disney des bars, de la Bud Light et des saucisses roses jouait cette chanson pour remplacer une de ses cantines anglo-américaines, cela nous rendrait-il moins intelligents?

  • Celan Lavalé
    23 juin 2010

    Mr. Jodoin se moque du « paradigme du colonisateur ». Mr. Jodoin est en plein dedans… Il parle d’ailleurs dans un langage corsetté, colonisateur intellectuel. Christian Trempe en a eu l’intuition en prévoyant dès le début que Mr. Jodoin prendrait sans doute grand plaisir à se moquer des épais intolérants qui font des fautes de français.
    Mr. Jodoin est en plein dedans, puis nous autre aussi : on est dans marde! Colonisés, les Québécois? – En réfléchissant, je me suis plu à remplacer le mot « colonisateur » par « envahisseur », tiens! Pour le jeu. Après tout, la culture anglophone nous a bien envahi jadis et elle continu. Alors, ça mange quoi en hiver un envahisseur?
    Un envahisseur, c’est tout simplement quelqu’un d’envahissant… (hé hé!) Pas juste qu’il est partout, mais il t’organise tes partys puis il invite ses amis. Tes amis se sont laissé convaincre de les accueillir, par « tolérance ». Évidemment, le party a pas exactement l’atmosphère conviviale que t’as avec tes chummis d’habitude. Mais bon, c’est correct, on est ouvert d’esprit. « Merci, c’était le fonne, mais une fois de temps en temps on aime ça rester entre chummis, juste délirer dans nos propres inside jokes… »
    Quelqu’un d’envahissant, quand tu le laisses faire, c’est juste quelqu’un qui vient repeindre ton salon d’une autre couleur que celle que t’avais choisi, avec l’argent du loyer. « Heï, je t’ai rien demandé : je m’occupe de mes affaires moi-même. T’es ben smatte, mais j’ai un cerveau puis je sais m’en servir. »
    C’est pas si important, mais ça fait drôle de tout le temps laisser le coloc faire comme si t’existais pas. Quelqu’un qui choisit tout pour toi, c’est qu’il te prend pour un enfant, puis il te fait passer pour un retardé devant tes enfants. Quelqu’un qui passe pour un retardé devant ses enfants, c’est qu’il baragouine tout seul comme une bébitte empaillée, chaise berçante, insignifiance folklorique. Pour les générations javellisées et repeintes du futur, nous, les jeunes de 2010, nous sommes des vieilles breloques pas rapport. L’envahisseur est tellement plus hot!
    « Come on Papi Jodoin, stop it with your « rigodon », you’re old timer… »
    « Well boy, it’s not a « rigodon », it’s a good old song from Mara Tremblay, a nice singer from the early 2000… »
    « You’re out. »
    Ben mange de la marde! Essaye pas de me faire passer pour un épouvantail!
    Ma culture est vivante puis je veux qu’elle le reste. Culture, comme dans – cultiver la terre, c’est-à-dire travailler sa terre, jouer dedans, la retourner, voir ce qu’il y a en-dessous, vivre dedans, puis la protéger de la garnotte du voisin et des plantes envahissantes qui ont des racines plus grosses puis, à terme, font disparaître tes autres cultures.
    C’est amusant, faire des mélanges syncrétiques, mais des fois, c’est bon de revenir au « roots ».

  • Simon Jodoin
    23 juin 2010

    Celan Lavalé a écrit « Ma culture est vivante puis je veux qu’elle le reste (…) puis la protéger de la garnotte du voisin et des plantes envahissantes qui ont des racines plus grosses(…).

    Le hic dans toute ton homélie, mon cher Celan, c’est que justement, pour ton information, dans le cas qui nous occupe ici il n’est nullement question de garnotte qui vient du voisin, mais bien des fruits des arbres plantés par les membres de notre famille.

    Bon jardinage!

    @+

    S.

  • Jonathan St-Gelais
    24 juin 2010

    Et Jonas au Parc Maisonneuve dans tout ça?

    Ah non, c’est vrai, il lui fait partie de la famille lui, NRJ, CKOI et Rock Détente l’aime, donc nous, petit peuple qui se complait la médiocrité, l’aimons aussi. De plus c’est tellement charmant un anglophone qui « scrappe » un vieux succès de Jean-Pierre Ferland.

    Et Marie-Mai, sa musique est calquée sur Ashley Simpson et les autres punkettes du Sud, mais au moins ça vient de chez nous. Pourquoi choisir Coca-Cola quand on peut se payer du Choix du Président. On lèvera notre Bleue en remerciant une multinationale Belge de nous l’offrir « flat » à 6$ le verre.

    Je suis québécois et fier de l’être autant que les six millions d’autres et aujourd’hui c’est ma fête aussi. Puis-je avoir le choix de boire et d’écouter ce que bon me semble à ma fête sans avoir l’impression de trahir la nation?

  • [...] tous les autres. Il faut donc saluer le courage et la persévérence des organisateurs de L’Autre Saint-Jean qui donnent des leçons aux propriétaires du « Nous [...]

  • robert morin
    25 juin 2010

    Je n’ai malheureusement pas pu assister au «party» de M. Jodoin et de ses amis triés sur le volet parmi l’élite «éclairée» de la grande métropole, alors je me demandais si le ton de cette soirée de Fête nationale avait tout de même conservé quelque-chose de patriotique, quelque-chose qui parle de la Nation (comme dans Fête «nationale»)ou bien si on s’était contenté de faire de l’«entertainment» pour divertir la foule des élites éclairées? As-t-on entendu un ou des discours patriotiques, y a-t-il eu un énoncé général concernant l’avenir de la Nation?

  • Simon Jodoin
    25 juin 2010

    @ Robert Morin

    Vous êtes le seul à parler « d’élite ». Sans doute un faux-fuyant question de divertir la foule. Ce problème vous appartient.

    Pas besoin de se peinturer un discours patriotique dans le front pour se dire bonne fête et célébrer la nation et la partie. Il faut être un peu curé sur les bords pour penser que la valeur d’une célébration dépend d’une homélie.

    Mais si ça peut calmer vos inquiétudes, Louise Beaudoin est venue faire un discours.

    Sachez aussi que la musique et la chanson, la diffusion d’une œuvre, c’est encore un discours. Une simple toile sur un mur peut même en dire plus que bien des discours écrits par un attaché de presse.

    Bien à vous.

    S.

  • [...] anglophones à l’Autre Saint-Jean, ça ne passe pas (lisez les commentaires virulents sur cet article!), mais des Acadiens (non-Québécois!) qui chantent en chiac… Vous faites [...]

  • robert morin
    26 juin 2010

    @Simon Jodoin

    La référence à l’attitude «élitiste» me vient en effet de certaines de vos positions genre «MTL branché», mais cela m’a surtout sauté aux yeux en lisant les propos sarcastiques de St-Gelais ci dessus lorsqu’il parle de «nous, petit peuple qui se complait la médiocrité…»

    Pour ce qui est de l’intervention de Louise Beaudoin à votre événement, je ne parlerais pas de discours patriotique, mais d’une simple intervention normale et partisane de la députée de votre comté, comme elle doit le faire dans les soupers-spaghettis des Filles d’Isabelle de Rosemont… Comme bien des opposants à la lutte pour préserver le français, vous semblez confondre nationalisme, discours identitaire et préservation de la diversité culturelle avec le mot «politique» utilisé dans le sens de «partisanerie», ce qui n’a rien à voir. Il y a une différence entre Louise Beaudoin députée du PQ dans Rosemont qui vient faire son discours de député et, mettons, Michèle Lalonde qui déclame Speak White dans un contexte artistique d’une fête NATIONALE destinée à élever les esprits plutôt qu’à simplement les «divertir»… alors si c’est ce genre de discours patriotique que vous qualifiez de «homélie», alors en effet nous ne percevons pas du tout la réalité de la même manière et je ne suis pas certain lequel de nous deux a le plus de tabous…

  • robert morin
    26 juin 2010

    @Jonathan St-Gelais
    qui écrit: «Je suis québécois et fier de l’être autant que les six millions d’autres et aujourd’hui c’est ma fête aussi. Puis-je avoir le choix de boire et d’écouter ce que bon me semble à ma fête sans avoir l’impression de trahir la nation?»

    Ce qui semble vous échapper, c’est que ce n’est pas une simple «fête», de l’entertainment, du «divertissement» (dans le sens de «divertir» de «diversion» de «distraction»), comme on en subit les 364 autres jours de l’année… C’est la fête NATIONALE, et si l’on veut en évacuer, en contourner totalement la dimension «nationale», si la seule liberté qu’il nous reste, c’est celle du consommateur qui se veut libre de FÊTER en «buvant et en écoutant ce que bon lui semble», alors c’est qu’on n’a rien compris et que le système t’a avalé plus que tu ne le soupçonnes…

  • Marc Huber
    26 juin 2010

    Je trouve tout de même convivial le droit de s’exprimer sur bangbangblog alors que ce beau Canada,souvent francophobe,se berce sur la pensée totalitaire d’un gouvernement qui censure la culture dite alternative, ou du moins, qui coupe la parole à ceux qui expriment leurs interprétations de la réalité, autant pas l’art politique que par des enquêtes journalistiques. Bof. Je suis…

    Moi je dois commencer à baisser mon inventaire, avant le prochain livre. Je me dispose à envoyer gratuitement une copie du Livre Amer aux sept premières personnes qui en feront la demande au http://www.ph7.ca. Je ne traite pas de musique québécoise, même si je cite certains artistes québécois. Par contre, je m’en inspire pour vous dire de résister contre l’Empire. Fou? Non. Mon cerveau est sans mots. Psychocaravane joue dans ma tête.