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Reportages et entrevues

Jesuslesfilles : Sainte simplicité volontaire

Jesuslesfilles : Sainte simplicité volontaire

Marc-André Savard
28 août 2010

Il y a longtemps, dans l’coin de Jérusalem, un certain Jésus et sa gang de chums brassaient pas mal (la brosse de Cana, ça te dit de quoi?). 2000 et quelques années plus tard, Jesuslesfilles, une bande de cinq musiciens établie à Montréal, reprend le nom du divin fiston pour, à son tour, virer l’party un peu partout. Propagez la Bonne Nouvelle, un premier album sort bientôt!

«On est comme en combat envers les références chrétiennes qui viennent avec le nom du groupe parce que ça n’a vraiment aucun rapport. On veut rien savoir de ça!», confie Martin (guitariste), attablé dans la cuisine d’un sous-sol du Plateau en compagnie de Pascal (basse) et Benoit (batterie). Merde pour mon intro, je suis tombé dans l’panneau… «En fait, le nom du groupe est venu quand j’ai mal lu le setlist à l’une de nos premières pratiques en 2008», précise Benoit. On avait une chanson qui s’appelait « Je suis les filles » et ça a sorti « Jesuslesfilles ». On a tout de suite trouvé que ça ferait un bon nom!». Aussi simple que ça…

Oublie ça, les roulades

D’ailleurs, la simplicité, c’est le mot d’ordre chez Jesuslesfilles. Martin ne niaise pas avec ça et il interdit même à Benoit de faire des roulades! «Sti que j’hais ça [les roulades] ! On veut toujours faire les chansons les plus simples possible et placer les bons punchs aux bonnes places, un peu comme les Vaselines et Velvet Underground, deux de nos influences», explique-t-il. «De toute façon, j’sais pas jouer d’bass!», rigole Pascal. «C’est plus une question de textures…», précise Benoit.

Cette dimension, Jesuslesfilles l’obtient notamment en superposant la voix de Martin à celle d’Azure, la chanteuse. «Je n’ai pas une bonne voix alors la façon de m’en sortir est de la confondre avec celle d’Azure. Un peu comme faisait Jean Leloup dans l’temps…».

De l’Esco à Rouyn

Le premier show de Jesuslesfilles était à L’Esco, où il a immédiatement retenu l’attention de Joe derrière la console de son (aussi bassiste des Breastfeeders). «Il nous a dit ce soir-là qu’il tenait absolument à nous enregistrer aussitôt qu’on était prêt!» confie Martin. Évidemment, tu ne dis pas non à ça, alors Jesuslesfilles aboutit au local des Breastfeeders pour enregistrer son démo. L’expérience fait progresser le groupe…qui sort des p’tits bars pour même se retrouver en demi-finale aux Francouvertes l’hiver passé! C’est l’occasion pour Jesuslesfilles de se produire pour la première fois sur une grosse scène, en formule cabaret devant des gens assis. Oh, que l’groupe se sent loin de l’Esco… «On a pas changé notre spectacle, mais c’pas mal plus platte jouer sur un gros stage!», selon Martin. Au moins, on a eu plusieurs critiques dont on a tenu compte, comme parler plus avec le monde ou juste lever la tête quand on joue!»

Malgré tout, le groupe remporte le prix FME, ce qui lui donne droit à une place toute chaude au fameux festival dans l’bois à Rouyn-Noranda. C’t’une bonne p’tite trotte l’Abitibi, mais les musiciens adorent sortir de Montréal. Si on leur a reproché leur manque de PR, la bande se met quand même copain avec des groupes de partout ce qui lui permet d’échanger des concerts. Ainsi, Jesuslesfilles a déjà joué à Calgary, à New York et on parle même d’un escapade en Écosse l’an prochain! Qui c’est qui a dit qu’un band franco ne pouvait pas sortir d’ici?  «En fait, on s’est fait dire à Brooklyn de parler en français entre les tounes, que le monde aimait ça!», dit Martin.

Chez Jesuslesfilles, le groupe prévaut et on saute sur toutes les opportunités en s’arrangeant en cas de bad luck; ça arrive qu’il fasse des concerts avec un ou plusieurs musiciens remplaçants question de ne jamais perdre une opportunité. Comme quand Benoit s’est fracturé la jambe à 2 endroits en pleine séance photo au Parc Lafontaine (voyez l’accident en photos sur leur page Myspace, on entend presque le crouch).

Une belle table

Après quelques bonnes claques dans l’dos du milieu émergent, le groupe était mûr pour retourner en studio pour un album complet, toujours sous les bons soins de Joe «l’Allaiteur»; la grosse affaire emballée dans des pochettes sérigraphiées chez Sel & Vinaigre et assemblées à la main par le groupe. Une belle table, c’est son nom, mais aussi une expression fétiche de la mère de Martin qui parle souvent de monter «une belle table» avec une jolie nappe et tout…Cherche pas plus loin…Oh que j’me retiens pour pas pousser une joke sur la Dernière Cène, là!

Lancement d’album au Divan Orange le 17 septembre avec artistes invités. 20h Gratuit!

www.jesuslesfilles.com

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