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L'histoire du rock racontée aux enfants

Jean-Jacques Perrey

Jean-Nicolas Labrie
2 octobre 2008

De la belle visite rare en ville pendant Pop Montréal. Même si Jean-Jacques Perrey a connu un succès limité en termes de reconnaissance populaire et de ventes de disques, son influence demeure tout à fait remarquable. Il fait partie des musiciens qui, au cours des années 1960, ont fait sortir la musique électronique d’un carcan plus expérimental en utilisant les techniques de la musique concrète pour les appliquer à la musique pop.

L’histoire de ce musicien atypique débute en 1953. Après quatre années d’études sérieuses, Jean-Jacques Perrey quitte la faculté de médecine de Paris. Il décide en effet de se tourner vers la musique après avoir été impressionné par un curieux instrument appelé Ondioline, un tout nouvel orgue électronique à base de tubes à vide. Alors qu’il n’a jamais eu de véritable formation musicale (il joue de l’accordéon en amateur dans son salon, sans plus), il apprend à jouer de cet instrument et réussit à se faire embaucher par Georges Jenny, son inventeur. Celui-ci recherche en effet un musicien pour faire des démonstrations techniques de son tout nouveau produit.

Perrey commence ainsi à se produire un peu partout en Europe, l’Ondioline piquant la curiosité de plusieurs mélomanes. Il finit par se faire connaître et cette nouvelle reconnaissance le propulsera sur scène avec les plus grands, notamment Charles Trenet et Édith Piaf. Cette dernière lui fait enregistrer quelques-unes de ses compositions et lui recommande un producteur américain, Carroll Bratman. Perrey veut concrétiser sur disque ses propres expérimentations. Bratman est enthousiasmé par la fougue du Français et l’invite aux États-Unis.

En mars 1960, Perrey débarque à New York. Sa popularité américaine repose cependant sur un malentendu: exilé aux États-Unis pour démontrer l’efficacité de certains instruments électroniques, il enregistre plusieurs jingles et musiques de dessins animés d’une simplicité synthétique déconcertante, question de mieux «vendre» et convaincre les potentiels utilisateurs. Ces compositions, élaborées à partir d’un clavier Moog, conservent un caractère infantile qui les rendent indémodables. Pour mener à bon port ses expérimentations, Bratman met à la disposition du bidouilleur un studio ultramoderne qui lui permet de composer ses petites chansonnettes. Il sort de cette période un mini-album, The Happy Moog, en collaboration avec Harry Breuer, et c’est à cette période que le musicien français deviendra un véritable alchimiste de la musique électronique. Il poursuit ses recherches en se créant des bibliothèques d’échantillons dont il tirera notamment une version du Vol du bourdon de Rimski-Korsakov, utilisant des enregistrements de vrais bourdons pour le thème. Par contre, il refuse net l’étiquette de créateur d’avant-garde.

En 1964, il rencontre le compositeur Gershon Kingsley (avec qui il composera Popcorn, premier grand succès de musique électronique en 1972). Leur collaboration se concrétise par deux albums: The In Sound From Way Out! et Kaleidoscopic Vibrations. Ce dernier contient le morceau Baroque Hoedown qui a été repris par Disney en 1972 pour sa Main Street Electrical Parade. En 1968, il sort un nouvel album, The Amazing New Electronic Pop Sound of Jean Jacques Perrey, puis Moog Indigo en 1970. Il rentre alors en France et se consacre essentiellement à des recherches en musique thérapeutique.

Il se produit encore aujourd’hui régulièrement en concert et donne des conférences, essentiellement aux États-Unis.

En concert le 3 octobre au Cabaret du Musée Juste pour Rire (Montréal) dans le cadre de Pop Montréal.

Discographie

Sous le nom de Perrey & Kingsley

The In Sound From Way Out! (1966)
Kaleidoscopic Vibrations (1967)

Sous le nom de Jean Jacques Perrey

Prelude au Sommeil (1957)
Cadmus, Le Robot de l’Espace (1959)
Mr. Ondioline (1960) [EP]
Musique Electronic Du Cosmos (1962)
The Amazing New Electronic Pop Sound of Jean Jacques Perrey (1968)
The Happy Moog (1969)
Moog Indigo (1970)
Moog Sensations (1971)
Moog Expressions (1972)
Quadraphonic Demonstration Album – Program 2 (1972)
Moog Generation (1973)
Mig Mag Moog (1974)
Dynamoog (avec Gilbert Sigrist) (1978)
Good Moog – Astral Animations & Komputer Kartoons (1998)
Circus of Life (avec Gilbert Sigrist) (1999)
Eclektronics (avec David Chazam) (2000)
Moog Sensations (2001)
The Happy Electropop Music Machine (avec Dana Countryman)(2006)
Moog Acid (avec Luke Vibert) (2007)
Destination Space (avec Dana Countryman) (2008)

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