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Reportages et entrevuesPour une deuxième année consécutive, le Comité BAILS fait la promotion de la revitalisation du quartier Hochelaga-Maisonneuve en organisant une fête aussi musicale qu’engagée. Initiative lancée en 1993, le Comité de Base pour l’Action et l’Information sur le Logement Social (BAILS) est un groupe communautaire par des résidents du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui voulaient s’organiser face à la problématique du logement dans le quartier. Le collectif, pour lequel Chloé Tanguay et Samuel Daigle-Garneau oeuvrent, fait notamment la promotion du logement social. Bien que le Comité BAILS se considère davantage comme un groupe de pression ainsi qu’un organe de mobilisation, celui-ci offre aussi des ateliers sur le programme HLM, la formation de coopératives en plus d’autres initiatives entourant le logement social. « Oui, Hochelaga est souvent vu comme un quartier “trash”, un coin de “BS”, déplore Chloé, mais c’est aussi ce qu’on disait du Plateau y’a 50 ans… et on assiste maintenant au même phénomène d’embourgeoisement ici». Bien que les loyers demeurent (plus ou moins) abordables dans ce quartier, le récent boom des condos – et des commerces les suivant – fait en sorte que des citoyens habitant le coin depuis des générations soient repoussés à l’extérieur de leur quartier de prédilection alors qu’Hochelaga-Maisonneuve devient, peu à peu, « HoMa ». « Le quartier ne devient pas soudainement plus agréable en lui collant cette appellation! », tonne Chloé. « C’est une formule qui existe uniquement que pour appâter des investisseurs! » Samuel en rajoute : « J’ai rarement entendu un résident du quartier appelez ça HoMa… en tout cas, les vieux du quartier, eux, ils n’embarquent pas! » Chloé revient ensuite à la charge, nuançant ses propos : « Ça ne veut pas dire qu’on est des partisans qui veulent garder Hochelaga tel quel avec toutes ses patateries! On veut surtout que ça devienne un quartier plus beau, plus vert et avec davantage de commerce de proximité!»« … et sans câlisser le monde dehors non plus! », tranche Samuel en rigolant pour ensuite s’expliquer : « On veut revitaliser le quartier, mais pas que pour une classe précise. On parle de revitalisation populaire ici – pour les gens du quartier – pas de revitalisation commerciale avec les condos, les commerces qui viennent avec et leur idée d’un quartier “plus propre”. » Un moyen parmi tant d’autres pour stimuler cette revitalisation populaire : une fête aussi familiale que musicale! « On peut toujours jouer dehors ici! » Comme le Comité BAILS s’intéresse aussi à tout ce qui concerne le réaménagement de leur quartier de prédilection, le collectif a eu l’idée d’échafauder une fête rassembleuse pour les habitants. « C’est bien beau de demander des logements, mais ça prend aussi un quartier plaisant qui va avec! », s’exclame Chloé au passage. Lancé en 2010, Hochelaga en fête a connu un chouette succès dès sa première édition alors que 1000 personnes se sont présentées au parc Dézéry pour y assister. Pas si mal pour un festival auto-financé avec très, très peu de moyens. Bien que l’accent – circonflexe – d’Hochelaga en fête est définitivement mis sur l’aspect festif de l’aventure, les deux compères font aussi valoir que l’engagement du Comité BAILS y est aussi représenté. « Une fête, c’est le fun, ça attire les gens et c’est plus accueillant qu’une manifestation! », explique Chloé. « On trouve donc que c’est une belle façon de mener les gens vers nous tout en leur permettant de s’amuser dans leur quartier, de se le réapproprier.» Samuel abonde dans le même sens : « C’est une démarche populaire, en fait. C’est quelque chose en réaction à l’embourgeoisement d’Hochelaga. C’est pourquoi on propose quelque chose de populaire, de gratuit, de pas du tout commercial. On propose quelque chose qui est accessible à tous, quoi! » Pour se faire, Samuel Daigle-Garneau et Anabelle Sirois, qui s’occupent de la programmation de l’événement, ont réuni une surprenante brochette d’invités – et même certains résidents du quartier – qui participe à Hochelaga en fête pro bono. Les fêtards pourront autant y le rock électro déjanté de Pif Paf Hangover que le punk rock furieux de Brutal Chéri en passant par le folk reggae de Bistalaban. « On ne voulait pas inviter que des artistes qui ont nécessairement un message politique à livrer, explique Samuel. On voulait surtout des groupes rassembleurs qui, sans être vraiment établis – les plus connus se sont retrouvés que sur le palmarès de CISM, genre – peuvent plaire et attirer beaucoup de curieux! » Chloé intervient : « Même s’ils n’ont pas tous des textes typiquement politisés, ils s’engagent tout de même en jouant pour nous bénévolement. Ça rejoint notre démarche populaire! » Lorsqu’interrogé sur leur passion pour ce quartier qui a tant marqué l’imaginaire québécois, Samuel n’hésite pas. « C’est un quartier où y’a de la vie, qui est accueillant. Tu peux encore jouer dans la rue sans te faire frapper! » Un petit plaisir de la vie qui est de plus en plus rare à Montréal d’ailleurs… Cette année, l’équipe derrière Hochelaga en fête vise gros et investi le Parc Hochelaga (qu’on retrouve entre les les rues Darling, Davidson, Ontario et Adam), un parc beaucoup plus central et fréquenté que le parc Dézéry. On pourra notamment voir sur scène Lazy Lovers, Jeunesse Apatride, New Apple Taste, une démonstration de la bande derrière la compétition rap End Of The Weak ainsi que Chub-E Pelletier. À noter aussi la présence d’activités plus « familiale » (rampe de « skate », maquillage, etc.) et que la vente de bières et de hot dogs sur les lieux du parc servira à financer l’événement (bref, on laisse le flasque à la maison).
Pour avoir plus de détails sur l’événement, qui se déroulera le 27 août de midi à 23h, on peut consulter le site officiel de l’événement. Pour avoir plus d’information sur le Comité BAILS, on clique là!
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Depuis l’invention de l’imprimerie, la politique s’est toujours exercée sensiblement de la même manière. Le peuple élit ses représentants et ces derniers gouvernent et prennent des décisions. Depuis le début des temps, les politiciens ont toujours gouverné et cherché à contrôler leur message. La communication s’est faite de façon unidirectionnelle : un émetteur dicte un message ; des millions de récepteurs, passifs, reçoivent ce message et gardent leur réflexions pour eux-mêmes, jusqu’à la prochaine révolution de salon, lors du prochain party de famille ou du prochain BBQ entre amis. C’est l’ère de la communication 1.0. Un parle, tandis que les autres n’ont qu’à écouter.
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