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Francouvertes 2013 - Demi-finale #3 : Olivier Bélisle, Marcie, Les Hay Babies

Francouvertes 2013 – Demi-finale #3 : Olivier Bélisle, Marcie, Les Hay Babies

BangBang
18 avril 2013

Par Catherine Chiasson

Déjà la dernière soirée des demi-finales du concours des Francouvertes… Mais personne n’a eu le temps d’être déçu que ce soit la fin avec cette programmation-là; Olivier Bélisle, Marcie et les Hay Babies.  Toute une soirée, trois artistes qui s’unissent bien le temps d’un spectacle. Le mariage de leurs genres collait à la perfection.

Olivier Bélisle

On a commencé la soirée en douceur et en groove avec Olivier Bélisle. L’auteur-compositeur-interprète a instauré une ambiance de chansonnier nouvelle génération avec ses chansons attachantes.

Une poésie de magnifiques images simples et efficaces, sans fioritures inutiles. Sa musique raconte des histoires génériques enveloppées dans une griffe singulière.  C’est lui, mais c’est aussi tout le monde.  On s’y reconnait et on s’y complaît.

«  L’été était roulé en boule dans l’fond de mon pack sac.  L’hiver carburait au peach schnaps.  L’automne faisait des nuits blanches à penser au printemps ».

Pour accompagner ses textes, de l’harmonica, de la contrebasse et une guitare acoustique. Tout pour s’abandonner à un souffle folk aux inspirations blues.

Pour peu, on dirait d’Olivier qu’il n’a pas de personnage de scène.  Qu’il semble être exactement le même derrière un micro que devant un café. Une ambiance conviviale de feu de camp d’été, quoi. C’est du folk conjugué au masculin. C’est un bonbon salé.

De la musique qui donne envie de se coucher sur le top d’un char et de regarder le ciel.

Marcie

Ensuite, au tour de l’auteure-compositrice et interprète Marcie de posséder les planches du Lion d’Or. Des textes d’une poésie lyrique offerts par une voix claire et cristalline.  D’une puissance insoupçonnée. Un peu comme sa musique. Elle chante comme on se confesse. Avec une passion rare.

Sa musique est d’une douceur profonde, comme une caresse qui fait mal.

Ce qui est comique, c’est qu’on assiste presqu’à un dédoublement de personnalité entre la Marcie qui chante et la Marcie qui nous parle. Alors que ses chansons nous font découvrir un univers parsemé de métaphores mélancoliques, ses interventions sont teintées d’un humour léger.

« Je sais qu’on a hâte au beau temps, mais ça s’appelle quand même Novembre ».

Et ça rend chaque morceau encore plus poignant, comme si sa personnalité cassait le drame de sa prose pour mieux nous rattraper au détour de la prochaine chanson.

Les Hay Babies

Trois femmes.  Trois voix.  Un banjo, un ukulélé et une guitare.  Une formule élémentaire pour du folk néo-brunswickois, ça vous dit?  Les Hay Babies fabriquent un indie-folk (oui, encore un) d’une couleur unique (pour vrai là).

Le trio offre un assortiment d’accents provenant du nord, du sud et du centre du Nouveau-Brunswick qui s’entrechoquent et se mélangent dans des harmonies maîtrisées à la perfection.  Des voix saisissantes, douces et rauques à la fois.

Ce sont des chansons poétiques en chiac avec des racines pleinement assumées, et ça leur confère un charme authentique. Peu importe d’où vient ton français, il est difficile de ne pas sourire quand le trio chante « Chu pas une femme à marier. Ta mère a pas besoin de worrier ».

Ça parle de chez elles et d’ailleurs.  D’origines et de voyages.

Elles abordent leurs chansons les plus tristes avec un bel humour :

« Quand tu décides de faire de la musique, ben des relations, ça marche pas.  Ça c’est une chanson pour les relations à distance.  Si ça marche pour vous autres, ben mariez-vous ».

Juste avant de chanter « Notre amour se tient par un fil de téléphone ».

Leur musique, c’est bourré de chaleur.  Mais ça fait quand même frissonner.  Une force fragile, comme le français au Canada.

***

Pour clore les demi-finales, en plus de dévoiler les trois artistes qui accèdent à la finale, plusieurs prix ont été remis parmi les neuf formations demi-finalistes.

Pour le groupe de post rap, les Dead Obies, c’était un peu comme Noël.  Ils ont raflé bon nombre de prix dont une bourse du Cirque du Soleil pour l’excellence de leur performance scénique, une bourse de la SOCAN pour la chanson Machine, cinquante heures d’enregistrement studio et plusieurs concerts rémunérés, entre autres, aux FrancoFolies de Montréal.

Les filles des Hay Babies ont reçu une bourse de l’Union des artistes pour leur façon de faire chanter la langue française ainsi qu’un stage d’écriture et un concert au Festival de la chanson de Tadoussac. Marcie et Olivier Bélisle se sont vu remettre le prix du Théâtre de Verdure et une prestation rémunérée.  Olivier Bélisle a aussi obtenu des concerts à à ChantEauFête de Charlevoix et au Festival de la chanson de Tadoussac.

***

Au terme de la dernière soirée,  ça s’est bousculé dans le palmarès! Les finalistes des Francouvertes 2013 sont, en première position, Les Hay Babies, talonnées par Dead Obies et Marcie.  La finale aura lieu le 13 mai au Club Soda. Ne les manquez pas mais, même si vous les manquez, vous risquez d’entendre pas mal parler d’eux prochainement de toute façon.

www.francouvertes.com

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