BangBang : bangbangblog.com

L'abominable homme des cons

Fermeture de la SOPREF : Chronique d’une mort annoncée

Simon Jodoin
26 août 2009

Alors, c’est vrai et confirmé : La Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone (SOPREF) va fermer ses portes définitivement d’ici peu. L’organisme, plus occupé depuis deux ans à réparer les pots cassés de Local Distribution qu’à mettre en branle de nouveaux projets, a été, pour ainsi dire, submergé par l’émergence…Peut-être même a-t-il créé le contexte qui allait le faire mourir.

Pour bien comprendre ce qui a causé la mort de la SOPREF, il faut comprendre ce qui, dès l’origine, a causé sa naissance. Pour ce faire, il faut se reporter au milieu des années 1990…

Pour ceux d’entre nous qui débarquaient alors dans le monde du spectacle et qui avaient envie rejoindre le public intéressé par la musique alternative, les possibilités n’étaient pas infinies. Seules les stations universitaires et communautaires faisaient jouer ce répertoire. CKUT, CIBL, CISM à Montréal… CKRL à Québec ou encore CFOU à Trois-Rivière. C’est à cette même époque que le concours Les Francouvertes a été fondé par un organisme, désormais dissolu : Faites de la Musique. Cet événement ressemblait alors plus à une exposition du cercle des fermières qu’au rendez-vous annuel et incontournable pour les producteurs et les dépisteurs de talent qu’il est devenu. Ça se passait au Zest, un endroit situé dans Hochelaga Maisonneuve, peut-être le seul quartier où il était alors économiquement possible d’avoir pignon sur rue pour un organisme voué à la promotion et au support de la relève musicale.

Cette période du tournant des années 90 était précédée par une autre, plus nébuleuse sans doute, au sein de laquelle évoluaient une multitude de groupes comme Grimskunk, Groovy Aardvark ou Me Mom and Morgentaler, pour ne citer que les plus connus à échelle locale. Du côté plus « francos », on citera volontiers les Vent du Mont Shärr et Wd-40 ou encore Vilain Pingouin qui sévissaient à la même époque depuis la fin des années 80. Dans une autre dimension de la scène alternative, Richard Desjardins, qui ne perçait guère jusqu’alors ailleurs que sur CIBL, arrivait à classer Tu m’aimes-tu ?, un disque autoproduit, au rang des classiques de la chanson québécoise. C’était en 1990. Dans d’autres contrées –encore- de cette renaissance de la musique locale, on pouvait aussi écouter en direct à CIBL Le trésor de la langue francaise de René Lussier, avec ce même Desjadins aux claviers et au piano. Possession Simple, premier groupe de Éric Goulet ancêtre des Chiens, classait au même moment Comme un cave sur les palmarès des radios locales. Peu de temps après suivaient Les Colocs et Zébulon, les Frères à Cheval, Fred Fortin Mara Tremblay et cie. La suite de l’histoire est connue.

Dans le contexte de cette renaissance de la musique québécoise, une foule de jeunes auteurs et/ou compositeurs se sont mis à envahir les lieux de diffusion. Tant et si bien qu’un effet d’entonnoir s’est produit : L’offre et la demande pour les produits alternatifs augmentaient simultanément et rapidement, mais les canaux de transmission entre les artistes producteurs et le public n’arrivaient pas à suivre la cadence. Les artistes étaient crinqués, le public était au rendez-vous… Ne manquaient que les ponts pour permettre le passage de l’un vers l’autre.

C’est dans ce contexte qu’a vu le jour le Forum des Musiques Amplifiées, un exercice de consultation et de concertation, piloté par Faites de la Musique et coordonné par Jean-Robert Bisaillon, qui s’est déroulé d’octobre 1997 à juin 1998. L’objectif était de dégager des pistes de solutions pour favoriser le développement en commun de ce qui allait devenir la « musique émergente ». Ce fut la première, et la seule, initiative favorisant la création d’une collectivité de travailleurs culturels émergents permettant le partage de ressources. C’est de là que sort la SOPREF, des suites de ce forum qui avait établi la nécessité de mettre sur pied une association afin de fédérer les initiatives individuelles en effort commun.

C’est dans ce giron que les bases de la scène musicale émergente telle qu’on la connaît aujourd’hui ont été construites. La même année, Simon Galipeault, alors gérant de Grimskunk, fondait avec toute sa bande les disques Indica Records. Un peu plus tard, une toute nouvelle compagnie de disque et de spectacle, La Tribu, signait des contrats avec Wd-40, les Chiens et Fred Fortin. En 1998, coup de tonnerre dans le son Québécois : c’était Dehors Novembre des Colocs. C’était officiel et la face du monde ne serait plus jamais la même : Le Québec sonnait et il fallait s’attendre à un tsunami.

En 2000, la SOPREF fondait Local Distribution, entreprise d’économie sociale permettant aux artistes auto producteurs de distribuer leurs productions en magasin.  Cette initiative allait devenir la pierre d’échoppe de l’association. Le manque de distribution était en effet la cause principale de l’effet d’entonnoir entre les créateurs et le public : il était à peu près impossible, à moins d’avoir un contrat avec une étiquette de disque reconnue, de vendre en magasin des productions alternatives, hormis chez quelques disquaires de quartiers qui faisaient tout à la mitaine. Avec Local, sans nécessairement être signé, un artiste pouvait placer ses produits en magasin, condition essentielle pour exister à l’époque. C’était toutefois le début de la fin et l’économie culturelle allait subir les contrecoups et les débats qu’on connaît aujourd’hui : le nouveau joueur s’appelait à l’époque Napster…

La scène locale alternative et émergente a ensuite connu l’essor qu’on connaît et la partie s’est jouée en fonction de la position des pièces déjà présentes sur l’échiquier. De petites étiquettes de disque, à l’image d’Indica, allaient se multiplier (Bonsound, Dare To Care, C4, etc.). De plus gros joueurs comme La Tribu, Audiogram ou encore GSI avec La Confiserie allaient signer des groupes émergents souvent issus des Francouvertes (Les Cowboys Fringants Loco Locass, Karkwa, Navet Confit, etc.). La SOPREF et Local Distribution allaient donner la possibilité à des artistes autoproducteurs, par choix ou par dépit, de mettre en marché leurs productions.

C’est là, à mon sens, que le sort de la SOPREF s’est joué. L’association avait grandement participé à créer un buzz autour de l’émergence. Tous les joueurs de l’industrie étaient branchés sur la scène alternative, très heureux d’y découvrir de nouveaux gisements de talents. Les médias se sont mis de la partie. Pour certaines nouvelles compagnies cela signifiait des succès radios et des chiffres de vente inespérés. Bref, les choses se sont mises à rouler en grand… Sans doute trop pour la SOPREF qui, malgré toute sa bonne volonté, ne pouvait d’aucune manière naviguer dans ce qui devenait lentement un réel raz-de-marée. Alors que tous les autres joueurs travaillaient à la mise en place des moyens de communication et de diffusion toujours plus efficaces, aptes à suivre le développement rapide des créations d’aujourd’hui, la SOPREF, sans doute faute de moyen et à cause de sa lourde structure associative, n’avait jamais passé le stade de l’artisanat.

Ainsi, les nouvelles maison de disques établies au Québec depuis une dizaine d’année ne faisaient pas affaire avec LOCAL, mais bien avec des distributeurs établis dans l’industrie, tels que DEP, Sélect et maintenant Outside. De la même manière, si un artiste alternatif ou autoproduit était prêt à devenir membre de la SOPREF, notamment pour être distribué par LOCAL, dès qu’il commençait à avoir un certain succès et que la distribution d’albums devenait plus exigeante, il devait souvent se tourner vers d’autres solutions. Aussi, si le succès d’un artiste menait à un contrat au sein d’une maison de disque, cela signifiait invariablement pour LOCAL la perte d’un contrat qui n’avait pas atteint le seuil de rentabilité.

Le scénario mis en relief par Local était une variante d’un problème plus général inhérent à la SOPREF et qui semble insoluble. D’une part, leurs services n’étaient pas, ou plus, retenus par les étiquettes de disques, producteurs et artistes qui fondaient les compagnies que l’on connaît aujourd’hui. D’autre part, ainsi privé d’une part de revenus potentiels, l’association n’avait aucun moyen d’ajuster et perfectionner ses services afin de suivre la cadence.

Bref, la SOPREF a contribué à créer le buzz, mais n’a jamais été en mesure d’en récolter les fruits… L’association s’est retrouvée un peu comme celui qui a accepté d’aller allumer la mèche au fond d’une mine mais qui se voit en fin de compte soufflé par l’explosion…

Ajoutons à cela les bouleversements économiques et sociaux inhérents aux nouvelles technologies de communication, ce qu’on a appelé la crise du disque et le scénario est complet… LOCAL distribution fermait techniquement ses portes en 2007, se retrouvant en créance face aux artistes et producteurs qu’elle distribuait. Depuis deux ans, le principal souci de l’association a été de gérer la crise, sans jamais vraiment y parvenir. Encore là, le même problème latent refaisait constamment surface: la SOPREF n’avait pas les moyens d’avoir les moyens, si on peut dire.

Encore aujourd’hui, lorsqu’on demande à Jean-Robert Bisaillon, fondateur de la SOPREF et actuel président par défaut chargé de gérer sa dissolution le nombre de membres en règle de l’association, il ne peut fournir une réponse exacte, faute de technologie et de ressources bureautiques. Les membres sont comptés à la mitaine, généralement invités à renouveler leur membership lors des assemblées générales. Le coup fatal porté par la disparition de Local Distribution, ayant quelque peu effrité la confiance de la communauté culturelle et dépourvu la SOPREF de son principal attrait pour attirer de nouveau venus, n’a jamais complètement cicatrisé… Cette plaie a engendré une hémorragie qui a duré jusqu’à aujourd’hui. La SOPREF ferme définitivement ses portes.

Les stocks de disques non réclamés depuis deux ans seront donnés à Centraide au plus tard à la fête du travail et Jean Robert-Bisaillon est déjà occupé à imaginer une nouvelle structure pouvant reprendre les services de la SOPREF, notamment le centre de documentation, l’édition d’ouvrages spécialisés et les activités de formation.

Jean-Robert et ceux qui ont œuvré à la SOPREF jusqu’à aujourd’hui préfèrent donc parler de « transition » plutôt que de fermeture pure et simple. Cela dit, on peut de bon droit se demander en quoi, et comment, certains acquis pourraient être conservés et, surtout, susciter assez d’attrait pour justifier une nouvelle association. Le contexte, aujourd’hui, n’est plus le même qu’il y a dix ans. La vaste majorité des travailleurs culturels qui démarraient des projets naguère sont aujourd’hui bien en selle et sont souvent membres actifs au sein d’autres associations qui offrent à peu près les mêmes services : colloques, conférences, formation, promotion et diffusion. L’idée d’un centre de documentation et d’une maison d’édition aurait aussi, sans doute, de la difficulté à s’imposer, le web offrant déjà pas mal de possibilités à ce niveau…

Que va-t-il se passer ? Bien malin qui nous le dira, mais en guise d’indice, Jean-Robert se donne jusqu’à la fin de POP Montréal pour mettre sur la table une solution de transition…

Cela dit, peu importe ce qui adviendra, si pour certains, le buzz de la scène locale émergente semble être apparu comme par enchantement, il faut bien reconnaître qu’en grande partie, c’est la SOPREF qui tenait la baguette magique et qui a prononcé la formule. L’association n’aura pas survécu au buzz qu’elle a créé, mais un constat s’impose : plusieurs artistes aujourd’hui bien en vogue sur la vague émergente devront un jour raconter qu’ils ont commencé par naviguer sur cette galère…

29 commentaires
  • André de Sorel
    26 août 2009

    C’est plus long que « Twilight », donc je ne le lis pas ton texte, bon!

  • Dieu Du Web
    26 août 2009

    Tapette

    S.

  • Etienne Dubuc
    26 août 2009

    Plus long, mais pas mal mieux! pour un jeune comme moi qui a plus ou moins pu voir l’influence de la SOPREF, bien que je connaissais sont importance, cet article est des plus pertinent.

  • Pas Parlable Impressario
    26 août 2009

    nostalgie… je me souviens avoir entré un matin (autour de 2001) à la SOPREF nu pied les yeux rouges comme ma chemise carrotée.. c’tait du monde bin accueillant… R.I.P.

  • Mike B
    27 août 2009

    Pô pire, pô pire.

    On voit que l’homme a du vécu, hein!

    Je ne suis pas si vieux et ça m’a quand même rappeler mes débuts comme traqueur de musique locale et même mes débuts dans le monde médiatique.

    En 2000, il est clair que Local Distribution s’est imposé au mélomane que je suis. Je trouvais dont ça génial. Les débuts d’Indica, La Tribu qui était alternatif à l’époque, c’était grisant. Vraiment.

    Lorsque j’ai commencé la radio en 2002, je sentais que ça allait exploser. Paf, y’a eu Break Syndical. Paf, y’a eu Gros Mammouth Album, etc. C’était encore une fois excitant. On voyait les groupes qui étaient hier dans un petit bar de Montréal (ou de Québec) faire quelques mois plus tard une grosse scène des Francofolies!

    À CHYZ, à Québec, je me souviens que j’étais à l’époque le seul qui faisait jouer la scène locale. Puis vers 2005, y’a eu de nouvelles émissions, ça s’incrustait dans les quotidiennes, dans les palmarès. Le contraire serait aujourd’hui impensable. Puis là, je m’égare.

    Depuis deux ans, je trouve que cette excitation est en baisse. Mais je crois que c’est normal. Les bases sont solides. Tout est cyclique, je pense que la scène québécoise a atteint un certain sommet, maintenant le rythme ralentit, le milieu doit s’adapter à plusieurs choses, ne serait-ce que la technologie et son impact sur l’industrie et les petits qui sont devenus gros. Mais je ne pense pas que ce soit un gros creux, juste une petite accalmie avant que ça reparte.

  • André Péloquin
    27 août 2009

    Anyway, Bisaillon est à fond dans les nouvelles technologies.

    Je crois que c’est pourquoi il n’y pas beaucoup de couverture de la « mort » de la Sopref (nous, le Voir… pis c’est pas mal ça? Pas encore de son de cloche de BAP, j’crois): on garde espoir qu’ils vont retomber sur leurs pattes avec une idée de génie.

    Disons que si j’en crois les commentaires que j’ai eu des rencontres de l’ADISQ, la bande de la SOPREF est plus ouverte aux « nouvelles » technologies et l’économie l’entourant que la vieille garde qui tente encore et toujours d’enrayer « le piratage ».

  • Simon Jodoin
    27 août 2009

    La nouvelle de cette mort annoncée a été couverte par le même réseau d’habitué. Philippe Papineau sur Francophil, Philippe Renaud à La Presse, ORL au Voir, ici au Bangbang par votre humble serviteur. Bande à Part en parleront peut-être… un jour… peut-être… :-)

    Y’a même un article dans L’Acadie Nouvelle… :-)

    Mais quoi qu’il en soit, « fermeture de la SOPREF » dans Google permet de constater c’est qui les geeks en chef dans le secteur… :-) ))

    ===

    Sinon, je sais bien que c’est long cet article, mais bon, c’est une longue histoire qui mérite quand même d’être racontée. Et encore, j’ai coupé des coins pas mal rond pour m’en tenir à l’essentiel.

    Pour ce qui est de l’éventuelle idée de génie du côté des nouvelles technologies, il faudra que l’idée soit vraiment bonne et pilotée par un réel geek. Certes la SOPREF est plus ouverte aux nouvelles technologies, génération oblige j’imagine… J-R semble assez allumé à la chose… Mais « être ouvert » ne suffit pas… Il faut une connaissance approfondie de la culture web, connaissance pratique j’entends.

    Disons que des projets comme miouze.ca, le moins que l’on puisse dire, c’est loin d’être convainquant… (en écrivant cela, je me rends compte que ce nom de domaine semble être tombé dans les limbes du web…). Toute l’architecture web de la SOPREF était aussi franchement désuète, notamment l’interface des membres et cie. Bref, ça prendra un nouveau webmestre, et un gros ménage par le vide… :-)

    S.

  • Si j’avais écouté Jean-Bob y’a kek années quand y m’a dit de me tourner vers la distribution numérique au lieu de chercher des gérants je serais sûrement aussi big que l’Orange Julep en ce moment …

  • NOT !!!

  • Francis
    28 août 2009

    Yo,
    Dans tout ton historique, je crois qu’il manque une mention à Tir Groupé qui, à la fin des années ’80 et début ’90, était probablement la structure la plus importante pour le rock franco alternatif.

  • Simon Jodoin
    28 août 2009

    Effectivement Francis… Pas seulement de Tir Groupé d’ailleurs, mais aussi Cargo Distribution qui distribuait leurs disques… Un distributeur où travaillait à l’époque un représentant des ventes qui se nommait (et se nomme toujours)… Jean-Robert Bisaillon… :-)

    Et pour l’histoire, c’est ce même Cargo Distribution qui distribuait Grimskunk jusqu’en 1995…

    Cargo a fait faillite juste avant la naissance de la SOPREF, mais Tir Groupé me semble toujours actif… « Espace Libidinal » des Amis au Pakistan a été produit par cette compagnie, toujours enregistrée au registre des entreprises du Québec…

    C’est sans doute grâce au travail de ces structures, et de Benoit Bouchard qui avait fondé Tir Groupé si je ne m’abuse, que le Punk et l’esprit DIY s’est imposé au Québec, notamment avec la venue des Bérus, que l’on doit justement à ce même Benoit Bouchard, en 1988… Il faudra sans doute un jour bien saisir l’influence des Bérus sur le DIY et l’autoproduction ici bas. En fait, toute l’influence punk, notamment l’importance de la fondation des Foufounes Électriques en 1985… Et encore là, sans doute qu’on devra remonter à la fin des années 70.

    Donc, effectivement, je dois rendre à César ce qui est à César et mentionner que le feu de la SOPREF a sans doute été allumé avec les cendres encore chaude de Cargo Distribution…

    Merci pour le rappel… Sans doute que l’historique de la scène locale alternative devra être écrite en plusieurs tomes… :-)

    Tiens, tu me donnes une idée là là… :-)

    S.

  • Renaud Gougeon Ross
    28 août 2009

    Excellent article! Bonne mise en perspective!

  • André de Sorel
    28 août 2009

    ON REPART SUR UNE BALLOUNE EN PAPIER !!!

  • Eric Parazelli
    28 août 2009

    Bravo Simon!

    Bien sûr, de mon point de vue, il manque quelques petits détails ici et là (comme une mention de la chronique Scène Locale du Voir, par exemple, je dis ça comme ça…) mais en gros tu trace une portrait assez juste de la situation.

    Pour ce qui est d’un historique de la scène locale alternative, je comptais en publier une d’ici ma mort mais si tu t’y mets, je n’aurai qu’à y répondre, la grosse job de bras aura déjà été faite…

    Et longue vie la SOPREF virtuelle!

  • Francois Nadeau
    28 août 2009

    J’aimerais rajouter un élément dans l’histoire de la SOPREF qui est malheureusement jamais mentionné et auquel plusieurs personnes ont aussi travaillé(je pense a Claude Grégoire, Sarah Levesque, Alexandre Lemieux et j’en oublie surement d’autres). La base de donnée de la SOPREF, le bottin des musique amplifiés a été fait a partir de le base de donnée du site Netmusik.com. NetMusik a été fondé en 1995 par moi meme et Pascale Guilbault(qui avait a l’époque une emission pour la releve a CISM). Des rencontres a l’époque avec Jean-Robert Bissaillon ont été les premiers éléments de ce qui allait devenir la SOPREF. Jean-Robert a d’ailleurs, a une certaine époque, été directeur-général de NetMusik. Netmusik a été le premier site de musique au Quebec. Le premier qui permettait le telechargement de fichier sonore(avec entre autre l’empire des futurs stars et aussi des extraits de Dehors Novembre). Premier qui diffusait des video en ligne avec son webzibe Decibels(des entrevues avec Cafeine et WD-40 entre autres) et la premiere boutique en ligne qui distribuait les disques de Local. Netmusik a depuis disparu, mais avait fortement contribué a l’époque a de nombreuses operations avec la SOPREF. Je tiens juste a le preciser car il semble que ce soit tomber dans l’oublis et aussi certaines choses fausses ont été dites. C’est triste pour la SOPREF mais j’ai confiance en des individus comme Jean-Robert et d’autres pour arriver avec des idées nouvelles pour faire évoluer la scene musicale independante….

  • Francis
    28 août 2009

    C’est Nicolas Bouchard, et non Benoit. Tir Groupé existe probablement toujours, mais est au ralenti depuis la faillite de Cargo, époque ou justement, c’était un label maison du distributeur (TG n’était pas que distribué, les bureaux de TG étaient chez Cargo).

    Dans la foulée du gros cash ramassé par les ventes d’Offspring, Cargo a voulu s’ouvrir à autre chose que la distribution (même s’ils avaient aussi été un label dans les années ’80) et ont lancé environ 4 ou 5 labels en plus d’ouvrir un studio (je ne suis même pas certain que ça c’est finalement concrétisé, la faillite étant arrivée trop vite). Bref, Cargo voulait devenir un espèce de gros trucs tentaculaire ou la distribution ne serait qu’un des aspects. Tir Groupé à été incorporé dans ce plan et était un de ces labels (le label franco, quoi) et Grim Skunk était sur un autre de ces labels dont je ne me souviens plus du nom. Bref, ce n’était plus que de la distribution, mais aussi un gros trip mégalo qui a précipité la faillite de Cargo Canada (Cargo existe toujours aux USA et en Angleterre).

    Ceci dit, Tir Groupé existait avant cette alliance et c’est probablement à ce moment qu’il a été le plus important, notamment avec la compil Lachés Lousses.

    Par ailleurs, l’idée que les Bérus marque un espèce de départ pour l’esprit punk et DIY au Québec est un peu une légende urbaine. Il y avait plein de trucs avant. C’est juste que les bands chantaient en anglais (même si souvent une partie des membres étaient francos). Le public dans les shows et le monde qui s’impliquaient dans la scène étaient environ moitié anglo, moitié franco. C’était vraiment bilingue comme scène, sauf que ce qui en sortait était souvent en anglais (fanzines, affiches, paroles). Les Bérus ont surtout permis une prise de conscience du fait français et ont montré la possibilité de faire les choses en français. Dans un sens, ça été un bonne chose, mais ça aussi un peu séparé la scène en deux. Avant, c’était beaucoup plus mélangé.

    En tout cas, je m’écarte un peu, là!

    Ciao!

  • PierreBG
    28 août 2009

    Non seulement c’est un bon article mais en plus j’en apprends sur plein d’affaires dont ma job. Si c’est tu pas merveilleux.

    Merci SImon et Francis de ce beau partage! ;)

  • PIERRE COTE
    28 août 2009

    « …Netmusik a été le premier site de musique au Quebec. Le premier qui permettait le telechargement de fichier sonore(avec entre autre l’empire des futurs stars et aussi des extraits de Dehors Novembre). Premier qui diffusait des video en ligne avec son webzibe… »

    Frank, m’aurais-tu oublié :-)

  • Capitaine Rock
    29 août 2009

    Pas Benoit Bouchard, mais bel et bien Nicolas Bouchard. Indica commence vers 1994. Il faut pas oublier MPL et ses diverses antennes alternos, dont le Pollywog
    Ceci dit, Il faut souligner qu’avant BAP, il y avait Rock Envol à Tadio-Canada pour contrer un peu l’Empire des Furturs Stores. et tous les partys de lofts où j’ai vu Jean-Robert comme claviériste dans plusieurs bands, et beaucoups de bands punks et hardcore, New Wave, dont Terapi, Heaven 17 ( le band Montréalais punk), dont les membres seront Rational Youth ou Men Without Hats, etc… L’histoire alternative en français et en anglais est finalement un énorme gruyère à Montréal, et ailleurs.
    Merci à La Sopref, même si elle a surtout agit quand je n’étais plus actif à CIBL et ailleurs.

  • Eric Parazelli
    29 août 2009

    C’est vrai Frank, Pierre a raison, le premier webzine alternatif et multimédia a été Cyberblack et j’en étais. Une expérience visionnaire et commanditée en plus, en 1995!!

  • Francois Nadeau
    29 août 2009

    netmusik a ete creer avant Cyberblack…

  • Simon Jodoin
    30 août 2009

    Mea Maxima Culpa… Francis et Capitaine ont totalement raison…

    Nicolas Bouchard, oui, et non Benoît! :-)

    Mélangé avec un député fédéral là là là… :-)

    S.

  • Simon Jodoin
    30 août 2009

    Et deux trois cossins que j’aimerais ajouter à la discussion.

    Perso, je ne connaissais pas Cyberblack… Honte à moi, mais si cette aventure commanditée par Black Label a bel et bien commencé en 1995, tel qu’on peut le trouver ici et là sur le web, il semble effectivement que c’était antérieur à Netmusik. Les premières pages archivées de Netmusik sont de novembre 1996:

    http://web.archive.org/web/*/http://netmusik.com

    Mais le nom de domaine aurait été enregistré un an avant, soit en septembre 1995.

    Quoi qu’il en soit, certes, il y aurait bien plusieurs détails à ajouter pour faire la cosmogonie de l’univers alternatif/émergent/DIY au Québec… J’en aurais aussi quelques uns à placer… Il faudrait parler de CIBL, de Cabaret Neige Noire qui a influencé pas mal de monde… Du Chic Resto Pop aussi, qui a été l’incubateur de Faites de la Musique et, ainsi, des Francouvertes…

    Mais bon, ce texte tire déjà dans les 1800 mots et s’intéresse à la naissance et à la mort de la SOPREF qui, selon mon humble point de vue, se situe bel et bien dans la trame et la continuation de Faites de la Musique.

    En passant @ Paraz… Je n’ai certainement pas la prétention de pouvoir écrire seul l’histoire de la scène locale/alternative/émergente au Qc… Sans doute qu’une collaboration serait de mise… Et mon petit doigt me dit que quelques intervenants dans cette discussion pourraient y prendre part.

    Aussi, @ Francis… Pour ma part, je n’affirme pas que les Bérus sont un « point de départ » mais bien une « influence », donc sur quelque chose qui était déjà commencé. Il me semble qu’on peut certainement affirmer, sans exagérer, que cette influence a été indéniable et qu’elle se vérifie encore aujourd’hui.

    @+

    S.

  • Francis
    30 août 2009

    @Simon
    Oui, tu as totalement raison pour Béru. Une influence et aussi un espèce de nouveau départ ou en tout cas, de réorientation. J’ai précisé ça car souvent les gens pensent qu’il n’y avait rien avant et que Groovy Aardrvark ou Grim Skunk ont été des espèces de pionniers alors qu’ils étaient en fait des brillants descendants d’une scène qui existait bien avant eux.

    Par ailleurs, wow, je connais tout le monde ici il me semble. Je suis Francis qui bookait aux Foufs, s’occupait de Monsieur Toad et travaillait pour Greenland au début des années ’90. J’étais d’ailleurs au lancement de Cyberblack quand Monsieur Toad ont joué devant Réjean Houle!

    Alors salut Capitaine Rock! Je me demandais d’ailleurs si t’étais encore vivant!

    Salut Pierre Côté aussi!

    Et salut mon beau Pierre B. Gourde!

    Fuck, l’Internet, y a-tu juste des vieux là-dessus?

  • Francois nadeau
    30 août 2009

    J ai commencer netmusik en septembre 1994 sur une page perso(ça s appelait déjà netmusik) . Le nom de domaine a été déposé bien avant septembre 1995.je pourrai fouiller dans ma paperasse .La date de fondation officielle est le 15 mai 1995. Anyway , c est du passé mais si jamais quelqu un veut écrire l’histoire de la musique sur l’Internet au Québec ..j ai de la documentation en masse..

  • Max
    1 septembre 2009

    Bref bref bref !!! Ma gang de vieilles croûtes!! Content de vous lire.
    Pour avoir travaillé sur le terrain au booking du Café Chaos et constater l’engouement de talents pour ensuite travailler live avec les « artisans » de la scène musicale québecoise au sein de la SOPREF de 1999 à 2003 , je désire affirmer que l’importance de la SOPREF a été de professionnaliser les pratiques de ces artisans et de leur donner confiance.
    Comme l’a dit Olivier R.L dans Le Voir: « la scène émergente est devenue une mini-industrie du disque capable de success stories ». Et je dirais même plus, elle a permis de donner un renouveau à l’industrie du disques et de créer des emplois intéressants à des gens plus marginaux que la moyenne dans un domaine, ma foi, des plus palpitants.
    Merci J-Bob de m’avoir donné la chance de travailler avec toi, de m’avoir coacher et aussi de ta confiance en mes idées utopiques parfois bonnes parfois éparpillées…
    Max

  • Eric Villeneuve
    1 septembre 2009

    Bonjour messieurs.

    Où et à qui puis-je prépayer ma copie officielle de:
    L’histoire de la scène locale/alternative/émergente au Qc tome I ? (dans le sens de message d’encouragement)

    Ça représente une job de moine mais
    comme tout est relativement frais, avec
    la majorité des intervenants encore en vie,
    je suis convaincu que vous pourriez
    faire une maudite bonne job.

    En espérant que vous trouverez un jour le temps et
    la motivation d’entamer tout ça (sans sarcasme).

    Merci à vous-autres pour toute l’information
    de la discussion ci-haut.

    Eric

  • Francis
    1 septembre 2009

    Je crois que ça vaudrait la peine de faire un livre juste sur l’histoire du terme «émergent».

  • melayne
    29 avril 2011

    bonjour,

    je vois que certains parlent en connaissance de cause de Nicolas Bouchard, savez-vous comment le contacter? je voudrais écrire un article sur son zine « Comme un boomerang » dans mon blogue sur les zines musicaux http://qualitystreetzine.blogspot.com

    merci

CHRONIQUES

Le petit tavernier
Sunny Duval
Le Bureau
Mon chat s'appelle Paul Sarrasin
Patrick Dion
Tirer une conclusion puis sa révérence
Tout le monde est ego
Guillaume Déziel
Psy & Gangnam Style : l’attitude Creative Commons ?
Mon chat s'appelle Paul Sarrasin
Patrick Dion
Le creux des vagues, une chronique psychiatrique