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Reportages et entrevues

Dumas : de retour sur Terre

Dumas : de retour sur Terre

Julie Ledoux
4 janvier 2010

Bien que la dernière année fût productive à souhait côté studio pour Dumas, l’auteur-compositeur-interprète brûlait de retourner fouler les planches du National, pour offrir à son public une nouvelle gamme de chansons voyageuses et affinées. Bang Bang était là, une quinzaine de minutes avant le spectacle du 29 décembre 2009, rue Sainte-Catherine à Montréal, par un froid sibérien…

Comment se passe le retour à la scène?

Ça va bien en fait, mais c’est spécial! On s’est aperçu que la dernière série de spectacles (ndlr : série de quatre spectacles au National) remonte à deux ans, jour pour jour. C’est weird, j’ai plein de souvenirs ici. En même temps, c’est beaucoup de nouvelles tounes, des tounes réarrangées… Ça faisait longtemps que je n’avais pas joué ici, je recommence à m’habituer à la salle, je retrouve mes p’tites habitudes backstage. C’est vraiment spécial pour moi ici. C’est cool aussi de faire une série.

Tu aimes faire des séries de spectacles pendant les Fêtes?

Ouais ben c’est peut-être la quatrième fois! C’est un peu un adon, ça a commencé y’a peut-être quatre ans, puis j’ai vraiment aimé ça parce que c’est un peu comme une résidence. Musicalement, c’est vraiment cool parce que ça te permet de travailler le show, de changer chaque jour et quand il y a de quoi qui marche moins bien, tu peux le réajuster tout de suite. Tandis que si le show est comme dans deux semaines, t’oublies.

Est-ce que vous avez déjà des ajustements à faire?

Déjà, oui, parce qu’on est en train de monter le show, au niveau de l’éclairage, du son et tout. Le show ce soir (NDLR : le 29 décembre 2009) est déjà vraiment différent de celui qu’on a fait y’a deux jours de ça. On travaille même l’après-midi, mais y’a rien qui vaut de jouer devant le monde. Ça dit la vérité.

Est-ce que la réponse est bonne? Le public, c’est ton test surtout après un long stretch en studio, non?

Oui, justement. Le public répond bien, ça m’a surpris, surtout hier! Tu vois, les séries, c’est vraiment bien pour ça : le premier soir, le public connaissait moins les nouvelles chansons, hier soir vraiment bien et ce soir, je sais pas, ça me surprend à chaque fois! J’me rends compte que les gens chantent des bouts auxquels je ne m’attendais pas! À chaque fois, c’est cool parce que tu ne peux pas provoquer ça, c’est le monde qui décide.

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Maintenant que ton «vrai album» est sorti, es-tu content? La réponse est bonne encore une fois?

Ouais, j’suis content! J’suis content du disque. Mon but, dans le fond, c’était ça : faire des mini-albums, puis arriver avec de quoi de concis. Quarante minutes assez homogènes. Je suis content de l’avoir fait et après, même si l’album (NDLR : Traces) a terminé le projet, pour moi ça continue toujours, dans le sens qu’il y a beaucoup de matériel qui a été fait, qui n’est pas sorti. Il va y avoir une suite à ça, par le site internet. Probablement qu’on va en donner beaucoup là-dessus, à partir du prochain mois.

 As-tu une phase préférée dans tes quatre opus Nord, Rouge, Demain et Au bout du monde?

Mes deux préférés c’est Nord, le premier, parce que c’était vraiment une cassure avec ce que j’avais fait avant; puis, le dernier, Au bout du monde, parce que ça a donné un disque pour lequel si je ne m’étais pas imposé cette démarche-là, de rester en studio, Au bout du monde n’aurait probablement jamais existé. En plus, c’est vraiment les deux opposés, le nord et le sud. Y’a beaucoup d’éléments d’Au bout du monde qui sont dans le show aussi. Ça c’est cool aussi pour moi : Traces est fini, mais c’est cool de jouer les tounes en show maintenant. Ça faisait longtemps, ça me manquait!

Le spectacle? La scène?

Oui, ça me manquait. Je suis content aussi de le travailler ici, au National. Sur le stage, c’est vraiment cool pour les musiciens.

Vous êtes la même gang qu’avant?

Oui, à part à la basse c’est Alexandre Dumas maintenant, qui était là avant y’a longtemps et qui est revenu pour la tournée. Ce qui est cool aussi, avec le National, c’est la proximité du monde, de la foule. Le monde est concentré, la salle n’est pas trop large, on voit bien même en arrière; au niveau de l’énergie, c’est vraiment cool.

Faites-vous encore un sprint dans la salle comme la dernière fois? (NDLR: Lors de la dernière série au National, au cours du rappel, Dumas et quelques musiciens déguisés faisaient un sprint en partant de l’arrière de la salle jusque sur la scène. L’effet était surprenant.)

Ah, t’étais là! Non, on ne refait pas ça, mais il va y avoir d’autres surprises! On a des trucs de prévus, mais la mise en scène est en travail en ce moment. Donc, qui sait? De show en show, ça change. Le show de ce soir est déjà pas mal différent de ce qu’on aura pu voir hier. On veut se garder libre de changer ça chaque soir.

As-tu un rituel avant de rentrer en scène?

Là, tu vois, je viens d’arriver. On est allé manger. On a pas mal toujours le même rituel, t’sais, au National! Là, je reviens dans la loge, je joue un peu de guitare jusqu’à tant que la première partie commence. Je joue de la guitare pour le fun en attendant, dans les coulisses. Puis, quand la première partie commence, je me change, je mets le suit de scène pour me mettre un peu dedans. Là, ensuite, on est juste le band puis on parle du show, ce qu’il ne faut pas qu’on oublie, ce qu’on doit faire, etc.

Avez-vous un signe? Une poignée de main secrète?

Hmmm…. C’est comme le classique : se taper dans la main, une p’tite tape dans le dos, tous les quatre musiciens. On se dit «Let’s go, bon show!». C’est tout le temps pas mal le même rituel. D’habitude, on monte et on attend ici (NDLR dans la loge du haut, au même niveau que la scène). C’est comme la zone tampon ici! Donc on attend un p’tit deux-trois minutes ici, puis on y va!

Dumas a complété une série de quatre spectacles au National, mais il reviendra en ce même lieu, pour votre bon plaisir, du 21 au 23 janvier 2010.

dumasmusique.com

Photos par Emilie TheVoice.

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