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Reportages et entrevuesDramatik : PsyrapnanalyseAndré Péloquin18 novembre 2009
…ou la petite histoire d’une Boîte noire retrouvée une vingtaine d’années après sa création. L’Elizabeth est un petit casse-croûte haïtien qu’on retrouve au coin des rues Blaise-Pascal et Armand-Bombardier à Rivière-des-Prairies. Coincé entre un caffè et une succursale de Quebecor World, le petit commerce vibre au son des conversations animées des passants italiens et des « beep, beep, beep » des camions de livraison. À l’intérieur de l’Elizabeth, on retrouve autant une photo encadrée de Martin Luther King qu’une affiche de Dramatik, rappeur que le grand public a tout d’abord connu en compagnie d’Imposs et J. Kyll au sein du collectif Muzion. Le grand gaillard sort justement de la cuisine.
Après une première ronde d’entrevues à propos de son premier compact solo, Drama a bien voulu nous recevoir dans un lieu aussi intime que personnel pour nous révéler le contenu de sa Boîte noire. « La Boîte noire, c’est dans ma tête, c’est le « crash » de mon enfance, c’est des choses dures que j’ai vécues. C’est aussi mon bégaiement. C’est quelque chose que tu ne peux pas comprendre. » Et pourtant, ce bégaiement pourrait presque être considéré comme une force pour cet artiste. Alors que ses propos sont aussi fluides que fielleux lorsqu’il rappe, Dramatik bégaie comme un DJ ferait du « scratching » : alors que l’aiguille dérape sur les sillons, Drama hésite ou répète pour souligner, voire rythmer les mots. Le fil des idées, lui, va toujours de l’avant. « La Boîte noire permet de me décoder. Le rap, c’est mon filtre. C’est ce qui permet de me faire comprendre. » « Quand tu veux de la vérité, je record dans le booth » – « 40 Barz » Pendant ce temps, la mère de Dramatik sert quelques clients.
« Je suis le commandant. Tu peux pas me suivre, même sur Twitter. » – « 40 Barz » À titre de membre de Muzion, Dramatik a endisqué deux compacts distribués par un « major », foulé les mêmes scènes que NTM et Wyclef Jean et a été récompensé d’une flopée de prix (album francophone hip-hop de l’année» au gala de l’ADISQ en 2003, artiste hip-hop de l’année au gala MIMI’s de 2000, etc.). Puis, plus rien. Sauf quelques apparitions-surprises (une pièce enregistrée à la mémoire de Joe BG, une collaboration ici et là, etc.) Dramatik semblait porté disparu. « J’ai fait exprès de tirer sur la plogue de mon personnage Dramatik. C’est pourquoi j’ai limité les « featuring » et évité les « mix tapes » et trucs du genre. Je voulais m’assurer qu’on aimerait ce que j’allais produire par la suite pour ce que c’était et non pas parce que c’est un disque de Dramatik-de-Muzion. C’est comme dans Rocky IV. »
« T’as p’t’être du potentiel, mais t’es pas prêt » – « L’Épopée » Bien sûr, alors que Dramatik préparait son retour, la scène hip-hop québécoise a été prise d’assaut par des rappeurs plus électro-ironiques qu’urbains et plus médiatisés que ghettoïsés. Alors que certains crient au scandale ou parlent de clivage, Drama préfère relativiser. « Ce n’est rien de nouveau, explique-t-il, c’est comme y’a des années au Québec, quand les chanteurs folk comme Paul Piché se sont mis à faire du folk plus pop. Faut s’adapter. C’est comme ça partout. J’ajouterais aussi que c’est tant mieux, car tout le monde y trouve son compte. » Dramatik ajoute ensuite qu’il a découvert son genre de prédilection « back in the day » en buvant les paroles de Public Enemy, Biz Markie et de Slick Rick. Des artistes parfois « gangsta », mais aussi festifs que conscientisés. Des points de repère qui, vingt ans plus tard, seraient perdus au fil des années.
« Mon Zion, c’est le lieu ou tu vas m’retrouver » – « Mon Zion » Bien qu’on imagine Dramatik fort occupé alors qu’il planche sur le booking de ses prochains concerts, bosse sur le scénario d’un dessin animé (oui, oui !) et qu’il échafaude une conférence destinée aux jeunes, on ne peut contenir la question suivante plus longtemps.
La Boîte noire (7e Ciel) est présentement dans les bacs.
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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
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