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Reportages et entrevues

Burning The Oppressor : la trentaine allumée

Burning The Oppressor : la trentaine allumée

Yanick Klimbo Tremblay
22 mai 2012

La trentaine est souvent synonyme de convention, de courbettes, de conformisme et d’une bonne dose de calme. La vie en couple s’installe, le boulot prend place de façon routinière et pour certains se greffent quelques enfants avec cette dynamique. Il n’y a rien là pour bien des communs, plus spécialement les hommes qui ne s’inquiètent que de manquer de bière un samedi soir tandis que la bedaine qui vient avec n’inquiète plus et la perte de cheveux sur le caillou est loin derrière les priorités angoissantes. La passion musicale peut prendre le bord aussi. Lorsque tu continues de faire de la musique de façon indépendante passé la trentaine, c’est une passion vivifiante. Un loisir plus que l’ambition de brûler les planches sur les scènes mondiales car avec les responsabilités de la vie adulte, la création artistique demeure ludique.

Le groupe Burning the Oppressor se fond bien à ce genre de moule. Né de la fusion musicale de quelques membres des formations Sight Slave et Armory of Justice, ce groupe allie passion métallique avec responsabilités quotidiennes. En ce qui concerne la sonorité du groupe par contre, le chanteur Jean-Feu me confirmait que les membres du groupe carburaient au métal groovant de formations comme Pantera et Hatebreed tout en respectant l’éthique du travail précis des guitares. En écoutant leur toute nouvelle galette (disponible depuis le 18 mai), je me suis bien rendu compte qu’il avait raison car musicalement, le groupe offre un amalgame musical qui met dans un coin le côté vivifiant et brut de la troupe de Jamey Jasta et dans l’autre, la facette très acrobatique, dans l’exécution des guitares, d’un Lamb of God.

Avec un premier album en main, Burning the Oppressor peut se vanter d’avoir produit une collection de 10 chansons enivrantes qui combinent la fougue du hardcore métallisé et la précision du métal plus classique. Réalisée de façon indépendante, et ce à tous les niveaux, la troupe peut s’estimer chanceuse de pouvoir compter parmi ses membres un enseignant en musique qui possède sa propre école, en plus d’y trouver tous les gadgets et autres équipements nécessaires à la production d’un album. Fait maison sans l’aide d’un réalisateur réputé, cet album, qui porte le nom de The Ignition, n’a rien à envier à ce qui se fait mondialement tant le travail fut peaufiné. En prenant bien leur temps, c’est-à-dire un peu plus de deux mois, le groupe a pu se concentrer sur l’album sans le stress offert d’un studio dispendieux ou d’un producteur onéreux.

Avec un nom de groupe qui surprend et des titres de chansons décapantes, il est évident que le groupe a tenté de marier la sonorité de leurs pièces avec la représentation qu’il offre sur papier au niveau des textes. Jean-Feu me parlait de sa plume qui n’est pas très tendre envers l’élite politique tant régionale que mondiale. En analysant les paroles ou même les titres qui ne sont pas des hymnes à la fête, on remarque qu’il n’est point jovial envers l’électorat et très acerbe envers tout ce qui touche le transfert d’enveloppe brune ou les échanges de billets verts…

Vigoureux musicalement, le groupe promet malgré une propension à garder le tout très local et amical. Même s’il propose un métal qui pourrait plaire à grande échelle, les membres du groupe demeurent très terre à terre sachant qu’ils ont un produit intéressant mais n’étant pas prêts à tout laisser ce qu’ils ont pour sillonner les routes de l’Amérique du Nord entassés comme des patates dans une camionnette louée, le groupe estime qu’il doit être maître chez-lui !

L’album The Ignition est maintenant disponible et Burning the Oppressor fera partie de la programmation du Rock Fest de Montebello le 16 juin dès 13h!

www.burningtheoppressor.com

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