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Reportages et entrevues

Blue Skies Turn Black : Le ciel nous tombe sur la tête

Blue Skies Turn Black : Le ciel nous tombe sur la tête

Stéfane Campbell
3 février 2010

Prenez deux jeunes anglophones montréalais, ajoutez-y un amour quasi obsessionnel du rock et un brin de désenchantement devant le peu de diffusion de la chose et vous obtenez à peu près l’équation qui a vu naître Blue Skies Turn Black. Tout cela au tournant du millénaire. Principalement à titre de label pour certaines formations d’ici à ses débuts (Dirty Tricks, Kiss Me Deadly), puis devenu au fil du temps l’un des promoteurs de concerts les plus investis de la scène indé de la métropole, BSTB célèbre donc dix années de loyaux services cette année. De quoi célébrer.

Et c’est exactement ce que Meyer Billircu et Brian Neuman – les deux têtes dirigeantes de l’aventure – et leurs complices comptent faire, trois fois plutôt qu’une, les 25, 26 et 27 février prochains au Il Motore. « Ce sera une belle et grande fête. Nous travaillons pour réunir des artistes de toutes les disciplines : photo, art visuel, sérigraphie, musique; nous voudrions réunir les affiches d’anciens spectacles, revoir les groupes avec lesquels nous avons travaillé et même certains qui pourraient se reformer pour l’occasion. Nous savons déjà que North of America – le premier groupe que nous avons booké de notre histoire – sera de la partie… », nous dit Neuman, sans vouloir trop en dire. Eux et quelques autres : The Besnard Lakes, Shapes & Sizes, Grand Thrine, Black Feelings ainsi qu’une douzaine de formations ont déjà été annoncées. En plus des surprises de mise pour le type d’événements…

Bilan skies turn black…

Bien sûr, l’anniversaire entraîne l’heure des bilans. Fin observateur des nombreuses mutations de la scène musicale made in Montreal depuis plusieurs années, le jeune homme constate l’explosion des lieux de diffusion dont la cité a su bénéficier : « Il y avait si peu d’endroits quand on a commencé. C’est clair qu’à travers les années, on a vu naître une panoplie de nouvelles salles. Alors qu’il y a dix ans, il y avait le Barfly, le Jailhouse et le Café Chaos. Disons que ça facilite les choses pour les groupes locaux qui ont beaucoup plus d’options. Et ça amène beaucoup plus de musique d’ailleurs à Montréal, ce qui est bénéfique pour tout le monde. »

Une carence de salles qui était d’ailleurs à l’origine des premiers pas de l’entreprise. « On voulait voir les groupes qu’on aimait. Et je me souviens qu’à une certaine époque, on ne savait parfois même pas comment se rendre aux endroits où les concerts avaient lieu tant l’information était mal diffusée et les lieux étaient improbables… C’est ce qui nous a amenés à vouloir organiser des concerts. À des endroits faciles d’accès et avec une promo adéquate. » Bien qu’un hobby au départ, le tandem a vite cru bon de fonder le label Blue Skies Turn Black pour endisquer quelques-uns de ses amis.

Mais éventuellement, les spectacles ont pris le dessus. Et les groupes sous contrat se sont dissolus – « et c’est beaucoup plus excitant de se concentrer sur les spectacles. »

Du Barfly à l’aréna Maurice Richard…

Et d’un concert au prochain, les salles ont grossi, le public s’est montré toujours plus assoiffé, les cieux se sont assombris : « Les souvenirs les plus marquants sont sans aucun doute lorsque nous atteignions un nouveau seuil de grandeur. Notre premier spectacle était au Barfly il y a dix ans et nous avions rempli la salle au-delà de la capacité… 180 personnes s’étaient pointées. Et puis il y a eu le concert de Unwound qui fut notre premier à la Sala Rossa. Et le plus gros à ce jour : Arcade Fire à l’aréna Maurice Richard. De voir une aussi grosse production autour d’un groupe qu’on a littéralement vu grandir sous nos yeux, ce sont des moments très intenses… »

Incidemment, les « coulisses du pouvoir » se sont révélé sous leur vrai jour : « C’est étrange par moments de constater que plus les productions sont grosses – donc que les affaires vont bien – moins on a de contact direct avec les groupes. Ça devient vraiment le business, on doit passer par une tonne de gens avant d’arriver à l’artiste directement. Et ce si l’on s’y rend. J’étais bien loin de penser que ça allait devenir comme ça un jour, surtout dans le monde de l’indie rock. Plus le genre prend du gallon, plus le sentiment de camaraderie perd des plumes. Et moins tu te sens près du motif à la source de ce pourquoi tu es là… C’est un drôle de feeling. »

Aussi, l’inévitable question bien de chez nous : est-ce que les deux solitudes tendent à se rencontrer sous le firmament noirci? « J’aimerais penser que oui bien que ce soit difficile à jauger. Nous invitons des groupes de partout à travers le monde sans égard à la langue vraiment donc je suppose que nous attirons une foule tout aussi hétéroclite et qui ne fait pas nécessairement grand cas du fait que le groupe s’exprime en français, en anglais ou n’importe quelle autre langue… Nous cherchons surtout à faire venir des groupes que les gens voudront voir, sans préjugé défavorable. » The show must go on.

Et le premier gig à vie de BSTB? Une projection de film. Oui, de film.  Un documentaire retraçant dix années à suivre le groupe Fugazi, Instrument : « On voulait vraiment le voir et il n’y avait aucune projection de prévue pour Montréal… On s’est dit qu’on devrait en organiser une. Et c’est suite au succès de l’événement qu’on a réalisé que l’on pouvait le faire… » Une histoire qui s’écrit toujours.

10e anniversaire de Blues Skies Turn Black:

25 et 26 février au Il Motore (179 Jean-Talon Ouest)

Parmi les invités: No Joy, Snailhouse, Adam and the Amethysts, Little Scream (avec Becky Foon), Shapes & Sizes, Black Feelings, Grand Trine, Ultrathin Tonstartssbandht, Special Noise et plusieurs autres.

Cliquez ici pour avoir plus de détails.

Un commentaire
  • Yanick Klimbozzo Tremblay
    4 février 2010

    Oui, et on le voit derrière sur le poster, BSTB a produit souvent ISIS, gracias!!!

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