![]() |
Le petit tavernierC’est si plaisant, revisiter un endroit, encore et encore. Connaître peu à peu tous les employé-es, le patron, les prix, les habitués, l’odeur des produits nettoyants dans la salle de bain. Certaines personnes vont toujours au même bar, par habitude, par fidélité. Dans mon cas, ça va par période. J’aime pas la routine, alors j’ai été et suis encore l’amant de plusieurs endroits. C’est plus fort que ma gueule. Je suis une bière qui roule de mousse en mousse, bébé. J’ai beaucoup, beaucoup fréquenté l’Esco jadis, plusieurs soirs par semaines, pendant plusieurs années. Avant l’Esco, à partir de mon arrivée à Montréal en 1995, il y a eu les Bobards, le Barouf, le Quai des Brumes, le Boudoir, l’Inspecteur Épingle, surtout eux. À partir de ’99, j’étais partout, et surtout à l’Esco. Des points de vue objectif et subjectif, je peux dire non sans fierté que mes potes et moi avons amené beaucoup de gens à fréquenter l’endroit au fil du temps. «Hé on va à l’Esco, tu connais? Viens! » I’ve heard it from a friend of a friend of a friend, comme on dit. J’y retourne à l’occasion, mais comme j’ai tendance à appartenir à plusieurs bandes à la fois, et que ces bandes se croisent mais ont toutes leurs propres quartiers généraux, j’ai peu à peu migré vers l’Est. De Christophe-Colomb/Mont-Royal à Messier/Marie-Anne, au métro Viau. Le Triangle des Bermudes, ça me coûte maintenant $20 de taxi, quand j’ai pas envie de faire 7 kilomètres de vélo à 3h30 du matin. Faut que je cache un 20 dans une poche moins utilisée de mes jeans pour être sûr de pas le dépenser et pouvoir retourner dans ma douce demeure lointaine au milieu de la nuit. J’habite beaucoup plus loin qu’avant mais je garde bien sûr quelques ports d’attaches près de la montagne, par exemple sur les rives de la rue-fleuve, la jolie/laide/brillante/conne rue St-Laurent. J’ai tendance à éviter cette rue du jeudi soir au dimanche matin entre Sherbrooke et Rachel à cause de sa faune qui se croit chic et branchée (quelle invention de merde, cette expression) et/ou celle qui se torche la face en talons aiguilles et mèches + t-shirts avec des motifs argentés, casquettes et chaînes au cou, à coups de breuvages trop sucrées et bières légères à te sécher la cervelle. Vous me verrez pas là, sauf pour une étude sociologique (des fois ça divertit son tavernier) mais je vais rester soixante minutes MAXIMUM avant d’aller me réfugier dans une taverne plus loin. Et bien, sur ce tronçon de St-Laurent on trouve deux tavernes : le Barfly, dont l’adresse est 4062. (Lire ceci.) Le Barfly semble épargné par les foules tapageuses et autres m’as-tu-vu, avec raison. PERSONNE ne va au Barfly pour se faire voir. On y va pour se saouler tranquille dans un endroit sombre et puant l’alcool en écoutant de la bonne musique avec de sympathiques ivrognes, voilà. L’autre taverne s’appelle le Bifteck (située au 3702, en plein dans l’action traumatisante de la rue). La fin de semaine, ça se transforme en grand bar sur deux étages remplis d’universitaires qui crient et calent des pichets. J’aime moins. Sur semaine par contre, c’est un joyau de rez-de-chaussée rempli de pop corn, de billard, de bière pas chère, de punk rock qui réchauffent l’âme. On est bien en câââââlisse. Viens! *** 2 août 2012, j’y suis, seul avec moi, à lire, écrire, contempler béatement la simplicité du bonheur. Je me prends pour un poète qui lit dans les flaques de condensation et de bière sur sa table. BIFTECK Plancher carrelé Super ventilé Terrasse estivale Chaleur Anglo faune Grands bocks grands Olympiques télévisées Du bois partout Si on veut pas J’aime cet endroit ***
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire
|
![]() ARCHIVES
NOUVELLES DU JOURCHRONIQUES
12 septembre 2011
« Winnipegisation » de Montréal? |