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L'abominable homme des consLe débat sur la fête nationale revient annuellement au sein de la scène locale alternative du Québec. En effet, nous sommes nombreux à trouver pour le moins bizarre que les spectacles à grands déploiements censés célébrer notre culture nationale soient si peu au goût du jour pour la vaste majorité des jeunes mélomanes avides de son nouveau et consommateurs de culture actuelle. On nous propose le plus souvent une sorte de grand spectacle de variété, bien en phase avec la radio fm somnifère où on entonne de vielles rengaines d’antan, un peu comme on chante des cantiques usés pendant les fêtes de Noël. Il arrive bien qu’on tente d’épicer le tout avec un peu de Xavier Caféïne par-ci, ou un peu de Karkwa par-là, mais la sauce est tellement fade que ces grains de sels ne parviennent jamais à rehausser la saveur… Le public alternatif reste ainsi toujours sur sa faim devant un menu où on lui propose de chanter, encore, un Québec et une nation, qui ne lui ressemble plus. Ceux qui recherchent un peu de différence, se rabattent donc sur les fêtes de quartier où les artistes alternatifs se produisent le plus souvent. Or justement, dans Rosemont, cette année, l’équipe de C4 production mise un grand coup en proposant une sorte de Off Saint-Jean… Ils ont concocté un spectacle au titre sans équivoque; L’Autre Sain-Jean, concept imaginé par Maryline Lacombe et animé par MCGilles. On pourra y voir Malajube, Les Dales Hawerchuk, Marie-Pier Arthur et Vincent Vallière, mais aussi un artiste et un groupe qui s’expriment dans la langue de Shakespeare : Bloodshot Bill et Lake of Stew. Bref, un menu tout à fait branché sur la culture Québécoise telle qu’elle se présente et qu’elle rayonne de par le monde actuellement… Attends-là, le gros… Tu as bien dit des anglophones? Eh oui…Et c’est tant mieux. J’entends déjà les Patrick Bourgeois et les Gilles Rhéaume de ce monde se déchirer les poumons pour crier au scandale et essuyer leurs larmes dans leurs drapeaux (déjà pas mal humides)… Mais attendez un peu… On parle bien de « l’autre » Saint-Jean non ? « Autre » comme dans alternatif… Or ce concept n’est pas que musical. Quelque chose comme une idée alternative de la nation pourrait très bien exister, serait même souhaitable, et ressemblerait sans doute plus à l’idée que les jeunes d’aujourd’hui se font de leur mère patrie… Pour Pierre Thibault, directeur de C4 production et initiateur du projet, les groupes et artistes anglophones -et plus encore les citoyens anglophones du Québec- sont fondamentalement Québécois et doivent être inclus dans l’idée de nation qui est à la base d’une célébration nationale. Cette collaboration entre anglophones et francophones se veut donc une sorte de statement politique : s’il est désormais possible de stimuler et promouvoir des échanges entre ce qui était naguère deux scènes musicales distinctes qui ne se rencontraient jamais, il doit être aussi possible de travailler ensemble à divers projets de société, à une culture comprise au sens large du terme. Après tout, ce genre de collaboration se vérifie quotidiennement dans le travail des artistes. Les exemples pullulent et je les ai personnellement répétés jusqu’à plus soif. La vaste majorité des jeunes maisons de disques et des producteurs de spectacles alternatifs (ou non) produisent désormais des artistes francophones et anglophones sans scrupules et leur travail demeure essentiellement et fondamentalement Québécois. Ils prennent part à notre culture locale, font vivre un réseau culturel alternatif partout au pays… Alors, pourquoi se fermerait-t-on les yeux sur cette réalité le jour de la Saint-Jean alors qu’elle est patente tout le reste de l’année? Pour McGilles, qui animera la soirée, cette collaboration est même un signe de santé collective : « On est tous Québécois… Si des anglophones ont le désir de se joindre à une célébration de la nation Québécoise, je trouve cela très sain. Et pourquoi devrait-on chanter uniquement en Français? Un peuple sain et fier de lui ne doit pas demeurer enclavé dans de vielles histoires. » Selon lui, l’inverse serait inquiétant : « il serait malsain que ces anglophones n’auraient que le désir d’aller célébrer la fête du Canada ou encore que de notre côté nous leur interdirions de venir fêter ce qu’ils considèrent être leur nation ». Même son de cloche de la part de Sylvain Séguin, chanteur des Dales Hawerchuk : « Si il y a des anglos, c’est tant mieux : c’est ça le Québec à c’theure, il faut vivre avec, on est quand même pas pour les crisser dehors. Il faut trouver une manière de vivre ensemble. Se ghettoïser ça ne donnera rien. On essaye quelque chose de nouveau, c’est peut-être le début d’un rapprochement. Si la musique peut rapprocher les deux c’est une bonne manière de voir ça. » Par ailleurs, ces trois travailleurs culturels se considèrent tous comme indépendantistes et aimeraient convaincre leurs concitoyens anglophones du bien fondé de leur projet et de l’importance de défendre et préserver la culture francophone du Québec, qui fait somme toute notre particularité en Amérique du Nord. Or pour ce faire, ce serait scier la branche sur laquelle on s’appuie que de les exclure. Au contraire, en acceptant les anglophones comme membres à part entière de la nation Québécoise, en se donnant le droit de célébrer ensemble dans nos langues respectives, nous pourrions éventuellement travailler sur un projet social commun. Est-ce que ce projet social sera nécessairement un pays ?… Peut-être… Et peut-être pas. Même s’il est indépendantiste, McGilles considère que c’est une erreur qui dure depuis des décennies de considérer que ceux qui font partie de la nation Québécoise, et qui pourraient la célébrer, sont uniquement ceux qui votent OUI lors des référendums ou encore PQ et Bloc lors des élections provinciales et fédérales : « peu importe ton option politique ou ta langue, si tu te considères comme Québécois et que tu en es assez fier pour avoir envie de célébrer ce jour-là, tu fais partie de la fête ». Artiste anglophone qui participera à cette célébration, Bloodshot Bill trouve très cool qu’on lui aille demandé d’être un des premiers à célébrer la fête nationale du Québec au sein d’une mixture anglophone et francophone. Selon lui, les anglophones comme les francophones ont envie de fêter leur nationalité Québécoise et travailler ensemble ne peut qu’être une bonne idée. Cela aurait dû être fait depuis longtemps et il est vraiment bête de vouloir séparer les deux réalités culturelles du Québec : « Tous et chacun, peu importe leurs langues, devraient être aptes à célébrer et prendre part à leur fierté nationale… Je crois que cela signifie que des gens plus ouvert d’esprits sont désormais aux commandes». Bloodshot Bill n’est pas le seul à penser que cela aurait dû être fait depuis longtemps. Pour organiser ce spectacle, Pierre Thibault a contacté multiples maisons de disques et représentants d’artistes afin de mettre sur pied l’affiche du concert. Tous ceux à qui il a parlé étaient unanimes et enthousiastes : « le mot qui revenait le plus souvent c’était Enfin, il était temps que quelqu’un prenne cette direction ». Les membres de Lake of Stew abondent dans le même sens. Richard Rigby, fils d’une immigrante Italienne élevée dans la Petite Bourgogne et d’un père Irlandais dont la famille est établie ici depuis plusieurs générations, se considère à part entière comme Québécois, peu importe la langue qu’il parle et livre un intéressant témoignage en ce sens : « Dans les années 50, tout le monde célébrait cette fête Catholique ensemble, les francophones, les Italiens, les Irlandais. Jusque dans les années 60 quand les choses ont réellement commencées à changer. J’ai grandi dans Châteauguay et je me souviens quand René Lévesque a été élu. Alors que cela représentait la victoire de la révolution tranquille pour bien des gens, pour moi cela signifiait mes amis qui quittaient et mon père qui a perdu son emploi. Ça signifiait la loi 101 et des graffitis « Ici on parle français », « anglo go home » et « englishit »… La Saint-Jean Baptiste signifiait une fête où nous n’étions plus invités (…) Mon père Irlandais, qui avait grandi dans Verdun, n’avait jamais appris le français et à cause de cela il a été peu à peu mis de côté. À cette époque, la seule option pour les anglophones était un voyage sur la 401, mais à cause de ses profondes racines ici, il a décidé de rester. C’est seulement après que l’on m’ait appelé « frenchman » à Calgary, alors que j’ai montré ma carte soleil comme pièce d’identité, que j’ai réalisé que j’étais Québécois… J’ai habité à Toronto et mes amis me disaient : comment peux-tu être Québécois, t’es un anglo !… Comme si j’avais un ?%$ ? de portrait de la reine tatoué sur le cul. Depuis, je ne me sens plus chez moi nulle part ailleurs. Le Québec a sa propre culture, et la musique que je fais est tout à fait un produit de cette culture.(…) depuis quelques années, je note que les barrières se dissolvent (…) L’idée de construire une société fondée sur l’exclusion n’est plus une avenue» Voilà qui donne à réfléchir… Alors que la question de l’identité nationale et de la citoyenneté Québécoise ne cesse de tourner en rond au sein des mêmes vieux mythes perpétués depuis les 50 dernières années… Certes, l’Autre Saint-Jean n’est au fond qu’une fête de quartier de plus, mais en ce qui me concerne, cette initiative a l’effet d’un baume qui, peut-être, permettra d’envisager la question nationale sous un angle nouveau, trop longtemps négligé par ses principaux protagonistes… Il y a quarante ans, la population s’inspirait des artistes et des poètes et se reconnaissait dans leurs créations. Le refus global n’a pas été écrit par des bureaucrates et des politiciens, mais par des créateurs. La scène artistique était le reflet des aspirations du peuple et forgeait l’imaginaire qui permet de rêver à un projet social… Gageons que les choses n’ont pas tellement changées aujourd’hui et que ce spectacle proposé pour la Saint-Jean est porteur d’un message représentatif des aspirations de notre génération. Lire la suite : L’autre Saint-Jean : Bye Bye les anglophones.
18 commentaires
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NOUVELLES DU JOURCHRONIQUES
12 septembre 2011
« Winnipegisation » de Montréal? |
11 juin 2009
[...] collègue Simon Jodoin m’a devancé sur ce sujet alors je ne m’étirerai pas trop. Mais je vous témoignerai quand même l’enthousiasme [...]
12 juin 2009
‹‹ Même son de cloche de la part de Sylvain Séguin, chanteur des Dales Hawerchuk : « Si il y a des anglos, c’est tant mieux : c’est ça le Québec à c’theure, il faut vivre avec, on est quand même pas pour les crisser dehors. Il faut trouver une manière de vivre ensemble. Se ghettoïser ça ne donnera rien. On essaye quelque chose de nouveau, c’est peut-être le début d’un rapprochement. Si la musique peut rapprocher les deux c’est une bonne manière de voir ça. » ››
Je suis bien d’accord avec Sylvain Séguin lorsqu’il dit qu’on ne peut les crisser dehors et qu’on doivent cohabiter et se rapprocher, mais pourquoi est-ce que c’est aux francophones, tout le temps, de se rapprocher??
Pourquoi est-ce que ce sont les francophones qui chantent en anglais? Pourquoi est-ce que ce sont les francophones qui majoritairement tournent à l’anglais dans une discussion avec des anglophones à Montréal?? Pourquoi est-ce qu’à part Jim Corcoran, je ne connaisse pas d’anglos qui chantent en anglais?? Je suis désolé, mais il faut avouer que la langue anglaise a une tendance impérialiste et envahissante et qu’à terme, je suis désolé mais elle va nous engloutir.
Et puis il faut cesser de parler de deux solitudes qui cohabitent et ne se parlent pas. Ce sont plutôt deux entités: une immense majorité et une infime minorité en Amérique du Nord. C’est bien d’être ouvert aux autres cultures, mais dans le cas actuel, à Montréal, il n’y a que les francophones qui soient ouverts à l’autre culture. Les francos sont tellement ouverts que la plupart sont prêts à renier ce qu’ils sont pour plaire à l’autre. Tandis que du côté anglophone, à part de rares exceptions, ils ne veulent absolument rien savoir des francophones et ils attendent juste d’être assez nombreux pour mettre fin à la loi 101 et à mettre fin à cette foutue langue française à Montréal.
Alors, oui il faut être ouvert, mais il ne faut pas être bonasse et naïf non plus.
12 juin 2009
Salut Martin,
Tu demandes : « Pourquoi est-ce que ce sont les francophones qui chantent en anglais? »
Sauf quelques rares exceptions, qui plus est à mon avis esthétiquement peu intéressantes, il me semble que la vaste majorité des artistes francophones de la scène locale chantent fièrement en français et que la musique d’expression francophone se porte mieux que jamais depuis les 30 dernières années.
Il y a bien une poignée d’exemples qui font exception, mais mettons qu’on défile un peu la liste des artistes significatifs de notre génération là là… Je vais en oublier milles, mais on part ok? : Malajube, Karkwa, Fred Fortin, Galaxie 500, Les Dales, Les locos, Les Cowboys, Mononc’Serge, les Colocs, Eve Cournoyer, Émilie Proulx, Xavier Caféïne, Yann Perrault, Pierre Lapointe, Domlebo, Marie-Pierre Arthur, Alexandre Désilets, Ariane Moffat, Omnikrom, Gatineau, Les Chiens, Monsieur Mono, Éden 106, Philippe B, Le Nombre, Jean Leloup, La Patère Rose, Vincent Vallières, … Merde… Ça me prendrait la soirée pour terminer la liste…! Une seule édition des Francouvertes, événement phare de la relève actuelle, propose chaque année des dizaines d’artistes et reçoit certainement 500 dossiers… Chaque années…
Il me semble qu’il n’est question pour aucun artiste francophone ici bas de se mettre à chanter en anglais. Au contraire même. Je les sens tous engagés dans un sérieux bouillonnement culturel.
Je suis loin de trouver que l’anglais, en ce qui concerne la chansons Québécoise (tout style confondu) a une tendance envahissante. De toute façon, ce n’est pas la langue en tant que telle qui est envahissante, mais bien l’hégémonie de la culture Américaine et anglo-saxonne qui fait en sorte que l’anglais prend beaucoup de place dans toutes les sphères sociales…
Il serait malheureux de confondre cette hégémonie avec la scène locale anglophone de Montréal. La plupart des groupes anglophones ne chantent pas en Anglais pour percer à Seattle… Ils chantent en anglais parce que c’est leur langue maternelle qui leur permet de créer… Grosse différence.
Tu dis aussi : « Et puis il faut cesser de parler de deux solitudes qui cohabitent et ne se parlent pas. »
Je suis 100% d’accord avec toi sur ce point. Les frontières semblent réellement s’estomper.
D’un autre côté, je ne serait pas prêt à porter le même jugement que toi sur le fait que la majorité ne veulent rien savoir des francophones. Je n’ai pas de statistique sous la main pour endosser une telle affirmation. En tout cas, même si c’était vrai, il serait idiot de bouder ceux qui sont intéressés par les francophones sous prétexte qu’ils sont minoritaires.
En tout cas, en ce qui concerne la scène musicale locale, je peux affirmer sans crainte de me tromper que la vaste majorité des artistes anglophones sont tout à fait stimulés par le succès des francophones et sont toujours intéressés par des collaborations.
Bien à toi.
S.
12 juin 2009
Effectivement, les frontières semblent s’estomper, mais elles s’estompent à notre détriment. ce sont les nôtres de frontières qui reculent et les leurs qui avancent. De plus, je ne prône pas de bouder ceux qui s’intéressent aux francophones, au contraire, je leur dis bienvenue, s’ils le font en français. Malheureusement, je n’ai pas de statistique non plus, mais je constate que c’est rarement le cas.
Je suis aussi conscient que la majorité des francophones chantent dans leur langue maternelle, comme ceux que tu as nommé. Mais on ne peut nier que depuis quelques années, il y a une tendance croissante qui fait que plusieurs francos se tournent à la chanson anglaise. Or, la disparition d’un peuple et d’une culture ne se fait pas radicalement et d’un seul coup, mais ça commence tranquillement sans qu’on s’en aperçoive.
12 juin 2009
Re-salut Martin
Tu écris : »il y a une tendance croissante qui fait que plusieurs francos se tournent à la chanson anglaise »
Je ne remarque pas cette tendance. Selon moi c’est un épiphénomène. Pour 1 artiste/groupe franco qui prend la décision de chanter en anglais, il y en a 100 qui ne font pas ce choix.
Il y a 20-25 ans, c’était différent… On avait l’impression que pour « pogner », il fallait faire de l’anglo. Or, cela me semble beaucoup moins vrai aujourd’hui. Le dynamisme de la scène actuelle fait en sorte qu’une vaste majorité de jeunes artistes ont envie de faire « sonner » le français… Et pour cause!
Je peux me tromper… Mais je suis quand même en assez bonne posture pour saisir ce qui se passe sur la scène Québécoise actuelle et je cumule une quinzaine d’année comme acteur et observateur de la scène émergente… Pour ce que ça vaut…
S.
12 juin 2009
Tu connais sûrement mieux que moi la scène musicale je te l’accorde. Je suis un profane en cette matière et j’avoue que je suis moins ce qui se fait actuellement que lorsque j’étais plus jeune, même si je n’ai que 29 ans. Mes connaisances, pour ce qui est de la musique, se résument à ce qu’on entend à la radio ( 95.1 fm), dans les journaux, et à la télé. Il y a donc du populaire là-dedans, alors que toi tu sembles t’intéresser davantage à la scène émergente comme tu me l’affirmais.
Mais je vais te nommer ceux qui me viennent en tête: Pascale Picard, Simple plan, Sylvain Cossette, k-maro,et d’autres que j’oublie. Ce sont tous des Québécois francophones qui font le choix de chanter en anglais, une langue autre que la leur. Tu vas me dire ça les regarde et je vais être d’accord, mais ça dénote un problème selon moi. Un problème que certains francophones entretiennent avec leur propre langue.
De plus, quand je parle de l’impérialisme anglophone et de l’à-plat-ventrisme francophone, je ne me confine pas au monde de la musique mais je parle en général, puisque ton article faisait aussi référence au nationalisme et à la dualité anglais/français en général dans la région de Montréal. Je ne me permettrais pas de débattre avec toi sur le strict domaine de la musique car comme je te l’ai dis, je suis un profane en la matière.
12 juin 2009
Si tu me dis que la scène musicale actuelle transpire un dynamisme francophone comme jamais, alors tu défais mes perceptions et tu m’en vois réjouis.
12 juin 2009
Hola Martin
Juste une précision : je m’en voudrais de laisser planer l’idée que je suis une référence musicale… Plusieurs de mes collègues musiciens et chroniqueurs en savent beaucoup plus long que moi à ce sujet. Je baigne dans ce bain depuis plusieurs années alors j’ai une certaine expertise, mais sans plus.
Mais oui, je persiste dans cette voie. J’aurais du mal à défiler la liste des artistes francophones de qualité depuis quelques années… J’en rajoute un peu un couche : Dobacaracol, Caracol, Tricot Machine, Martin Léon, Band de Garage, Les Breastfeeders, Navet Confit, Le Husky, Coeur de Pirate…
Qu’on aime ou qu’on aime pas, ils font leur boulot, en français, et ils le font bien.
Et tous ces artistes font des petits, donnent envie à des jeunes d’en faire autant, etc. Ça ne va qu’en augmentant depuis une dizaine d’année.
Et je confirme mon impression, si elle peut te réjouir : je suis intimement convaincu que les collaborations de plus en plus nombreuses entre les anglos et les francos reflètent une réalité sociologique et politique au sein de la nation en général et qu’il faudra éventuellement en tenir compte, n’en déplaise aux porteurs de drapeaux compulsifs.
Entre toi et moi, on devrait beaucoup plus s’inquiéter des radios commerciales et des grosses chaînes de disquaires qui tapissent la culture Américaine des majors mur à mur que des Québécois anglos le soir de la Saint-Jean.
12 juin 2009
C’est bien la collaboration, mais elle doit se faire en français, du moins lorsqu’elle se fait au Québec. Ces collaborations doivent servir à intégrer les anglophones, allophones, etc… à la majorité francophone du Québec. Il faut que les francophones s’ouvrent aux autres, mais pour les intégrer à notre culture, non pour leur parler en anglais et leur dire allez-y faites votre musique en anglais chez nous.
Notre situation de peuple francophone est trop précaire pour qu’on se permette de dire, allez-y les anglophones, épanouissez-vous en anglais chez nous, il n’y a pas de problèmes. C’est ce que certains francophones de Montréal semblent dire depuis quelques années. On ne peut nier que la ville s’anglicise à un rythme effarant et plutôt que de voir les anglophones se mêler aux francophones, ils continuent de vivre en anglais à Montréal et ça encourage les Canadiens anglais et certains Américains à venir s’établir ici car ils aiment la ville et voient qu’ils peuvent y vivre en anglais. Ils aiment l’aspect français de Montréal, mais ils ne le respectent pas et ils le dénaturent en venant vivre en anglais ici.
Regarde les colocs avec les frères Diouf dans la chanson ‹‹ Tassez-vous de d’là ››, il n’y a pas de meilleurs exemples de Québécois francophones qui ont amené une culture autre à se mêler à la culture québécoise, tout en intégrant cette autre culture à la nôtre, mais en français. C’est ce type d’ouverture qu’il faut pratiquer avec les allophones et anglophones, mais en restant nous-mêmes, en amenant l’autre à se fondre dans notre culture francophone et à s’y sentir chez lui. Moi ce que je déplore, c’est la non-volonté des anglophones à se mêler à notre culture en français. ( Je réitère qu’il y a des exceptions ). Il y a toute l’Amérique du Nord pour chanter et vivre en anglais. Mais ce serait bien si le Québec pouvait préserver sa culture francophone particulière.
12 juin 2009
Lorsque ce sont nous, les Québécois francophones qui allons travailler à l’étranger, notre ouverture doit nous amener à s’ouvrir à la culture du pays où on est. Par contre, lorsque nous sommes chez nous, au Québec, notre ouverture doit nous amener à accueillir et intégrer l’autre afin qu’il s’ouvre à notre propre culture.
Ce n’est pas à nous à s’imprégner de la culture de l’autre lorsque nous sommes chez nous, c’est à l’autre à s’imprégner de notre culture. Nonobstant ce fait, on peut quand même s’intéresser à l’autre et à sa culture particulière, mais c’est à celle-ci de se fondre dans la nôtre, et non l’inverse.
12 juin 2009
J’tamène subtilement sur mon terrain.
Non, mais sérieusement, j’suis d’accord avec toi que l’hégémonie américaine sur les grosses radios commerciales comme 96.9 et 94.3 fait très mal à l’industrie locale et à la scène alternative.
13 juin 2009
Wow! Un débat sans injures, ni trompettes sur un sujet aussi épineux!? J’suis fiers de vous!
13 juin 2009
Martin, la culture québécoise est vibrante et ne doit plus se murer dans l’exclusion de l’autre, des autres québécois qui, HORREUR!, ne parlent pas français, mais sont aussi montréalais que moi. La culture québécoise à Montréal est bilingue et c’est une mentalité de colonisé de penser que les méchants anglos veulent nous envahir avec leurs chansons.
Si le spectacle du 1er juillet à Ottawa ou Calgary avait annulé des artistes francophones dans des circonstances similaires, aurais-tu crié au Québec bashing ou aurais-tu accepté leur décision que hey, on veut pas de vous autres les français?
J’ai hâte que les francophones arrêtent d’avoir peur de l’anglais.
13 juin 2009
N’empêche que Martin a raison, si tu donnes valeur égale aux langues des autres, en particulier de l’anglais, tu acceptes qu’à long terme, le français disparaisse de l’Amérique du NOrd. Comment veux-tu, flip, que les immigrants se joignent aux francophones si on donne valeur égale à l’anglais?? Entre toi et moi, le combat n’est pas égal entre les deux langues en Amérique du Nord. Comme nous, les Québécois francophones faisons de moins en moins d’enfants et que l’immigration compte pour beaucoup dans le renouvellement de notre population, on n’a pas le choix d’être vigilants et d’avoir des lois protégeant notre langue et notre identité, sinon les immigrants vont tous choisir l’anglais.
Des gens se sont battus jadis pour faire en sorte que nous parlions toujours français aujourd’hui, pour qu’on aille toujours notre identité. Je pense qu’on doit faire la même chose pour les générations futures et pour la richesse que constitue notre identité québécoise francophone.
Je suis d’accord que personnellement, tu n’es pas menacé et moi de même, je vais mourir et je parlerai tjrs en français. Par contre, je crois qu’on ne doit pas se borner à notre petite personne et au moment présent, mais penser aussi au futur et à la survie de la collectivité québécoise francophone dans son ensemble.
En passant, le Canada se veut un pays bilingue, même si dans les faits ce n’est pas le cas. Il est donc normal qu’il y ait des francophones au spectacle du 1er juillet à Ottawa, d’autant plus que la ville d’Ottawa comprend une forte communauté francophone. Par contre, la langue unique et officielle du Québec est le français et ce depuis 1977. Tu vas me dire: oui mais dans les faits, c’est plein d’anglophone et la ville est bilingue. C’est vrai que la ville est bilingue de plus en plus et ça démontre que notre situation de francophone est précaire même chez nous et qu’on ne peut compter sur les anglophones pour se mettre à parler français.
13 juin 2009
Et voila, les 2 groupes anglophones ne sont plus les bienvenues a l »Autre (ah oui?) St Jean.
Selon CTV news ils ne font plus partie des invités car un des commanditaire a menacer de se retirer.
15 juin 2009
Hey Martin/Eric,
Parler du francais en Amerique du Nord n’a aucun rapport. Premierement parce que le Mexique et les USA n’ont rien avoir avec les lois et le gouvernement ici (meme avec Harper au pouvoir). La France est seule en Europe (plus ou moins), et il y a crissement plus de monde la qui ne parlent pas Francais qu’en AdN, et pourtant les jeunes familles francaises ne sont pas rassemblees autour de la baillonette en attendant les envahisseurs Allemands, Suisses ou Suedois…
Puis aussi, n’oublions pas que certaines regions du Quebec n’ont JAMAIS ete colonisees par des francophones. Il existe des communautes en Cote Nord, Nord du Quebec et dans les Cantons de l’Est fondees et habitees par des cinq, six, septieme generations de descendants Irlandais, Ecossais, British, Americains, Gallois, etc.. Dans l’Nord, c’est pas des Tremblays et des Morins qui sont la depuis des milliers d’annees. La majorite xenophobe du Quebec (parce que les Francophones sont en majorite AU QUEBEC, d’ou on parle) l’oublie souvent ca. Il n’y a pas de danger d’invasion de l’anglais au Quebec. Il y a un crisse de risque de le perdre par contre (puis l’anglais qu’on produit dans les ecoles secondaires et les programmes BEsl fait dur en ostie). Il y a une grosse gang de frustres du secondaire qui ont poche leur anglais, avec Gaetan et Ginette comme parents qui, non plus, n’ont jamais sorti du Quebec et se sentent stupides de ne pas pouvoir converser en plus qu’une langue (qu’on pourrait meme debattre n’est pas le francais). Puis ca c’est dangereux, quand on base notre vue du Quebec sur les peurs de ce monde-la. C’est comme les gros epais qui bavent tous les petits nerds a l’ecole parce qu’ils se sentent insecure a cause de leur ignorance.
Est-ce vraiment le Quebec que l’on veut montrer au monde. Celebrons la culture d’ici (la VRAIE culture d’ici – la variete qui existe historiquement, si on etudie la vraie histoire du Quebec) en gang, puis arretons de vivre avec des fausses peurs.
**En passant, Simple Plan, et plusieurs autres groupes de ce genre, chantent en Anglais parce que musicalement, l’accent tonique du francais sonne du cul sur un beat rock (qui provient du blues americain, qui provient des chansons d’esclavage chantees en anglais). Et aussi parce qu’ils aiment mieux la musique en Anglais. Il n’y a rien de mal a ca, non, comrades?
16 juin 2009
précision concernant EDEN106!
La chanteuse Emmanuelle Orange, de mère canadienne-anglaise et de père canadien-français, chante de façon impeccable autant en anglais ou en français selon le cas..(les deux langues souvent dans la même chanson…). Qui plus est, elle chante aussi très souvent en mandarin, qu’elle parle courramment…!!
Quand elle parle au public, elle glisse d’une langue à l’autre sans préavis…
16 juin 2009
eden106::
sur leur disque, ils font une adaptation anglaise d’un poème de Gilles Vigneault.. (approuvée par l’auteur)… ça donne une chanson en français ET en anglais…
z.