BangBang : bangbangblog.com

Chroniques Le petit tavernier

À Tsar Académie

À Tsar Académie

Sunny Duval
1 mars 2012

Il arrive, dans la vie, des moments auxquels on ne s’attend pas, parce que ces évènements semblent faire partie d’une autre réalité, parce que ladite réalité se passe à la télévision et que le Petit Tavernier ne regarde pas la télévision.

Et bien, voici que le Petit Tavernier a été invité à aller accompagner à la guitare sa chanteuse favorite Cara Cremblay à la partie « La Galette Émergente » de Tsar Académie (ouioui).

Un véhicule anonyme du type fourgonnette, piloté par le sympathique Cristan vient au domicile de mademoiselle nous prendre, ainsi que nos instruments musicaux, pour nous amener à l’Académie, située dans les Cantons de l’Est. Le soleil de fin d’après-midi éclaire le domaine lors de notre arrivée, illuminant le vignoble recouvert d’une neige épaisse, faisant resplendir les pommiers autour. La sécurité nous autorise à pénétrer le domaine, où l’un des Tsars, Méchel Rêvard en personne nous accueille. Un fabuleux gaillard tout sourire à la douce tronche ornée de montures, au ton jovial et d’une humilité familiale (on dirait mon oncle maternel). Il nous explique le déroulement des activités, l’heure du repas, le sens de la vie, qui sont les Académiciens, etc. Certains sont manquants, ils sont partis à Nouille-Orque avec le Tsar Grégoire.

Nous montons au (troisième? quatrième?) étage accomplir le test de son. Carilou, gérante de Cara, fait des oh et des ah, le décor est si beau. C’est comme un immense chalet-maison-palace avec du bois partout dans le grenier où nous nous installons. Les techniciens, Steeeeve en chef, nous assistent. Cara s’assoit au piano, qui sonne bizarrement étouffé dans ce décor si vaste. Il doit être enrhumé. Le Petit Tavernier n’a toujours pas vu l’ombre d’un breuvage houblonné, et pourtant il est 16 heures passées. On lui offre de l’eau. M’enfin. Il prend une gorgée sous l’œil d’une des nombreuses caméras qui observent les participants. Clin d’œil de la caméra.

Nous rejoignons Tsar Méchel au rez-de-chaussée, qui nous guide à l’extérieur vers le gigantesque garage-cafétéria pour le repas. La nuit est tombée, le décor est tout aussi splendide avec son croissant de lune et quelques étoiles dans le froid sec. Seule ombre au tableau : de très nombreux projecteurs dans les arbres, éclairant les environs et surtout l’Académie. C’est ça, la télévision.

Au garage-cafétéria passent beaucoup de gens, il y a un très grand nombre de techniciens de toutes sortes sur les lieux. Nous choisissons une table. Au menu, sushis. Les cuisiniers cuisinent ce que tous mangent, Académiciens comme techniciens. Les menus sont à peu près les mêmes pour tous. Bon sushis, d’ailleurs.

Retour dans l’Académie. Nous regardons la progression de la vie des candidats sur le moniteur. Comme aucun de nous ne sait rien de rien à leur sujet, Tsar Méchel nous instruit. Puis vient l’heure de notre participation. Carilou doit rester en bas, dans la zone hors limite. Méchel nous guide jusqu’en haut. J’ai même pas le temps de prendre une pastille aux agrumes. Je sens l’échalote à plein nez.

Nous voici devant les caméras. Les projecteurs sont au maximum, il fait tellement clair, partout dans l’Académie en fait, ça doit être pour ne pas avoir à maquiller les participants sans cesse, et aussi pour garder tout le monde bien éveillé (comme au casino). Les candidats nous embrassent, ils sont beaux et souriants et accueillants. Nous sommes assis devant eux, entourés de caméras-robots et de deux caméramans humains, avec notre Tsar qui pose des questions à Cara, avec des interventions des jeunes, curieux, surtout la blondinette aux grands yeux qui aime bien Cara (avec raison). Tous ensemble nous échangeons sur le métier avant de bien préparer les chansons qui seront chantées tout à l’heure. J’ai un faible pour Joannie aux yeux si doux, pour Sophie et sa dent légèrement surélevée, pour Mélissa et sa vivacité, et sa puissance.

L’entretien de l’excellent Tsar Méchel avec Cara dure longtemps et est très pertinent, avec des questions plaisantes à se faire poser (pourquoi ceci, comment en es-tu venue à cela), des questions à développement, très intéressantes. Souvent à la télé, à la radio ou en entrevue avec un journal, l’intervieweur a bien peu de temps et d’espace pour développer son sujet mais pas Méchel. Seul hic, c’est qu’à la diffusion officielle de l’émission, notre passage sera réduit à quelques minutes, mais bon, on s’amuse bien ici.

Par contre, toujours pas de bière. Je dis justement aux candidats que j’aime me prendre une petite bière avant une performance, et ils font tous « AHHHHHH, nous on n’a pas le droit! ». Pas facile, cette vie. Leur entraînement est si exigeant et intensif, dommage de ne pas pouvoir faire pschhht de temps en temps. À la pause pipi, je montre à Jean-Marc l’un de très nombreux livres qui traînent dans leur maison, mis à la disposition des « survivants », un livre sur Tim Burton. Il me confie qu’il ne l’avait même pas vu, quand il a un temps libre, il en profite pour dormir. Ouf, ni bière ni temps libre, le Petit Tavernier ne survivrait pas longtemps ici.

Maintenant c’est le passage « officiel » que nous tournons. Cara chante seule au piano, ensuite je la joins à la guitare. Andréanne chante une chanson avec elle, ensuite Jean-Marc, ensuite Mélissa, sur une reprise de « Sensualité » d’Axelle Red qui fait danser toute la bande.

Puis, c’est le salut officiel pour la fin de l’émission et Tsar Méchel quitte le studio, laissant Cara et moi entourés des Académiciens qui nous bombardent gentiment de commentaires. L’émission est terminée, mais les caméras tournent toujours pour la diffusion virtuelle, je crois. Olivier et Mike nous parlent du fait qu’ils ne savent à peu près rien de ce qui se passe à l’extérieur.

Et c’est étrange, car nous non plus, comme on consulte très peu les médias. Si l’un des candidats nous avait demandé « pis, que se passe-t-il de bon ces temps-ci au Québec? », la seule réponse qu’on aurait pu donner est « il faisait beau aujourd’hui ».

Et on s’est bien amusé.

Crédit photo : Annie Rossano

Pas encore de commentaire.

CHRONIQUES

Le petit tavernier
Sunny Duval
Le Bureau
Mon chat s'appelle Paul Sarrasin
Patrick Dion
Tirer une conclusion puis sa révérence
Tout le monde est ego
Guillaume Déziel
Psy & Gangnam Style : l’attitude Creative Commons ?
Mon chat s'appelle Paul Sarrasin
Patrick Dion
Le creux des vagues, une chronique psychiatrique