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Reportages et entrevuesDu 9 au 19 février, le Festival international du film de Berlin – de son petit nom, la Berlinale – emplit la ville de touristes et de professionnels de toutes origines qui paraissent égarées avec leur accréditation au cou. Il faut savoir que ce festival considéré comme le troisième en importance (après Cannes et Toronto) est assez axé sur le public, ce qui donne lieu à la présentation spéciale de films comme In The Land of Blood and Honey d’Angelina Jolie… et autres projections grand public qui font un peu sacrer les cinéphiles de la place. Qu’importe, puisqu’ils sont nombreux à faire patiemment la très longue file pour l’achat de billets. La présence québécoise peut paraître un peu maigre à première vue : seuls deux longs métrages, Rebelle de Kim Nguyen (en compétition officielle) et Bestiaire de Denis Côté, sont de la partie. Il y a aussi quelques courts métrages canadiens et une projection-événement de Keyhole de Guy Maddin. À la Berlinale, on trouve aussi des sections plus pointues comme Panorama, centrée sur le documentaire, ou encore Forum, celle qui présente le dernier Côté et ose davantage que la section Compétition. Forum a aussi un volet « Expanded » bonifié de performances et installations vidéo, comme c’était possible de le constater hier dans un vernissage où j’ai surgi un peu par hasard. Il y a de ces événements qui sont un peu universels : dans un bâtiment historique près de Kurfürstenstrasse (qui faisait étonnamment penser à une version X-Large de la Maison Notman sur Sherbrooke à Montréal), les hipsters étaient si nombreux qu’on ne voyait pas, ou à peine, les œuvres exposées. Mais c’était bel et bien à Berlin : la langue parlée, les marques de bière offertes, mon relatif « nanisme » par rapport à la moyenne de la foule… et la fumée de cigarette à l’intérieur en témoignaient bien! Il faudra probablement repasser par là pour réussir à voir la mystérieuse expo en question…. Autrement, l’action du festival est principalement concentrée dans les environs de Potsdamer Platz, un genre de quartier neuf (ou faux nouveau centre-ville) qui ne fait pas nécessairement le bonheur de tous les Berlinois. C’est que ce secteur situé près du grand parc Tiergarten et de la division de la ville était, il n’y a pas si longtemps de cela, un « no man’s land » symbolique et chargé d’histoire. Pensez « The Wall », oui oui. Rien de moins. Après 1990, les 60 hectares de la place ont été offerts pour des pinottes à de grandes banques, chaînes hôtelières, etc. Plusieurs ambassades s’y sont installées, un gros centre d’achats a poussé, de grands cinémas « à la Banque Scotia » aussi. C’est devenu un lieu de « progrès », entre über-guillemets; le symbole d’un Berlin nouveau. Un quartier DIX-30 du cinéma? Peut-être bien. Disons que pour le festivalier moyen, fraîchement débarqué à Berlin, le lieu provoque un drôle de sentiment d’artificialité et contraste énormément avec ce que la capitale allemande a à offrir. Et bientôt les Meryl Streep et Michael Fassbender fouleront ce tapis rouge, qui n’en était encore qu’à son « making of » à ma dernière visite. Marie-Hélène Mello offrira une série d’articles liés à la Berlinale, entre le 9 au 19 février 2012. Première photo : Environs de Potsdamer Platz, vers 1960. Seconde photo : Potsdamer Platz aujourd’hui.
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