BangBang : bangbangblog.com

Le petit tavernier

Whitehorse, Yukon

Whitehorse, Yukon

Sunny Duval
5 novembre 2009

La capitale du Yukon est confortablement assise au soleil sur le bord du fleuve Yukon, les pieds dans l’eau verte, avec comme dossier une haute falaise touffue. Attention aux aigles à tête blanche au sommet des conifères, ils ont l’air pas commode.

29 juin, je suis coude à coude avec une bande de corneilles au 98 Hotel. Réputée comme étant un trou, cette ancienne salle de bal a tout pour effrayer les moineaux. Charles Corneille me montre les peaux d’animaux encadrées sur les murs. Un lynx, un loup, un carcajou, une belette? (On connait pas bien nos marques d’animaux). Y’a 21 carabines alignées autour du bar. La barmaid est en sûreté. Je prends une pinte de Yukon Gold ($4,25!) et rejoins ma bande.

Y’a Marjolène, Catherine, Josiane, Charles, et Demain Orthobitaille qui boit une pinte de Malsaine Canadian ($4,25 aussi coudon, ils veulent qu’on reste ici pour toujours). Catherine est la nièce de Passe-Montagne. Non j’ai pas de potin sur Passe-Carreau. En tout cas, j’ai rien noté sur mon papier. Tout le monde vient du Québec sauf Demain l’Ontarien. En fait, le reste des clients du bar sont Yukonais, et même Premières Nations. C’est cool d’être minoritaire. Une femme moyen-âgée veut donner un $20 à Josiane pour qu’elle se paye des drinks. Josiane dit non en souriant, mais la femme insiste et lui met dans la main avant de quitter. On invite Kara-Lee la barmaid à venir trinquer avec nous. On commande des Suzies. Un shooter vodka-tabasco, et un autre plein de clamato, puis tu fais un pis deux. Je ferai jamais assez la promotion de ce breuvage adapté aux mésadaptés, merci Suzie.

À une table y’a des sosies de Burt Reynolds et Normand Brathwaite. Je savais pas qu’ils se connaissaient. Un Yvon Deschamps rentre dans le bar plusieurs fois pendant qu’on est ici, et systématiquement Kara-Lee le fout dehors. Il est très drôle. On est toujours en période de Soleil de Minuit, alors il fait clair jusqu’à pus soif. Quand Yvon revient, on voit son ombre apparaître sur le plancher en premier, avant d’entendre Kara-Lee lui crier après.

Raquettes sur les murs, foyer en pierre au fond, avec panache au-dessus. Photos antiques, publicité de 1944 qui invite les femmes, en temps de guerre: “1000 women wanted to dance at 98”. Une énorme scie ronde d’un mètre de diamètre est accrochée au mur, couverte d’une peinture représentant une cabane en bois rond et des aurores boréales. Sur les portes des toilettes, c’est écrit « Pointers» pour les bonhommes, « Setters» pour les bonnes femmes. Tu tires ou tu pointes?

Il paraît que ça coûte seulement autour de $137 pour faire Montréal-Whitehorse en autobus. Pas cher pour venir voir le 98 Hotel, deuxième permis d’alcool accordé au Canada, en 1898, me dit Charles. Pas cher, surtout avec tout l’argent qu’on économise sur les pintes.

On change de place. Y’a Flipper’s un peu plus bas, c’est parfait. On est lundi, le bar est plein! Quel endroit étrange, tenu par un gars du New Brunswick en plein Yukon. Le logo du bar arbore bien sûr un homard avec un violon et des bottes de pluie. Ça va de soi. Sur les murs, un jeu de dards déserté, et des peintures un peu poches de bateaux et de patates. Y’a du monde partout. On tente de jouer au billard.

C’est l’anniversaire de Demain, les shots et les pintes nous entourent. Quelqu’un lui donne une boussole en cadeau. Je crois qu’on en aura besoin pour retrouver notre chemin tantôt.

Ryan, un homme-orchestre qui chante du vieux blues, du country et du rock’n’roll, divertit le Flipper’s. Il est pas mal bon. Je vois des morceaux de batterie qui traînent dans le coin, je demande si je peux jouer avec lui. Ryan est méfiant au début, mais une fois qu’on se met à jouer, ça ajoute un beat derrière sa guitare, et les femmes commencent à danser, alors il me garde sur scène.

Vous savez pourquoi ça s’appelle Flipper’s? Le patron Joe McLelland “flippe” les clients. Tu vas devant la scène, Joe t’attrape par le milieu, et te fait faire un tour par en-avant. Ou par en arrière, j’ai oublié. Après il te donne un cadeau, par exemple la boussole de Demain, qu’il a pas gagnée, il a pas voulu se faire flipper. Marjolène lui a donné, elle s’est faite flipper une fois, et Catherine deux fois de file, hop hop. Elle a pas vomi, Passe-Montagne serait fier.

Alain et Pascal, nos amis du groupe Soir de Semaine, nous font monter à bord de leur camionnette en route vers un after chez eux. Quand je retrouve mon lit, il fait encore clair. C’est normal.

Les Frères Rivaux (Sunny Duval et Damien Robitaille) ainsi que leurs invités se produiront à L’Esco le 10 novembre dès 22h dans le cadre de Coup de coeur francophone. Seulement 8$! Cliquez ici pour avoir plus de détails!

sunny@lesbreastfeeders.ca

4 commentaires
  • Hélène Banjo
    10 novembre 2009

    Pour ton information cher Sunny, Monsieur Joe est de Souris à l’Île-du-Prince-Édouard et non du Nouveau-Brunswick… Je le sais, ça ne change pas grand chose, mais c’est pour ça que dans le bar, on voit une “superbe” peinture de la maison au pignon vert.

    Et revient nous voir au Yukon!

  • Melodica
    12 novembre 2009

    Ouin, le Yukon, ça a l’air ben cool.

    Je connaissais pas ton projet musical avec Damien Robitaille… d’ailleurs je ne le connais pas gros lui non plus… j’connais juste son nom !

  • Alain
    21 novembre 2009

    Salut SunnySideUp!
    Cool de lire tes articles.
    Aucune place come le Yukon.
    J’espère te revoir un de ces 4 par chez-nous.
    Mon band joue aux olympiques en Fev. Check Radio-Canada à la remise des médailles.

    Cheers Sunny.

    Alain

  • Sunny Duval
    26 novembre 2009

    bin on se voit à Vancouver mon gars! J’y serai les 18-19 février, toi??

Laisser un commentaire

Le Scrapbook du BangBang

CHRONIQUES

L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.
Le petit tavernier
Sunny Duval
Team Coucou 1
Délirium Plaza
Ed Hardcore
La crotte
Semi-automatique
André Péloquin
Y después?