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Reportages et entrevues

Scratchophone : Le scratch en révolution

BangBang
2 décembre 2007

Nicholas Lavallée

Un bricoleur de Québec pourrait bouleverser l’univers du scratch en lançant l’été prochain le scratchophone. Il s’agit du premier kit de DJ portable et tout en un.

Le scratchophone, c’est une table tournante associée à un mixeur et un haut-parleur, le tout intégré dans un tambour que l’on porte en bandoulière. «Moi je n’ai rien inventé, affirme le concepteur Thierry Alari. Je n’ai fait qu’intégrer tous les éléments déjà existants en un seul.» L’instrument pèse une vingtaine de livres et fonctionne à batteries ou à l’électricité.

Depuis deux ans, c’est dans un atelier de Québec que Thierry Alari peaufine son scratchophone.
Le concept fut toutefois élaboré avant son arrivée au Québec, alors qu’il cherchait une idée à développer dans le cadre d’un cours de marketing.

Le DJ Fade Wizard participe au projet à titre de testeur et de conseiller. «Il joue du scratchophone durant ses concerts et me propose des ajustements à faire, explique Alari. L’instrument est facilement modifiable.» Assister au concert de Fade Wizard est pour l’instant le seul moyen de voir le scratchophone en action. Des vidéos de démonstration sont disponibles sur le web.

Le scratchophone permet aux DJ de s’émanciper, ils n’ont plus à jouer seuls. Thierry Alari souhaite que l’instrument permette des rencontres inusitées entre musiciens, qu’il crée des fusions musicales. «Le fait qu’il soit portable amène de nouveaux usages à l’instrument, ce qui signifie aussi de nouveaux usagers.» Il aimerait aussi l’intégrer dans d’autres secteurs d’activité comme le cirque.

Mais l’instrument doit demeurer dans l’univers hip-hop. «Partout dans le monde, le hip-hop permet aux jeunes de s’exprimer dans leur langue et d’être entendus par les leurs», souligne Alari. Le concepteur espère créer des retombées sociales en donnant aux jeunes un accès au scratch. Il déplore que plusieurs jeunes soient motivés à scratcher mais qu’ils n’aient pas les moyens de se payer une table tournante.

En fait, Thierry Alari tient tellement à partager son instrument qu’il offre gratuitement ses plans sur son site web. «Le scratchophone appartient à tout le monde», lance-t-il. Selon lui, il en coûterait 200$ à 300$ pour bricoler son propre scratchophone. De son côté, il compte vendre son produit par Internet dès juillet 2008.

www.scratchophone.com

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