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Le petit tavernier

Toute qu’une soirée à Alma

Toute qu’une soirée à Alma

Sunny Duval
16 août 2009

J’aime pas la routine. Comme me faire poser la même question, à répétition. Exemple : « Pis, quesqui arrive avec les Breastfeeders? » Une bonne fois pour toutes : on écrit des nouvelles tounes, on joue à la pétanque, on fait des ronds de fumée.

Alors très peu de spectacles cette année, seulement les coups qui valent vraiment le coup et qui nous tentent beaucoup. C’est pour ça qu’on joue à Alma, Lac St-Jean.

Ça me manquait de faire du camion en groupe. Toujours un grand bonheur. En plus, on prend la 40, je suis comblé. Au bout de la route, Alma. On installe nos instruments sur une grosse scène en ciment, au fond d’un genre d’arène romaine avec du sable au milieu. Tout ce qui manque c’est des chrétiens pis des lions. La porte du frigidaire de la loge ferme juste. Dedans il y a 10 sortes de bières différentes, des plateaux de fruits, sandwiches, fromages, légumes. On garde tout ça pour plus tard, pour l’instant le restaurant Mario Tremblay nous attend. Mon steak haché-oignons-patates-pilées est succulent. Le bloody caesar fait pitié à côté.

Le spectacle : très plaisant. Ça fait du bien de retrouver notre élément naturel. Par contre, j’ai un gros problème. Y’a un jésus de caméraman de 7 pieds qui me tourne autour. Y’a rien qui m’insulte autant quand je vais voir un spectacle que d’avoir un intrus dans mon champ de vision, sur la scène. En ce moment, il est sur NOTRE scène. Entre deux tounes, je tente de lui expliquer tout ça, mais rien à faire, « j’essaie de faire mon travail ». Je comprends, mais là tu nuis sérieusement au mien. De un, personne veut voir ta gueule, de deux, tu risques fortement de te prendre un manche de guitare ou un fulgurant tambouriniste en pleine face, c’est clair. Rien à faire. Alors que le gars est DEVANT mon ampli en train de filmer Pat No, notre batteur, je recule volontairement sur lui. Bang. Succès, pasque 5 minutes plus tard, matériel remballé, il part furieux en disant à Joa King, notre directeur de tournée, « j’ai jamais vu un crétin d’même!! » Exact. Tu traînes dans ma zone, je deviens ton problème, beubé.

Le reste du spectacle était vraiment bien, on jouait bien, les jeunes dansaient, nous lançaient leurs canettes vides. Après le rappel, un gars chauve est allé prendre le micro pour remercier l’organisation, et annoncer un party au bar le Crapaud. Pfff. Nous c’est pas là qu’on s’en va.

Avec quelques amis, on vide la loge de ce qui reste de bouffe et alcools. Une fille est là, qui semble connaître Suzie et Johnny. Elle vient vers moi.

« Salut…»

« Salut…?»

« …Tu me reconnais?… »

Moi : « …Non… »

« Tu me reconnais pas?… »

Moi : « Bin, non, scuse. »

Elle : « Tu m’as demandé mon numéro y’a 5 ans, tu m’as appelée, pis j’étais pas intéressée… »

Moi : « Y’a 5 ans?? Ahbin…non, je me rappelle pas du tout. Je suis 4 soirs par semaine dans les bars, je vois vraiment beaucoup de monde, faque… Non, ça me dit rien.»

Dans un sens je suis content de pas me rappeler d’elle. Qu’une fille supposément jolie se rende compte qu’elle est pas « inoubliable », ça peut juste être bon pour l’humilité. Le pire, c’est qu’elle pis sa copine nous ont tété un transport jusqu’au bar. Une chance qu’elles étaient drôles.

Donc pas de Crapaud pour nous, c’était hors de question qu’on aille ailleurs qu’au Café du Clocher, bar de notre amie Chinette. La mini-terrasse est pleine, la route sera longue jusqu’à mon premier drink. Hé! Julie est là, avec son bonhomme. Je la vois jamais en ville, c’ est cool de la croiser ici, je l’adore. On se parle tantôt ok? Je dois aller me prendre une pinte. Interception. Le chauve de tout-à-l’heure, qui me bloque le chemin. « Hé, tu me dis quelque chose…Tu me reconnais? Tu connais-tu tel gars pis tel gars, ils font de la musique à Montréal…Je suis sûr que tu les connais, etc, blablabla. » Moi : « Non, non, non…Je passe beaucoup de temps dans les bars, je rencontre énormément de… » Le chauve : « Pourquoi je te connais donc? Je suis sûr que je vais trouver! » Grrr encore une histoire qui aboutit pas, il est dans mon chemin, j’ai soif, CIAO.

Le bar est à quelques mètres. J’évite des tonnes de verres cassés sur le plancher, des filles qui tombent, des bras qui volent. Brouille apparaît, ami de jadis, Trois-Rivières 1991, Cégep. Salut Brouille, marche avec moi, on est presque rendus. Je réussis à commander ma pinte. J’attends. J’aperçois une courte femme rondouillette, 50 ans, allongée par terre à faire semblant de nager. Appelons-la Beau Beubéluga.

Ma pinte arrive. Brouille jase avec moi. « Pis, les Breasts? » Une belle jeune femme rock assise au bar se retourne. Elle a les yeux dans la graisse de bine et parle vraiment mollement, je dois lui faire répéter souvent. « T’es Sunny? » « Euh ouin des fois. » « Tu te souviens-tu de moi? » Au s’cours! Puis elle essaye de m’embrasser. Je fais « woooo attend un peu! » Elle est jolie, mais tellement trop saoûle. Ça dure comme ça quelques minutes. Je continue de jaser avec Brouille.

Julie m’entraîne fumer dehors. Brouille vient aussi, il parle avec un gars. Le chauve apparaît, je pense qu’il m’a suivi. « Je suis sûr que je te connais…À quel endroit on s’est vus? Connais-tu…etc. », il me répète exactement tout ce qu’il a dit tout-à-l’heure. La fille saoûle arrive. Je capote un peu. «…Te rappelles-tu de moi? T’es Sunny? » J’essaye d’en savoir plus, mais on dirait que c’est pas possible. Je sais qu’on a pas couché ensemble, je me rappelle des visages embrassés, quand même.

Je retourne en-dedans pour un shooter avec Brouille. Assis au comptoir, lui à ma gauche, Julie à ma droite, qui déboule en accrochant ma pinte, qui casse en deux morceaux menaçants. J’en commande une fraîche. La fille saoûle arrive, bien sûr, et se met entre Julie et moi. Très lentement, elle prend le verre de Julie, et le porte à sa bouche. « Heille, c’est pas ton verre ça!!» On lui fait déposer. Deux minutes plus tard, elle recommence. Julie : « Mais!! Quesque tu fais là, voleuse de verre?!? » Elle reste là. Pendant les quelques minutes suivantes, elle avance sa main vers le verre à plusieurs reprises, puis la retire lentement, signe que sa mémoire fonctionne encore. C’est très drôle.

Alma, ville de grands souvenirs flous. Pas étonnant que Joa King ait tatoué ton nom sur son tibia géant.

sunny@lesbreastfeeders.ca

5 commentaires
  • Melodica
    17 août 2009

    Merde j’ai faillis aller à c’te show-là pour ma fête moi ! Mais finalement, mon ami a choké.

    Bien hâte de voir le nouveau stock des breastfeeders ! :)

  • Titoine
    17 août 2009

    Ben oui ben oui hein. C’est ça on serait monté à Alma voir ??

  • Melodica
    18 août 2009

    F**k c’était pas lui finalement, sorryyyy !

    Ok j’retourne pratiquer.

  • SuzieQ
    20 août 2009

    En passant le beau beubéluga c’est Cri-Cri!!! hahaha…Elle fait partie des personnages d’Alma…tres cocasses cette femme..En passant tres belle soirée mais flou effectivement

  • punk rod
    2 septembre 2009

    ton projet avec patrick est hot!

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