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The Horny Bitches : Le sexe fort

The Horny Bitches : Le sexe fort

Stéfane Campbell
9 février 2010

D’emblée, brisons la glace comme il se doit : Les Horny Bitches projettent une image de garces débridées on ne peut plus fidèle à leur nom. Et d’affirmer que le trio ne fait pas dans la dentelle relève ici de l’euphémisme d’autant plus marqué si l’on considère les noms de scène respectifs tout aussi peu subtils de chacune : Iza Bitch, Juicy Mary et Virgin Slut. En alliant un punk rock agressif à une image repiquée dans les canons hypersexualisés du monde de la porno, disons que la proposition ne s’empêtre pas dans les sous-textes. Qu’à cela ne tienne, nous avons discuté avec Virginie Grégoire (alias Virgin Slut), question d’éclaircir quelques points et de mettre la table pour le lancement du premier gravé officiel de la formation, Thirteen Reasons To Fuck, dans quelques jours.

Si l’on connaît les Horny Bitches sous forme de trio, c’est sous l’initiative de Virginie que l’idée a pris forme : « Je trouvais le nom très drôle quand je l’ai trouvé, mais ça n’a pas été évident de trouver d’autres filles qui étaient d’accord. » C’est donc après quelques essais/erreurs sur le plan du personnel que le line-up tel qu’on le connaît présentement s’est matérialisé. Et bien que la formation ait commis ses premières élucubrations en septembre 2007, ce n’est qu’une année plus tard que les chaudes demoiselles ont foulé les planches : «  Il y a trop de bands qui ne jamment pas assez avant les shows, ça devient emmerdant pour le public. On voulait s’assurer d’être tight avant tout.»

Insérez ici la tonne de blagues douteuses…

Et maintenant, revenez.

Couilles d’acier

Vous dites que le concept porno est mis de l’avant afin d’y exposer l’aspect risible des standards de la pornographie; as-tu l’impression que le message passe? « Je pense que le monde nous prend plus ou moins au sérieux. On se prend plus au moins au sérieux… En show, on ne revendique rien ouvertement, c’est que du gros n’importe quoi. » Par « n’importe quoi », on entend ici trois filles vêtues (parfois assez légèrement) de latex qui martèlent leur rock le plus bruyamment possible. « Tout ce qu’on cherchait à souligner, c’est que le sexe représente la société aujourd’hui sur tous les fronts, qu’il est partout, mais qu’on en parle très peu. On s’est dit qu’on allait jouer là-dessus à fond. On exagère tout le plus possible. »

Est-ce que les Horny Bitches sont féministes? « On surfe un peu sur la ligne entre les féministes qui adorent ce qu’on fait alors que d’autres sont carrément enragées en nous voyant. C’est vraiment très partagé, mais, personnellement, on ne se réclame pas du féminisme. En fait, il y a eu plus de gars que de filles qui nous ont dit que ce qu’on faisait était dégradant. (..) On n’attaque pas les gens, c’est clairement humoristique. »

Attaque ou non, avec des titres tels «  Chicks with dicks », « Your ass is a storage room » ou encore « DP story », on est plus dans le Hustler de la chose que le douillet Playboy : « On a acheté un dictionnaire des déviances sexuelles pour se donner des idées et on a réalisé qu’on ne connaît pas la sexualité tant que ça. Finalement, je me dis qu’on a du matériel pour faire à peu près 250 albums. » Bonne nouvelle pour les adeptes.

Un peu de musique, bordel de merde!

Forcément, lorsqu’on opte pour une esthétique aussi caricaturale, l’un a tendance à minimiser le volet musical de l’entreprise… « Oui vraiment. Comme tu as pu remarquer dans les entrevues publiées à ce jour, on ne parle à peu près pas de musique. »

Et de quoi en retourne-t-il donc? « Un punk rock assez rapide, constamment dans le tapis. Les vocalises sont claires. Beaucoup de monde nous a comparés à Vice Squad notamment pour le son. C’est clair que dans le genre il y a beaucoup moins de groupes de filles donc les référents se font plus rares… » Et la musicienne se dit très fière de l’album à paraître : « Je suis vraiment contente. Pour un premier CD, on est arrivé à quelque chose de très solide. C’est certain qu’il y aurait toujours des trucs à corriger, faute de temps et de moyens, mais somme toute, je suis très satisfaite. »

Et le lancement risque d’en laisser quelques-uns pantois : « On prépare un gros show, quelque chose de très théâtral… On veut leur mettre ça dans’face. On veut que les gens aient à peine le temps de fermer les yeux. Il y aura beaucoup d’interaction comme toujours… Et beaucoup de rose… »

En concert le 20 février au Café Chaos (lancement montréalais), le 27 au bar Le Trash de Saint-Hyacinthe, le 6 mars au bar Le Magog de Sherbrooke et le 10 avril au café-bar L’Agité de Québec.

myspace.com/thehornybitches

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