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Le petit tavernier

Sur les ailes de Buffalo

Sur les ailes de Buffalo

Sunny Duval
30 avril 2012

L’équipée sauvage nommée les Dinos a quitté Montréal vers midi en cet avril gris, en route ultime vers le Sud marécageux des Etats-Unis, parsemant son parcours de divers arrêts culturels, gastronomiques et si le temps le permet, éthyliques.

Au volant de sa fière Toyota beige, assisté par Gertrude, la femme-GPS à 68$, Dino Bouchard cherche l’emplacement exact de notre gîte dans la belle Buffalo, gîte à 25$ la nuit nommé le Buffalo Niagara Hostel qui nous permettra de ronflouiller paisiblement dans quelques heures, suite à une journée passée à rouler et une soirée passée à dérouler nos dollars US en échange de denrées locales.

Nous laissons nos bagages dans le dortoir en sirotant une grande canette de PBR qui commémore l’arrivée des Dinos en pays étranger. Comme nous sommes affamés, le semi-hippie sympathique à la réception nous indique les endroits possibles où manger des ailes de poulet (bien sûr) dans le quartier. Dino Bouchard et Dino Duval n’entendent pas la fin de la réponse et franchissent la porte du Hostel d’un pas vif.

Le premier endroit, le Anchor Bar, « Home of the original Buffalo Chicken Wings » est en train de fermer. Tant pis pour eux, les Dinos ont faim et reprennent leur pas vif vers ailleurs. Ailleurs étant le Colter Bay Grill qui nous accueille en la personne de Lauren, demoiselle avec bien peu d’émotion mais peu importe; pour l’instant, on est là pour manger des ailes de poulet, vite on veut commander. Quelques pintes légères nous font patienter (le format États-Uniens est de 16 onces, contre 20 onces à la maison en général) : les succulentes Buffalo Aviator Lager et Red, de Flying Bison, une bonne blanche dont la marque m’échappe, un Angry Orchard Crisp Apple Cider trop doux. Lauren est toujours aussi neutre en déposant sur notre table le fruit de notre attente, ces 20 ailes de poulet bien juteuses et piquantes, accompagnées de quatre bâtonnets de carottes, autant de céleris croquants, une délicieuse sauce au bleu, un panier de frites fantastiques, étonnement peu grasses et pas salées. On se réjouit d’avoir opté pour la sauce piquante moyenne; la extrême nous aurait brûlé le cerveau. Ce repas splendide, ses frites et ses quatre pintes + pourboire se montent à 40$! Bien peu cher pour un festin à la Buffalo!

Notre errance nous mène tout droit sur la rue Allen où, hasard, se trouvent plusieurs bars. Gais, punks, dance, y’a de tout. Le semi-hippie nous a parlé du bar spectacle Hardware, on s’y rend. La prestation de l’hommage à Kraftwerk est terminée, dommage. Quel beau bar, classe, artistique et tout, malgré la télé ouverte sur du sport, dommage. Ça gâche le cachet. On joue aux dés aidés de pintes d’ambrée et de blanche, 10$ pour les deux. Y’a un choix incroyable de bouteilles de toutes sortes. Et seulement quatre sortes de fûts.

On bouge. On marche devant un endroit un peu crade d’où s’échappent quelques notes des Damned. Tels des serpents ensorcelés par une flûte punk rock (si ça existait), nous pénétrons ce lieu que nous appellerons « maison » jusqu’à la fin de la soirée. Il s’agit du célèbre Old Pink, chef-lieu des rockers de toutes allégeances. C’est sale, ça sent la friture, les toilettes puent, les sièges humides sont réparés avec du ruban à conduits, mais la musique est parfaite, la bière est pas chère (4$ la pinte de Yuengling), les femmes sont belles, les bonhommes menaçants mais souriants, et on peut fumer. Nick le barman est un chic type qui a rendu la soirée des Dinos à Buffalo des plus agréables. Chapeau.

On peut aller ronflouiller à poings fermés.

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