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Délirium PlazaMon corps produit des litres de sueur, tandis que mon cœur se débat dans mon chest comme s’il était plogué sur le deux cent vingt. Chuis dins toilettes du P’tit Medley aux prises avec une envie de caca fulgurante. Le hic, c’est que la seule porcelaine des lieux est déjà occupée par un jeune professionnel dynamique. Il faut alors que je me contienne. Pendant les intenses crampes intestinales qui laissent présager le pire, je serre les dents, je fredonne Bad Romance, j’invente des titres de romans que j’écrirai jamais, tout ça pis encore plus, en prenant soin de garder mes sphincters bien fermés. Le type tire enfin la chaîne, sort, je le plaque en me précipitant, je verrouille la porte approximativement; ça pue l’crisse, mais je m’en tape, le trône est là, à deux pas de moé. Mes narines me chatouillent soudainement — maudite coke cheap ! —, pis sans crier gare, j’éternue bruyamment. AAAATCHOUM !! Durant la procédure, je relâche bien malgré moé certains muscles, dont mes malheureux sphincters. La sensation chaude pis moelleuse dans mes bobettes m’indique la terrible catastrophe. J’ai rendez-vous avec une chick dans quelques minutes, la soirée risque d’être « étonnante ». (même si ça serre mes grosses couilles) Je me félicite d’avoir opté pour des moule-poches à soir, ainsi la marde ne coule presque pas le long de mes cuisses. Presque pas. Avant d’effectuer le moindre mouvement, je prends quelques secondes pour réfléchir à mon sort peu enviable… J’ai un litre (minimum) de caca dins culottes, je sais pas quelle heure il est (la prochaine fois qu’on me demande ce que je veux pour la Noël, je réponds « une montre ») faqu’il est fort probable que O_eMiLi_O soye déjà arrivée, qu’elle soit après scruter le bar à ma recherche, après fixer l’entrée pour me voir arriver. Ça me prend un plan, chuis crissement dans’ marde ! Étant doté d’une intelligence extraordinaire (par rapport au caillou), je choisis la fuite. Je prends une grande inspiration — me rends ainsi compte que je sens la charogne (un signe de santé, disait ma grand-mère) —, pis je sors des toilettes. Les Trois Accords chantent qu’il y a plein de changements dans leur corps de jeune fille — la rumeur veut qu’ils aient des doctorats en musique catchy, moi j’y crois aveuglément —, au zinc, on est après se rincer à la vodka-échalotes, aux tables, on refait ou défait le monde, puis à une table en particulier, une table à côté de laquelle chuis après passer, une chick me fixe. Bordel! J’aurais jamais dû lever les yeux, juste suivre mon itinéraire vers la sortie. — Edouard ? Bordel. — Edouard Hardcore? Lui répondre « Han? Edouard qui? Tu fais erreur, ma belle. » Non, pas « ma belle », ça fait trop Ed.Hardcore. Juste lui répondre « Qui ça? » — Euh, oué. Salut. Quel crétin! Il n’y a pas grand-chose qui me déstabilise dans la vie, j’en ai vu d’autres, j’ai déjà eu l’air cave peu à peu près, me fourrer dins genres en jasant avec un/e trans/e, être le seul à ne pas connaître « la vedette » à la table pis « la » traiter comme un sous-humain (après constat de la bévue, c’était quand même un sous-humain, une sorte de singe-rat, avec des dents horribles, des griffes terrifiantes, pis une peau ravagée par on-ne-sait-quelle maladie), mais me faire pogner après m’être chié dessus, dans le hit-parade des malaises, ça score en tabarnac! — Assis-toi Ed, reste pas debout. Ça doit bin être la première fois de ma vie que cette phrase me donne autant de frissons qu’un rappel de rendez-vous chez le dentiste. Damn ! Je tire la chaise. J’orgarde le siège un instant. Tourne mes billes vers O_eMiLi_O qui me lâche pas de son regard intense, ses yeux verts plantés dins miens, bleus… Crisse, ‘est don’ bin belle ! Je m’assis. — Ça va? Voilà une question à laquelle on répond généralement « oui » sans faire trop attention. — Hm, oui. Hostie, Ed ! Prends sur toi. Où est ta légendaire confiance en toi? Fais un effort, fais abstraction du tas sous tes fesses. — Est-ce que, hm, euh, tu viens icitte? Hm, euh, souvent ? — Ça sent drôle, tu trouves pas? Shit! — T’as-tu pété? — Oké. Let’s make it clear : chuis pas arrivé aux toilettes à temps, je me suis chié dins culottes. Quand tu trouves qu’une chick a des beaux yeux, dis-lui que tu t’es chié dins culottes, c’est la meilleure manière qu’elle les ouvre super grand pis que tu puisses mieux les admirer. — LOL !! — C’est pas de ma faute, la poudre me donne toujours la chiasse. — J’t’adore. — Chuis désolé, c’est juste que… — Chhhhht. C’est pas nécessaire de te justifier. Là, right now, faut faire quelque chose pour ça. Suis-moi. On est allé chez elle, elle habite pas loin, sur Saint-Denis. J’ai pensé un instant qu’elle était into scat, mais c’était pas ça. J’y ai pris une douche pendant qu’elle lavait mon linge(!), on a fait du necking, elle m’a sucé en me massant la prostate, je lui ai venu partout dans face. Deux fois. Ça fait un mois qu’on sort ensemble. Chuis en amour. Fuck. sixcentsoixantesix.wordpress.com Photo: Jean-Philippe Granger
10 commentaires
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NOUVELLES DU JOUR
CHRONIQUES
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14 janvier 2010
[...] Parlant de caca, je sais que tu t’en peux p’us, la conclusion de ma trilogie Stud cherche chick est maintenant online sur Bang Bang. [...]
14 janvier 2010
OK.
16 janvier 2010
C’est pas avec cette chroniqu-là que je vais me faire offrir des blowjobs…
16 janvier 2010
C’est quoi le profil Réseaucontact de ta chick, Ed? On veut vouère sa binette.
16 janvier 2010
Tu me scies en milles morceaux , t es décapant de sarcasme et d une vivacité d esprit tirée par les cheveux que j adore..si jamais ta chick se lassait…. j aime bien les terrains glissants hihihi?
17 janvier 2010
C’est ce qu’on appelle l’amour inconditionnel. Touchant.
17 janvier 2010
J’adore de l’utilisation du terme « terrains glissants » en-dessous de cette chronique.
18 janvier 2010
Yew.
19 janvier 2010
La photo a quasiment l’air arrangé..
11 février 2010
[...] (1), ma nouvelle blonde, est une femme moderne, ambitieuse, dévouée et patiente (cf. ma chronique de janvier), ce qui ne l’empêche pas d’user de discipline et d’autorité envers moi, pour mon bien. [...]