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Délirium Plaza
C’est pas un, ni deux rendez-vous que je me suis fixés au P’tit Medley à soir, mais bien trois. Back à back. 88_Joanie, melixxxa pis O_eMiLi_O. Une belle brochette de chicks qui, en plus de rechercher l’amitié pis l’amour, elles ont inscrit « sexualité » dans leurs buts sur le Réseau Contact. T’sais, je veux bin parler des prénoms de nos futurs kids, d’un éventuel chalet dins Cantons de l’Est ou encore de mon met préféré — l’omelette aux patates — qu’elle me cuisinera après une dure journée de labeur, mais tous ces beaux projets doivent commencer par un test sexe : mes grosses couilles pleines recherchent avant tout un sac à dèche compatible pour la vidange.
Je me suis mis propre, propre, propre — j’ai même pris une douche! —, pis j’ai réussi à trouver une paire de jeans pas trouée. Brossage de dents, dernier check-up dans le miroir, pis direction P’tit Medley. Mon premier rendez-vous, avec la chubby 88_Joanie, est à 18h00. J’arrive à 18h15 pour être fashionably late, comme qu’on dit, j’apprends rapidement qu’elle est arrivée à 17h45. En avance, pfff, quelle tache. Elle perd des points drette en partant. En fait, elle perd des points à chaque syllabe qu’elle prononce. J’ai connu des dyslexiques par le passé, mais elle, elle bat des records. Sa syntaxe est confuse, son vocabulaire est limité, pis je spotte les fautes de participes passés juste à l’écouter me raconter sa minable existence. Minable, oué. C’est une monoparentale de trois kids par trois pères différents. Elle est en arrêt de travail pour dépression nerveuse — fuck ! une folle ! —, pis elle suce la paille de son gin tonic comme une déchaînée malgré qu’elle se soit dropée deux pills calmantes avant not’rencontre. Ça, je l’apprends dins six premières minutes tellement elle est down à tout me révéler. Elle ose même me confier qu’elle a honte des p’tites lèvres de sa plotte qui pendouillent grossièrement dans sa culotte. Je lui demande si elle fume (la cigarette), elle me dit que non, que ça fait trois mois qu’elle a arrêté, je la somme quand même de m’accompagner dehors parce que moé, j’ai besoin d’en fumer une, là. Elle obtempère docilement — un morceau de robot. Il est 18h40 à peu près, mon prochain rendez-vous est à 19h30, faque, par dépit, ou par pitié, c’est pas clair, j’ose essayer de lui mettre ma langue dans sa bouche. Dzzt. Elle me trouve vulgaire (c’est elle qui me donne envie de vomir pourtant), pis me repousse comme si j’étais une marde. Elle me dit qu’elle ne me croyait pas aussi crasse, qu’elle avait perçu une certaine sensibilité romantique au travers ma fiche Réseau Contact. Je prends une grande inspiration avant de lui postillonner au visage « bin, câlisse don’ ton camp, tabarnac, pauv’conne ». Bien fait pour elle, quelle tache! Je me cale une coupe de Jameson en attendant melixxxa. Je jase avec le barman, un chic type, imbu de lui-même, mais t’sais, c’est pas moé que ça va déranger. À 19h35, une grande blonde entre au P’tit Medley. Scrute la place avant de poser ses yeux sur moé qui lui souris béatement. melixxxa est aussi cute que sur les photos d’elle que j’ai matées online, sauf qu’il lui manque l’assurance. Ses épaules sont recroquevillées vers l’intérieur, son dos vouté, pis elle a de la difficulté à marcher avec ses talons hauts visiblement neuf On s’installe dins tables dans le fond, où il y a la banquette (banquette que je lui laisse gentiment). melixxxa étudie en littérature à l’université, elle me connaît mieux que moi-même. Elle a lu pis relu mes romans, pis elle m’en parle non-stop, euphorique. Comme si j’étais un lièvre pogné dans son collet, sa petite bête, je le vois dans ses yeux, elle veut me décharner, se faire un coat avec ma peau, pis manger ma chair en ragoût. Chuis pas un peureux, mais là, maintenant, j’ai la chienne. J’ai pas écrit ce qu’elle croit que j’ai écrit, mais vu qu’elle est une hostie d’universitaire pis que moé, j’ai juste un secondaire cinq, elle réussit à me faire croire qu’elle a raison. Chuis vraiment inquiet. Je propose une smoke, elle est prête à me suivre n’importe où. On marche un moment sur la plaza, on jase de moi pis surtout de moi. J’ai un flash, juste pour la calmer, je lui propose de la faire squirter, je la déstabilise, probable qu’elle pensait que c’était une légende, je l’accote dans l’entrée de l’ancien Zoobizarre. Je lance ma main sous sa jupe, puis sous sa culotte : un premier doigt dans sa chatte déjà toute trempe. Je l’orgarde dins yeux en lui disant de fermer sa yeule. Un deuxième doigt, facile. Pis je masse. Ça prend quelques secondes avant que ses yeux se mouillent, elle a envie de me supplier d’arrêter, faque je lève mon aut’main dins airs pour lui signaler que ça sera pas beau si elle ose se plaindre. Je masse. Ses jambes deviennent molles, elle tremble comme si elle faisait 39 de fièvre. « Nooon. » Ça se met à friser partout, sur mes doigts, sur mes jeans. Elle râle un grand coup, relâche tous ses muscles, s’affaisse, je la retiens sur la porte par sa plotte. Ses yeux se révulsent, j’agrippe sa gorge, la shake, m’assure qu’elle survivra (elle survivra). J’essaye de la frencher, mais j’arrive tout juste à lécher ses dents fermées serrées. « Heille baby. Envoie-moi ton adresse courriel, il est tard, faut que je rentre. » melixxxa se resaisit, elle parle d’une amie qui avait pas l’air de filer à soir, bon, je lui dis qu’il serait peut-être plus sage de voler à son secours que de rester avec moi, que là, entr’autres, j’ai envie de chier, que cette envie m’obsède. J’enlève mes doigts, on se donne des becs sur les joues. « Bye. » « À’ prochaine. » Elle part vers Beaubien, il mouille, mais vu qu’on est sur la plaza, il lui mouille pas dessus, t’sais. Je l’orgarde s’éloigner en fouillant dans la poche de ma veste, elle avait un hostie de beau cul. Je trouve enfin mon briquet, m’allume une cigarette, pis retourne au P’tit Medley. Il est 20h30 presque. À 21h00, je vais faire la connaissance d’O_eMiLi_O. J’ai le temps de m’enfiler deux Jameson pis au moins une traque. Mais avant tout, je dois aller chier. [Ne manque pas la suite des aventures d’Ed.Hardcore ! Dins années 10 : du sexe pis du sang — étonnant ! —, pis plein d’autres affaires poche comme l’amour... Exactement : de l’amour — c’est possible ! Dès janvier, l’épisode trois de « Stud cherche chick ». Gratuit dedans ton écran !] sixcentsoixantesix.wordpress.com Photo: Jean-Philippe-Granger
19 commentaires
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NOUVELLES DU JOUR
CHRONIQUES
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7 décembre 2009
Ed, t’es un Don Juan, en mieux.
7 décembre 2009
Oh ! Je rougis.
7 décembre 2009
Ed, tu es le Fred Pellerin de la Plaza St-Hubert en moin carroté.
Oubien, a lire ta maitrise du joual moderne, seras-tu le fils caché de Michel Tremblay?
En tout cas, je suis à mi-chemin dans Prison de poupée et laisse-moi te dire que ca se lit les dents serées. J’aime ca.
7 décembre 2009
Sacré agace va.
8 décembre 2009
Mes toasts goûtaient presque la plotte.
Bravo
8 décembre 2009
Agace!? Il l’a fait squirter!
8 décembre 2009
Mais non André de Sorel, je faisais référence au fait qu’il fallait attendre encore plusieurs semaines pour la suite des choses, pas à ce qu’il a fait de la fille. Il n’a pas l’air tellement “catch me if you can player” en effet.
8 décembre 2009
T’sais Joëlle, c’est que chuis pas éjaculateur précoce, je fais juste durer le plaisir. Mais si tu me shippes une photo cochonne dans le privé, je peux te faire parvenir une primeur…
8 décembre 2009
Joëlle, je te conseille d’accepter.
9 décembre 2009
T’sais Edouard, c’est que chuis vraiment très heureuse que tu n’aies pas de problèmes de précocité – pas que j’en doutais. Mais je vais quand même décliner l’offre plutôt inspirante j’dois l’admettre, c’est que j’ai lu “Maudits” hier et j’ai un stock d’hémoglobines à digérer en attendant ta prochaine chronique.
10 décembre 2009
Joelle, t’es une sale chicken. Poc, poc, poc!
11 décembre 2009
Awwwww, dommage. Pour le blowjob, ça tient-tu toujours ?
11 décembre 2009
Aaah messieurs vous m’faites mourir -dans le sens positif du terme-.
André, le jour où je verrai TA photo cochonne j’vais reconsidérer mon rôle de poulet.
Ouais Edouard, d’accord pour le blowjob, maintenant que je sais que tu es propre-propre. Invite-moi à prendre un verre ou dix et j’m'y appliquerai.
12 décembre 2009
C’est chaud par chez vous mon Ed. Ça donne le goût d’aller s’acheter une robe de mariée.
12 décembre 2009
Can you feeeeeeeeeeel the loooooooooooooooove toniiiiiiiiiiiight!!!
13 décembre 2009
Pas pire comme prix de consolation.
18 décembre 2009
Parle moi de ça un premier rendez-vous de même. Y devrais en avoir plus des de même sur la Plaza. T’as pensé donner des cours 101 de comment hooker up une fille comme faut?
23 décembre 2009
C’est qu’il est charmeur ce p’tit Ed…
23 février 2010
Hahahaha
On dirait une histoire de mon ti frère de 20 ans, pareil!
Ou Anais Nin avec plus de jus.
2 doigts, des ti becs cé joues, une cloppe.