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Reportages et entrevuesLe groupe montréalais Sprinter s’élance sur la piste du punk rock des années ’90 et s’apprête à sortir Melee, un premier album. Musique de chambre Même si les quatre gars de Sprinter ne sont plus des ados (ils tournent tous autour de la trentaine), ils sont encore habités par l’énergie juvénile du punk rock. Leurs débuts, en 2009, en témoignent. «J’étais chambreur dans un hôtel miteux à côté du Yer’Mad et on pratiquait dans ma chambre!», rigole Nicolas Champlain Lussier, le batteur. «On ne pouvait pas s’asseoir parce que c’était infesté de punaises de lit!», renchérit Richard Rock, le guitariste. «Punaises que j’ai d’ailleurs fini par ramener chez moi…», tranche Maxime Bilodeau Couture, le chanteur et guitariste. En compagnie de leurs grouillants petits amis, la bande joue du Rancid, Face To Face et compagnie, puis les bassistes se succèdent. Maxime Pouliot prend finalement les grosses cordes en charge pour de bon, une chimie s’installe et les compositions ne tardent pas. «On a toujours eu des bands depuis qu’on a 16 ans, explique Couture, mais on les a jamais amenés à terme ni réussi à les faire connaître. Là, enfin, on veut tous que ça marche!» Le groupe adopte alors le nom de Sprinter. «Je trouvais que ce nom sonnait bien, confie Rock, et il y a toujours des bonnes raisons pour courir: tu sprintes pour aller dans le moshpit, si tu fais des petits larcins ou si tu te fais lancer des lacrymos, tu te pousses en sprintant…» Pinte, pas pinte Il semble y avoir de la graine de p’tits bums au sein de Sprinter, mais aussi beaucoup de sagesse. Après plusieurs excès, Champlain et Couture ont renoncé à l’alcool cet hiver. «Ça a juste apporté du positif, on est plus tight, explique Pouliot. Dans le processus d’écriture, ça a aussi beaucoup aidé. On boit moins, on joue plus!» Même Rock, qui descend les pintes tel un Bruny Surin de la bambochade, appuie la décision de ses partenaires : «Je me sens plus en sécurité [lorsqu’on joue]. Ils me backent si jamais je suis trop saoul et que je me trompe!» L’un des avantages de moins boire est aussi que les paies de spectacle ne partent pas en liquide et qu’elles peuvent être investies dans quelque chose de plus solide, comme un album. Sprinter est donc entré en studio en février dernier pour enregistrer Melee, un album qui devait être initialement un split avec le groupe El Patron. Par contre, ce groupe s’est séparé en cours de route. «Ça a été un gros processus, parce qu’on a vraiment fait l’album DIY, de A à Z, déclare Pouliot, avec fierté. La production, l’argent, même le graphisme, tout sort tout de nous!» À l’aube des bombes Les 7 chansons de Melee sont plutôt engagées et il y a des bombes rouges sur la pochette. On peut donc déduire que le climat politique actuel agit comme un gros Gatorade sur Sprinter. «On est entré en studio au début des grèves générales, explique Couture, Nicolas et moi sommes tous les deux à l’université. Tout s’est fait dans ce contexte, mais ça n’a pas été réfléchi, c’est un heureux hasard. C’est une réflexion quotidienne qui a teinté l’album. Ça fait des années qu’on dit que le système ne fonctionne pas. Même dans les années ’70, Anarchy In The UK parlait de ça! On a la même roue économique qui suit les mêmes principes et qui nous mène à notre perte. Le titre Melee représente autant la confusion que la confrontation.» «Quelque chose brasse, poursuit Champlain, le monde s’est ouvert les yeux sur quelque chose depuis Seattle et les premières grandes manifestations anti-capitalistes. C’est en train de prendre un tournant mondial qui s’est amplifié depuis 10 ans. Les bombes, c’est pas mal la prochaine étape qui s’en vient. Pas nécessairement des bombes physiques, mais des «bombes de pensée». Quelque chose est sur le bord de sauter et les bombes [sur la pochette] représentent cette tension.» Malgré le marathon de manifestations auquel on a assisté ce printemps, Sprinter n’est pas obsédé par la politique. «Si on s’est dépêché pour sortir l’album, relativise Champlain, c’est juste qu’on veut en sortir un prochain le plus tôt possible!» «On veut vendre des t-shirts pour payer le prochain album, s’enthousiasme Richard, un par année, ça serait un bon rythme!» Certain, le punk rock se passe au pas de course. Lancement de l’album Melee de Sprinter, dans le cadre des Samedis Pouzza, avec Dutch Nuggets, le jeudi 7 juillet 2012, à l’Esco, billet à 10$ (incluant une copie de l’album), 5$ à la porte. Billets en vente sur le site de L’Écurie. Crédit photo : Mélanie Lebrun @ my-pixbox.com
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