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Yo, yo, yo. Jeudi dernier, le 7e SPASM a commencé sur des chapeaux de roues, avec la grande première du long métrage Cul de $ac, un film d’action mêlant truands québécois et des câli**e de ninjas (dixit le tagline du film), au splendide et très classe Cinéma Impérial. En employant le très coool Serge Laprade à contre emploi dans un film de genre (il y incarne un très crédible chef de la pègre), les réalisateurs Jib et Carlo ont réussi par hasard à créer une sorte d’anti-Truffe - qui, rappelons-le, avait à son bord, le némésis de Laprade, soit l’incroyable Michèle Richard. Si le film de Kim Nguyen (qui ouvrait Fantasia ‘08) avait visiblement pas mal plus de bugdet et beaucoup moins d’effets ‘gore’, Cul de $ac peut se vanter d’être non seulement le tout premier film de ninja ‘made in Québec’, mais également le long métrage DIY le plus réussi jamais produit ici.
D’abord, le pot car les fleurs sont assez jolies. Le détail qui nous irrita tout au long du film fut l’aspect sonore, qui aurait sérieusement eu intérêt à être mieux traité. C’est qu’on entendait difficilement ce que disait l’excellente Danielle Hubbard (la patronne des Ninja) qui s’exprimait en anglais, alors qu’on ne pigeait que dalle lorsque jasaient les quelques truands russes. Des sous-titres n’auraient vraiment pas été de trop. Dommage également pour la puissante mais beaucoup trop distortionnée trame sonore, qui incluait notamment des pièces de Mastodon, High on Fire, Neurosis, Grimskunk, Les Ékorchés et même Johnny Cash. Que du bon qui ne sonnait pas très bien disons. Passons. Deuzio, durant la 2e moitié, il y avait par moment tellement d’action qu’on pouvait difficilement reprendre notre souffle. Quoique souvent étourdissant, le montage hyper-actif était certes fort dynamique.
Cependant, ces petits bémols ne nous ont pas empêché de passé un sacré beau moment. Loin de là. Réalisé sur une période de 6 ans (!), cet ambiteux long métrage contenait une foule de très nutritifs oligo-éléments: des mises à morts nombreuses et inventives, un Laprade incroyable et surprenant en tortionnaire sanguinaire, des cracheurs de feu et une torche humaine, d’innombrables cascades, des combats à l’infini, du gros gore sale qui tache (rivalisant avec le fâmeux Bagman de leurs potes de Roadkill Superstar), une magnifique séquence animée (rapellant légèrement celle du premier Kill Bill), etc. Évidemment, y’a un peu de Tarantino là-dedans, mais le tout reste tout de même fort Québécois (grâce - dans les 2 cas - aux très justes dialogues) et particulièrement Montréalais (le côté cosmopolite du film). 2 (severed) thumbs up, comme dirait un collègue ricain. Vivement un DVD bourré de suppléments!
Hier soir, dans un Café Cléopâtre bondé, avait lieu la formidable soirée Trailer, mijotée par l’impayable Carnior, ex-membre du défunt collectif Phylactère Cola. 90 min de fausses bandes annonces façon Grindhouse. Au programme, 30 faux trailers de films de genre, regroupés par décennie, passant des trailers inspirés des années ‘50, ‘70, ‘80 et 2000. On eut droit à des réalisations de plusieurs membres de Phylactère Cola (et leurs potes), de la gang de Roadkill Superstar, d’Izabel Grondin et d’un paquet d’autres artistes dévergondés. Nos préférés: The First Spaceshit on the Moon (sci-fi rétro fort colorée), Mauvais Maurice (Mad Max en BMX) , Eulga (des gars travestis torturés dans une prison de femme… pissant!), Ninja Eliminator (des ninjas des USA multicolores), No Hope et Trop (déments!), sans oublier le clou de la soirée King Crab Attack (un faux-film super pro avec des crabes géants en stop motion, malaaaade!). Carnior, SVP, mets tout ça sur DVD ça presse!
Et, concernant la soirée Total Crap 5 qui suivait au Club Soda juste après, a-t-on vraiment besoin de vous dire que c’était encore une fois totallement ridicule? Je ne crois pas. Trois heures de pur délire, remplis de chanteurs-euses country, de lutteurs analphabètes et d’artistes pas de tout tristes (on eut droit à un Elvis obèse qui se prenait pour GG Allin… sérieux!).
Ça reprend mardi avec de la science-fiction à la Cinémathèque Québécoise. Prêts pour le décolage?