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Reportages et entrevues

Spasm: Décapiter pour rire

Spasm: Décapiter pour rire

Marc-André Savard
29 octobre 2010

Quelqu’un qui glisse sur une peau de banane, c’est amusant,  mais si en plus il tombe assis sur un banc de scie, c’est drôle à s’en faire exploser la rate! Allez, aucune honte à avoir: Vous n’êtes pas seul à mélanger rire gras et hémoglobine, comme en témoigne le succès monstre de la neuvième édition du Festival SPASM, cette célébration du cinéma de genre. On a attrapé le président Jarrett Mann au Théâtre Plaza au lendemain d’une énième soirée de festival à guichet fermé pour discuter de culture juteuse.

La marge est large

En 2009, on amorçait la construction du Quartier des spectacles au centre-ville ainsi que d’une nouvelle salle pour l’Orchestre Symphonique de Montréal…On exigeait au même moment l’expropriation du Café Cléopâtre, croustillant berceau de la culture travestie et lieu de diffusion pour SPASM. Allô, la gentrification. «Tout le paradoxe est là, constate Jarrett. Ce qui se passe au Café est unique, on le supporte dans son combat [contre l’expropriation] mais en ce qui nous concerne, on ne peut presque plus y produire d’événements parce que c’est rendu trop petit pour accueillir notre public!» Plusieurs soirées du SPASM se tiennent donc dans des salles de plus grande envergure, comme au Théâtre Plaza, à l’extérieur du centre-ville. «C’est sûr qu’on veut rester downtown autant que possible; On veut projeter une image grandiose et on va continuer à aller vers de plus grandes salles tant qu’on va les remplir.  On est en marge, mais ce n’est pas réducteur; la marge est large!»

L’humour avant la scie mécanique

La popularité sans cesse grandissante du SPASM confirme que «l’écrapou» a la cote, mais ce genre de cinéma se heurte encore à de nombreux murs. On ne peut passer sous silence le cas de Rémy Couture, ce maquilleur professionnel que la police de Montréal traîne devant les tribunaux pour avoir produit et diffusé des courts-métrages d’horreur «corrompant les moeurs».  On s’attend à ce que Mann s’emporte comme un zombie dans Dawn Of The Dead pour défendre l’artiste, mais son opinion demeure modéré. «Je ne connais pas bien son oeuvre et beaucoup de gens parlent sans savoir. Le problème n’est pas d’avoir produit ce genre de matériel, mais de l’avoir diffusé gratuitement sur Internet. On a déjà présenté un film de Couture et c’était très troublant…» Même à SPASM, il y a une ligne à ne pas franchir. «À chaque année, on refuse de présenter un ou deux films. C’est important qu’il y ait un deuxième degré et que ça soit fait avec humour.»

Balancer une nymphette dans un broyeur, pour rire ou pas, ça peut choquer. Quel impact pourrait avoir l’éventuelle culpabilité de Couture sur le festival et l’industrie? «Aucun impact», tranche-t-il. “Je sens que je vais me faire tuer en disant ça, mais il n’existe déjà pas de financement pour ce genre de production. En ce qui concerne nos partenaires, ils sont bien au courant de notre programmation et c’est souvent eux qui adaptent leurs publicités en conséquence! Mais bon, c’est sûr qu’on n’ira pas demander à McDo…»

Les événements Spasm à surveiller ce week-end:
Total Crap 7: ce soir au Club Soda. Dès 20h30.
La Grande soirée horreur: ce samedi au Club soda. 21h.
Le bal de l’horreur II: ce samedi aux Katacombes. 22h. Parmi les DJ invités: Le Matos
Spasm aux 4 coins du Québec: À Québec, Rimouski, Senneterre et Montréal. Plus de détails ici.

spasm.ca

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