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Reportages et entrevues

Solids : Rock stratifié

Solids : Rock stratifié

Marc-André Savard
4 octobre 2011

Solids, ce ne sont que deux musiciens, un guitariste et un batteur, mais ils possèdent l’impact et la dimension d’un groupe complet. À quelques jours du lancement d’un 7 pouces de deux chansons, sortons le piolet et regardons ce qui se cache dans les sillons de cette formation indie/grunge montréalaise.

Pas de basse à la base

Premier constat: Heille, j’entends des basses fréquences! «J’utilise une AB switch pour remplacer la basse» explique Xavier Germain Poitras, le guitariste. «L’idée d’un bassiste a rapidement pris le bord, précise Louis Guillemette, le batteur. On est accordé bas alors on n’en avait pas besoin…»

Et puis ça voyage plus léger eu duo. «Au début, on voulait être deux pour pouvoir jouer facilement à l’extérieur, poursuit Louis, mais on sort finalement pas souvent de Montréal…» constate-t-il en riant.

Solids a néanmoins joué deux fois à Toronto, s’attirant des critiques favorables du journal Exclaim!, qui offre d’écouter gratuitement le nouveau disque, ces jours-ci. Est-ce que le fait que le groupe chante en anglais aide à séduire nos voisins? Louis, aussi batteur pour Le Kraken – une formation francophone – est bien placé pour répondre. «C’est vraiment pas plus dur sortir [du Québec] avec un groupe en français. On est allé jouer à Toronto avec Le Kraken et l’accueil était excellent. Ça figure parmi nos meilleurs shows!»

En fait, le choix de langue chez Solids n’est pas une décision stratégique. «C’est avant tout une question de phonétique, explique Xavier, le chanteur principal. Quand j’imagine une mélodie, c’est en anglais…»

Solid Zeppelin

La nouvelle galette de Solids a été enregistrée en deux jours au réputé Breakglass Studios par Jace Lasek (à la tête des Besnard Lakes). «Ça fait vraiment une différence de travailler avec un gars qui a une oreille exceptionnelle comme ça, remarque Louis. Il y a aussi une vibe spéciale dans le studio. T’sais, c’est là qu’a enregistré Patrick Watson et il [Lasek] utilise la même console que Led Zeppelin pour l’album Physical Graffiti!» «On a essayé plein d’amplis là-bas, complète Xavier. Au final, la guitare passait par trois amplis avant d’arriver à la console.»

Tasse à café

Le premier album de Solids, un EP intitulé Generic Dogs, a été lancé l’an dernier en trois formats différents, incluant la bonne vieille cassette. Bien qu’ils ne soient pas collectionneurs, les deux comparses affectionnent particulièrement les artéfacts musicaux qui sortent de l’ordinaire. «Je me rappelle de Dutch Oven [un groupe rock local] qui vendait des mitaines à four. C’était vraiment cool! On aimerait ça faire ce genre d’affaires-là. J’sais pas, comme des tasses à café!»

En attendant, le groupe s’est éclaté pour la confection de la pochette du nouveau vinyle. «Je me suis amusé avec un ami qui a un atelier de sérigraphie, explique Xavier. On faisait plein de tests…il n’y a pas une pochette pareille!». Louis, de son côté, s’est occupé de les découper et confirme que le résultat est pour le moins original. «Il y en a qui sont vraiment fucked up. On va essayer de les vendre en premier, celles-là!»

Solids lancera son nouveau disque en sol montréalais le 14 octobre au Barfly en compagnie de Naughty Girls et Ponctuation. 21h. 10$ avec le disque, 7$ sans.

solids.bandcamp.com

Crédit photo : Flo Pétigny

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