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L'abominable homme des consSéisme en Haïti : De l’eau 2.0Simon Jodoin26 janvier 2010
Dans ma plus récente chronique, je vous parlais des efforts déployés par certains acteurs du web 2.0 qui tentent de mettre à profit les moyens de communication à leur disposition afin d’apporter leur aide aux sinistrés d’Haïti. Je relatais ainsi l’exemple de Pierre Côté qui, par le biais de son concept transmedia « Realtime Réalité » avait réussi à mettre en contact Nutrinor, qui désirait envoyer de l’eau en bouteille pour aider les sinistrés assoiffés, et le CECI, qui pouvait la transporter par avion cargo. Je me permets ici de faire un suivi de la situation afin de rendre compte, par le biais de cette chronique spéciale, des dernières nouvelles à ce sujet. Vendredi dernier, Pierre Côté annonçait via sa plateforme (qui se déploie principalement sur Facebook, Ustream et Twitter) qu’il avait trouvé un autre donateur d’eau, la compagnie Naya située à Laval, qui était prête à envoyer 10 000 caisses d’eau, pour une quantité totale approximative de 120 000 litres (une valeur approximative de 40 000$ sur le marché). C’est Stefan Numbaru, un autre internaute qui a pris part au projet de Pierre au cours de la semaine dernière, qui a pris en charge ce dossier afin de trouver un moyen d’acheminer cette eau vers Haïti. À force de contacter des transporteurs, Stéfan a pris contact avec George Junior Léger, de la compagnie Transport George Léger, située à Salaberry-de-Valleyfield, qui a accepté d’acheminer la cargaison d’eau vers un port de Miami. On annonçait ainsi vendredi dernier qu’un de leurs camions partirait avec les 1500 premières caisses, une quantité maximale pour la capacité d’un seul camion. À partir de Miami, ce serait la Haiti Relief Task Force qui s’occuperait des envois vers Haïti. Cet organisme semble être apparu tout récemment, leur nom de domaine a été enregistré le 17 janvier 2010 et leur site web ne comporte que quelques pages alors qu’une requête google ne renvoie que quelques 80 résultats. On peut apprendre, dans la section à propos, qu’il serait le fruit d’une collaboration entre la ville de Miami et diverses associations. Du côté de la ville de Miami, on annonce effectivement la mise en place d’une collaboration avec divers organismes afin d’apporter de l’aide à Haïti, mais étrangement, on y parle plutôt d’une association avec la Croix Rouge, Vision Mondiale et Food for the poor, alors qu’on ne trouve aucune référence au Haïti Relief Task Force. L’agente des relations publiques de la ville de Miami m’a cependant confirmé que la municipalité était bel et bien en tête (lead agency) de cet organisme. Les dons sont acheminés dans un entrepôt situé dans la Petite-Haïti, un quartier de Miami, où des bénévoles font le tri et préparent les envois pour Haïti vers des ONG telles que la Croix-Rouge, La Pan American Development Foundation, la Fondation Colombes Saint-Marcoises et même l’armée Américaine. Joint au téléphone vendredi dernier, Sean Surkis, vice-président de Naya, ne pouvait confirmer que l’eau allait bien partir, tel qu’annoncé via divers twitter. À ce moment, aucune décision n’était prise et sa préférence pointait vers un don à une ONG reconnue. Ce n’est que lundi matin qu’il a pu confirmer qu’il acceptait de faire affaire avec le réseau mis en place par Stefan Numbaru et Pierre Côté. Selon ces derniers, le CECI et les ONG n’étaient plus en mesure d’accepter de l’eau en bouteille. Jointe au téléphone, Carine Guidicelli directrice des communications et du développement du CECI, s’étonnait que des individus s’autorisent à parler au nom de l’organisme sans en avoir le mandat. Le fait est plutôt que l’organisme travaille en coordination avec ses équipes sur le terrain et les autres ONG impliquées dans le dossier afin de répondre aux besoins selon la demande. Si Naya l’avait contacté directement, le CECI aurait sans doute accepté l’eau pour la considérer comme disponible en cas de besoin, mais pour l’heure, les responsables de la distribution sur le terrain demandent plutôt de chercher de manière urgente des alternatives pour combler la soif des sinistrés, tels que des filtres et des capsules d’épuration. Selon Guypsy Michel, directeur des opérations de la CECI en Haïti, “nous sommes en train de créer un monstre environnemental”, à coups de milliers de bouteilles en plastique qu’on ne sait plus trop où mettre. D’autant plus que de toute façon, que l’eau soit acheminée via un organisme de Miami comme le Haïti Relief Task Force ou par un autre moyen, les biens reçus, que ce soit de l’eau ou autre chose, sont en fin de compte gérés et distribués par les ONG comme le CECI, Vision Mondiale ou la Croix Rouge qui travaillent toutes en commun, autant que faire se peut dans les circonstances. Il n’y a qu’une seule piste d’atterrissage à Port-au-Prince et le port, à l’instar des entrepôts, est hautement contingenté. Peu importe par où on passe et comment on procède, il y aura inévitablement un goulot d’étranglement et l’eau ne se rendra pas plus vite aux sinistrés. Carine Guidecelli est à ce titre catégorique : Le CECI travaille depuis des années en Haïti, ses employés sur le terrain sont haïtiens, parlent créole et l’organisme travaille en coordination constante avec les autres ONG. On peut assez mal s’imaginer que des individus, peu au fait du travail humanitaire, soient à même de mieux évaluer et exécuter les tâches prioritaires et, le cas échéant, de rendre des comptes auprès des donateurs en cas de problème. L’engagement humanitaire vient avec des responsabilités. Qu’arrivera-t-il des 8500 caisses d’eau toujours disponibles chez Naya? Aux dernières nouvelles Stefan et les internautes qui le suivent tentent de trouver d’autres camions ou d’autres moyens de transport. George Junior Léger a d’ailleurs accepté de l’aider dans sa quête en demandant à certains collègues d’autres compagnies de mettre la main à la pâte. Un voyage vers Miami pour une telle cargaison représente une valeur de 3000.00$. À l’heure où j’écris ces lignes, l’envoi de la première quantité est officiellement confirmé depuis ce matin, les 1500 premières caisses d’eau partiront dès aujourd’hui. Pour ce qui est de la première quantité d’eau offerte par Nutrinor, elle était stockée depuis la semaine dernière à l’aéroport Pierre-Eliott Trudeau. Le CECI est en mesure de confirmer que la moitié des 25 000 litres d’eau partira dès aujourd’hui par avion et l’autre moitié devrait suivre plus tard, fort probablement par bateau.
13 commentaires
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CHRONIQUES
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26 janvier 2010
Simon J. La meute des 2.0 ne te le diront peut-être pas, mais sans ton travail sur ce coup là, tous leurs twits ne seraient que des rumeures éparpillées et décousues. Merci.
27 janvier 2010
Citation : “On peut assez mal s’imaginer que des individus, peu au fait du travail humanitaire, soient à même de mieux évaluer et exécuter les tâches prioritaires et, le cas échéant, de rendre des comptes auprès des donateurs en cas de problème. L’engagement humanitaire vient avec des responsabilités.”
On ne peut pas être contre la vertu mais cette phrase résume bien la critique qu’on pourrait adresser à Côté son projet d’aider Haïti. Si on reproche aux ONG de manquer de coordination ou de ne pas être assez vite sur la glace comparé à twitter et au web social c’est certainement pas en leur jouant dans les pattes qu’on va améliorer la cadence. Pour ma part le fait que le web permette à une compagnie de rejoindre les ONG (par bouche à oreille numérique) est déjà amplement suffisant. Pas besoin en plus de s’improviser organisme humanitaire. Être cynique je dirais que ça ressemble plus à une course de visibilité au nom de l’internet. Mais bravo quand même pour l’intention.
Sans rapport, mais il y a aussi le fanatique John Travolta qui a trouvé une place sur la seule piste d’atterrissage pour son “aide humanitaire” scientologique.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201001/27/01-943330-pas-dattente-pour-john-travolta.php
Lui aussi y’est plein de bonnes intentions.
27 janvier 2010
Ouin, mettons que c’est pas son meilleur film Travolta.
27 janvier 2010
Je suis effectivement d’avis que tout effort doit compléter ou bonifier les actions des structures existantes. On ne peut prétendre se substituer aux organismes compétents, on peut seulement contribuer en utilisant les outils que nous connaissons et en les mettant au service des opérations qu’eux comprennent et gèrent, dans toute leur complexité.
En tous cas, quand j’ai participé la semaine dernière au dossier de l’eau, c’était dans cette perspective. Être des catalyseurs, des entremetteurs, c’est là que les réseaux sociaux prennent tout leur sens, pour moi. Mais ce n’est pas parce que je peux twitter une information sur une victime prise dans des débris que j’ai les compétences pour la sortir de là…
27 janvier 2010
Merci pour ton commentaire Indépendant. En fait, je ne m’attends pas vraiment à me faire remercier, mais j’apprécie toujours. Et ça ne se fait pas toujours sur le web ce genre de chose…
Mais ton commentaire me fait penser à cette phrase tirée d’un vieux bulletin de l’UNESCO sur les médias qui date de 2000 (et pas démodé, à part les chiffres)…
L’actualité n’existe pas, elle se crée.
S’il n’y avait pas de journalistes, il n’y aurait pas d’actualité.
Il y aurait simplement des faits.
– Carlos Luis Alvarez ,
journaliste espagnol (1932-)
http://www.unesco.org/courier/2000_02/fr/pdf/00_02_17.pdf
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Véronick Raymond, tu as écrit : « Mais ce n’est pas parce que je peux twitter une information sur une victime prise dans des débris que j’ai les compétences pour la sortir de là… »
-Voilà un esprit de synthèse que je pourrais t’envier !
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Dans la discussion qui suivait ma chronique précédente, j’annonçais que j’allais sans doute revenir sur une réflexion à propos de cette histoire. J’ai préféré faire une chronique spéciale pour faire un suivi et des vérifications de certains faits, que vous lisez plus haut. Je ne crois pas que je vais y aller d’une autre chronique pour emballer mes quelques idées, mais je vais le faire ici, en m’auto-commentant si je peux dire (pour les éventuels lecteurs que ça peut intéresser).
(1) Concernant l’idée générale de l’utilité du web 2.0 en cas de crise, principalement Twitter puisque c’est ce dernier qui a fait la manchette depuis le séisme en Haïti, je demeure mitigé. Oui, dans les premières heures, cet outil est devenu un réel fil de presse qui permettait de capter des infos en temps réel. Il a aussi permis dans une certaine mesure de prendre contact avec des gens sur le terrain. Tout cela est fort bien.
Cependant, le hashtag #Haiti est vite devenu, en quelques heures, une sorte de bouillon indéchiffrable où trier le bon grain de l’ivraie est devenue une tâche impossible, voire utopique. D’autant plus que les utilisateurs de twitter se sont mis à retwitter à qui mieux mieux tout et n’importe quoi, sans aucun discernement.
À ce titre, un bon papier paru le 22 janvier sur Foreign Policy : Lost in #Haiti
http://www.foreignpolicy.com/articles/2010/01/22/lost_in_haiti
Et en dernière instance, depuis quelques jours, les twitteurs et twitteuses les plus avides du #Haiti sont carrément tombés dans le ridicule olympique, s’accusant les un les autres d’être des canulars, des opportunistes et tutti quanti. « Mon twit est plus humanitaire que le tiens »… On est tombé dans le radiotrottoir, le potin, l’approximation, le ONG bashing… « Les foules sont inertes et inintelligentes » écrivait Freud… Et il ne connaissait pas Twitter… !
(2) Si j’étends cette réflexion sur twitter de manière plus générale, à l’ensemble des médias sociaux, je ne peux que faire le même constat. Certes, ces outils se sont avérés utiles, d’une part pour informer et d’autre part pour établir des contacts. On a beaucoup parlé du show de Pierre Côté qui se déploie justement sur toutes les plateformes en temps réel : facebook, ustream, twitter et cie… À ce titre, il faut bien lui rendre ce qui lui appartient : c’est bel et bien grâce à ces moyens de communication qu’il lui a été possible de devancer à peu près tous les grands médias, en étant le premier à diffuser des entrevues en direct avec des Haïtiens. Plus encore, c’est aussi par ces moyens, comme on peut le lire plus haut, que le lien entre des compagnies désireuses d’offrir leurs ressources et des ONG ont été établis. Encore une fois, tout cela est fort bien.
Cependant, toutes ces bonnes intentions ont suivi à peu près le même chemin que le hashtag #haiti : La simple utilité communicationnelle a été en dernière instance supplantée par une sorte d’opportunisme idéologique permettant de diffuser des énormités du type : « mon humanitaire est plus gros que le tiens ». La quantité a vite surpassé la qualité… On peut de bon droit se demander à quoi il sert de CRIER EN MAJUSCULE des centaines de fois par jours que les gros médias ont oublié Haïti (parce qu’une autre nouvelle passe ne première page), que tel ou tel journaliste est un lâche parce qu’il a fait d’autre choix que lui, qu’il a devancé les ONG qui vivent, pense-t-il, de la misère humaine, qu’Haïti n’a pas besoin de votre argent (une absurdité abyssale) mais de votre implication au sein de son projet d’ «intelligence collective» (qui vaudrait mieux selon lui que le travail journalistique effectué par des travailleurs pourtant compétents, au moins autant –sinon plus- que lui)…
Il suffit de lire ses messages twitter pour se rendre compte que la ligne entre altruisme et opportunisme idéologique n’est pas toujours clairement définie, et allègrement traversée…
(3) Pour conclure, je dois dire que le cas de Pierre Côté sert ici, au fond, d’archétype du 2.0… Il a lui-même choisi d’occuper beaucoup d’espace dans ce dossier et à titre de « spectacle », son produit peut bien être critiqué comme bien d’autres. Mes réflexions dépassent cependant de loin sa propre personne… Plusieurs problèmes qui me viennent à l’esprit pourraient sans doute englober plusieurs autres exemples. Je vous en présente quelques uns :
- Règle générale, les friands du 2.0 clament haut et fort leur propre transparence tout en dénonçant l’opacité des médias traditionnels. Mais ce faisant, la plupart d’entre eux n’hésitent pas à « relayer » de l’information sans discernement ou vérification ce qui, au final, ne fait qu’épaissir le brouillard.
-On glorifie sans relâche la « rapidité » du web 2.0 qui serait apte à devancer les médias traditionnels et même les ONG ! Voilà une bien pompeuse prétention ! Pourtant, vérifier des faits, prendre contact avec des sources, faire circuler de l’information –pour autant qu’on la vérifie- et des biens, cela prend un temps considérable par des relations « réelles » de personne à personne… Tenter d’en faire l’économie ne se fait le plus souvent qu’au profit de la médiocrité.
- On a déclaré haut et fort les bienfaits de « l’intelligence collective » de la « communauté » (si tant est que ce terme s’applique) des médias sociaux. Or, la « connerie collective » n’est jamais bien loin… On vante pourtant constamment la première sans jamais dénoncer la seconde.
- Une certaine « gauche » des médias sociaux dénonce constamment la sur-médiatisation d’événements comme celui qui s’est produit en Haïti. La chanson est connue : Trop de nouvelles, trop de journalistes, trop de couverture. Cependant, dès que ces événements quittent la une, on dénonce aussi vertement le fait que les médias s’en désintéressent… N’y a-t-il pas là un paradoxe insoutenable ? Sans compter le fait que la couverture web 2.0 ne fait qu’ajouter une couche de couverture! Alors quoi? Serait-ce simplement une guerre d’égos qui consiste à déterminer qui en parlera le plus, et le plus longtemps?
-Cette même « gauche 2.0 » s’autorise à dénoncer allègrement les intérêts financiers et l’opportunisme capitaliste des grands médias. On va même jusqu’à dire qu’ils couvrent ces catastrophes par simple motivation pécuniaire. Pourtant, on voit mal en quoi les outils des médias sociaux –et leurs protagonistes- seraient exclus de la même critique. Les FAI, les fabricants de matériel informatique, Ustream, Facebook, MySpace ou Google, que je sache, ce ne sont pas des entreprises désintéressées par les profits et la rentabilité, uniquement motivées par l’altruisme et le partage collaboratif. Ironiquement, on pourrait dire que les utilisateurs de ces outils, et leur sacro-sainte transparence communicationnelle, sont devenus la matière première de ces compagnies…
-Conséquence du problème précédent : en quoi les acteurs du 2.0 n’ont pas, eux aussi, quelque chose à vendre? Le “transmedia”, c’est encore un produit commercialisable…
…
Voilà voilà… Désolé, je sais, c’est plus long que 140 caractères… Déformation professionnelle peut-être! En terminant, je vous soumets une courte réflexion : Croyez-vous que le Père Emmett Johns, qu’on surnomme «pops», envoie un message twitter à chaque fois qu’il donne un hot-dog à un jeune de la rue ?… Eh oui, l’aide humanitaire, l’altruisme, c’est d’abord et le plus souvent quelque chose qui se fait dans l’ombre, lentement, petit à petit… Comme Haïti était dans l’ombre avant que vous ne vous réveillez de votre sommeil 2.0 le 12 janvier dernier et comme le sont la vaste majorité de ceux qui souffrent -et ceux qui les aident- dans le monde en ce moment.
Sur ce, je me tais… Allez!
@+
S.
28 janvier 2010
La misère qui touche actuellement Haïti est d’une tristesse et d’une ampleur qui dépassent l’entendement.
Toutefois d’après ce que je comprends, plus de vivres et plus de ressources sont envoyées que ce qu’Haïti est en mesure d’accepter. Web 2.0 ou non, il faut laisser les gens sur le terrain gérer la situation. La famine n’est pas virtuelle et il est bien d’être en mesure de faire “send” et de se dire “J’ai grandement aidé, je suis plus que les autres!”, toutefois pour être le plus efficace possible, il est primordial de ne pas vouloir faire ce que les autres font déjà, ça ne fait que créer une ebmouteillage.
De plus l’application de M. Côté semble d’avantage fonctionner au “je” qu’au “nous” et personnellement, je ne crois pas vraiment à la collaboration à la première personne.
28 janvier 2010
Très intéressant tout ça. J’ai toutefois de la difficulté à comprendre les liens et le concept vers Pierre Coté à part son twitter. Que fait-il exactement? C’est un site internet? J’ai cliqué sur quelques liens vers youstream mais il ne se passe rien? Est-ce que ce projet est toujours actif?
Je suis aussi d’avis comme les autres intervenants qu’il faut sans doute laisser faire les pros. Tant mieux si ils peuvent les assister avec internet mais j’hésiterais personnelement à offrir mon support à des gens que je ne connais que par facebook ou twitter. Comment peut-on faire un suivi de ces gens par la suite?
28 janvier 2010
Pour fournir en vivre c’était un peu illusoir de penser faire une différence quoi que le 2.0 a semblé être efficace pour mettre des gens en relation. Pour situer des gens en détresse, tant mieux si ca a pu aider. Quand tu es coincé sous les décombres et que tu as besoin d’aide, tous les moyens sont bons et au diable la vie privée Facebook ou autre.
Est-ce qu’on a vu des cas semblable pour Katerina ou pour le tsumani?
Ce triste evenement vient quand même renforcer la pertinence de la communication 2.0 et nous en découvrons encore ses multiples usages bons ou mauvais.
28 janvier 2010
@ Pistov : “Est-ce qu’on a vu des cas semblable pour Katerina ou pour le tsumani?”
Facebook a été créé en 2004 et n’existe tel qu’on le connaît aujourd’hui que depuis 2006. Twitter n’est apparu qu’en 2006. Donc lors de ces désastres, ces plateformes n’étaient pas encore en service, ou assez déployées pour jouer un rôle.
Autre facteur de différence qui me semble très important entre ces deux cataclysmes que tu mentionnes et le séisme en Haïti, c’est le fait que dans les deux premiers cas, les structures des états touchés n’ont pas été aussi fortement ébranlées. La Thaïlande, par exemple, était encore un État fonctionnel, apte à gouverner. Je ne crois pas me tromper en disant que le Tsunami a fait plus de dommage que le séisme en Haïti, mais de manière plus éparpillée. En Haïti, c’est carrément l’État haïtien qui a été démoli. Ce qui fait que les services d’urgences non gouvernementaux, traditionnels ou 2.0, ont carrément pris le relais de l’État lui-même.
Que je sache, la première fois où la valeur mobilisatrice des médias sociaux a été “expérimentée” lors de situations de crises, c’est lors d’événements politiques, notamment en Moldavie et en Iran l’an dernier. On avait d’ailleurs à peu près fait les mêmes constats (plus rapide que les grands médias, information non vérifiée, sources idéologiques partisanes, etc). À ce sujet, je te pointe un article de Libération :
http://www.liberation.fr/monde/0101574203-iran-la-revolution-twitter
Et un autre sur la Moldavie :
http://www.slate.fr/story/3693/la-%C2%ABtwitter-r%C3%A9volution%C2%BB-des-moldaves
@+
S.
28 janvier 2010
@ Carole : “J’ai toutefois de la difficulté à comprendre les liens et le concept vers Pierre Coté à part son twitter. Que fait-il exactement? C’est un site internet? J’ai cliqué sur quelques liens vers youstream mais il ne se passe rien? Est-ce que ce projet est toujours actif?”
Autant que je sache, oui, son projet est toujours actif. Il n’a pas commencé avec le dossier d’Haïti, mais disons que pour l’essentiel, c’est ce qui l’a fait décoller. Son projet n’est pas que dédié à cela non plus.
L’idée de Pierre Côté, c’est du “transmedia”, donc non, il n’y a pas de site qui fédère toutes ses communications. Il utilise tout en même temps. Il “twitte”, fait du Facebook, du Ustream presque simultanément. Ustream est un outil qui permet de diffuser du vidéo en direct. Donc s’il n’est pas en train de diffuser, il ne se passe rien, ou des “reprises” de vidéos pré-enregistrés.
C’est effectivement un peu difficile de s’y retrouver dans tout cela, surtout pour le public néophyte qui ne sait pas trop où aller. Mais par-delà l’aspect un peu brut de la chose, je crois que c’est une idée qui fera son bout de chemin et que Pierre est sans doute un “mineur” de ce filon qui sera certainement exploité plus à fond un jour.
@+
S.
29 janvier 2010
On n’devrait pas parler de “multiplateforme” à la place? Côté n’utilise qu’un média, non? Le Web et c’est tout, il ne fait qu’exploiter des applications qui s’emboîtent plus ou moins bien, il me semble.
10 février 2010
Une chose me frappe : on signale souvent la mobilisation tweetesque à propos d’Haïti comme inductrice du social (la techno comme «productrice» de l’aide humanitaire), reconduisant ainsi la notion «d’outil social» (autodéfinition originelle de Facebook), oubliant ainsi qu’en fait c’est l’outil qui se «colle» à la philia, le «socius» inhérent à chaque individu. En ce sens, quand l’outil prime ainsi sur l’humain, les moyens deviennent effectivement la fin : mon «humanitaire» est mieux que le tiens, etc.
Je n’enlève rien aux médias tweetiques d’être «performants» en temps réel (d’où la course aux scoops), mais les problèmes d’Haïti ont démarré avant et seront présents bien après le «ici maintenant», nécessitant ainsi réflexions et actions qui exigeront une mobilisation de temps et de synthèse bien au-delà du «now» format 140 caractères. «The devil is always in the details»…
Enfin, quant à la transparence communicationnelle, elle appartient également à cette dynamique de dépolitisation du social dont fait preuve la mouvance 2.0 (l’idéologique et l’institutionnel étant désormais «suspects» ; sauf bien entendu les politiciens «transparents» sur Facebook…) où l’aide humanitaire «neutre» peut légitimement ainsi se suppléer à l’État haïtien en effet neutralisé : les missionnaires américains peuvent faire fi des lois et embarquer des dizaines d’enfants pour leur bien vers un autre pays sans encourir de déficit moral ou autre.
À+
AM in zi pm
4 mars 2010
Un Haitien récompensé pour ses twits.
http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/201003/04/01-4257331-un-haitien-recompense-pour-ses-messages-twitter.php