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Reportages et entrevues

Saranerape : Le choix du président

Saranerape : Le choix du président

Marc-André Savard
14 janvier 2013

Le groupe Saranerape (prononcer le nom de la marque de pellicule plastique avec un accent «toasteur») vient de lancer un deuxième album, intitulé Abraham Lincoln. Un disque de rock pesant, éclaté et enroulé dans la bannière étoilée.

En 2010, Samuel Racine (voix et guitare) embarquait dans une camionnette avec sa copine pour sillonner les États-Unis pendant un an. «Le monde disait qu’on allait juste rencontrer du monde cave, raconte Racine, mais c’est vraiment un pays méconnu et ouvert. On a été hébergés par du monde vraiment smatte, autant du bord des démocrates que des républicains. Le bon monde attire le bon monde…»

Une telle épopée a eu comme effet de consolider l’attraction du musicien pour un illustre président à barbiche. «Ma fascination pour Lincoln ne date pas d’hier, avoue Racine, mais là, je suis dans une phase où je le plogue partout!» Malgré ce que suggère son titre, l’album se situe par contre à des milles d’une revue historique ou d’un pamphlet pro-américain. Il regorge plutôt d’anecdotes décalées, où s’entremêlent vérité et fiction, racontées comme l’aurait fait un jeune Lucien Francoeur… délire en prime!

Lourdeur d’esprit

Depuis sa formation dans Charlevoix en 1999, le groupe (aujourd’hui complété par Keven B. Tremblay à la basse, Michel Murray à la batterie et Antoine Bégin à la guitare) a pris plusieurs pauses et s’est frotté à plusieurs styles: du rock au grunge, en passant par le punk et le ska. Sur Abraham Lincoln, le groupe tenait à conserver une direction plus précise que sur le premier album, Capahbpan (2009). «On est partis d’un peu n’importe quoi, précise Bégin, mais au fil du temps, on allait de plus en plus vers la musique lourde. C’était une direction logique parce qu’on en écoute tous beaucoup.»

Si Saranerape emprunte plus que jamais le chemin de gravelle – et de décibels – des Dales Hawerchuk, la bande s’est par contre permis quelques embardées, comme la pièce country anglo Down on the Bayou. «J’écoute beaucoup de country et je voulais faire un hommage à une gang de Waycross, dans l’État de la Géorgie», confie Racine, qui replonge dans son aventure. «On arrive dans un camping, y a des drapeaux sudistes partout, on se dit que le monde va nous arracher la tête. Fait que là, tu prends du vin, du moonshine et tu perds des bouts, pis le lendemain, ils t’invitent à souper dans leur gros winnebago de 300 000$, pis ils te servent de la salade de patates pis des côtes levées. C’était n’importe quoi, on était les rois!»

Gros États

Racine adore tant nos voisins du sud que c’est à se demander pourquoi il n’y retourne pas, avec groupe et instruments cette fois-ci. «Ça irait mieux si on chantait en anglais, laisse tomber l’artiste. Pendant le voyage, j’ai fait pas mal de shows solos en français et ça levait pas vraiment… C’est dommage, les États, c’est tellement gros qu’un petit groupe comme nous peut vivre sur un album pendant un bout. J’ai rencontré une fille, elle se promenait dans son pickup et jouait de la musique, elle vivait de ça!»

Écoutez un extrait de Abraham Lincoln, «Crocodile» :

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saranerape.bandcamp.com

Tournée de lancement de l’album Abraham Lincoln:

QUÉBEC
Le 19 janvier Au Scanner
Le 16 février À la Ninkasi du Faubourg
Le 21 mars À La Petite Grenouille de Lévis

ESTRIE
Le 9 mars Au Bar Le Magog

LANAUDIÈRE
Le 9 février à la Brasserie l’Albion de Joliette

SAGUENAY
Le 22 février au Kaméléon de Jonquière

MONTRÉAL
Le 23 Mars à L’Esco

Crédit photo : William Racine

Un commentaire
  • Huguette
    16 janvier 2013

    En français peut-être, mais ça sonne!

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