![]() |
Reportages et entrevuesRémi Gauvin, le gars derrière le projet indie folk Deep Sea Flowers, vit de poésie, de rêves… et de droit. Un musicien étudiant en droit? C’est un peu… euh… « Oui, je suis le hippie de droit à McGill, avoue en riant le chanteur-guitariste. Mais je suis en droit pour faire de la politique, pour essayer de changer les choses. » Dans cette optique, la musique et le droit ne sont pas si éloignés ou irréconciliables l’un de l’autre, croit-il. « Je suis vraiment à gauche politiquement. Et les gens de la gauche sont souvent des rêveurs, des artistes. Mais c’est sûr que je préfère la poésie au droit! » De l’océan (la chanson «Ernest Hemingway» est directement inspirée de Le vieil homme et la mer) à la poésie de Rimbaud, l’univers de Rémi Gauvin est imaginatif et ludique. D’ailleurs, le titre de son premier EP, Hey! Little Monsters, est le titre d’une chanson composée il y a longtemps et qui était inspirée du conte pour enfants Where The Wild Things Are. Tout comme la fille qui n’avait jamais entendu parler de Green Day dans la toune «El Scorcho» de Weezer, le jeune homme de 20 ans ne savait pas qu’il utilisait là le célèbre surnom donné par Lady Gaga à ses fans. « J’étais tellement fâché quand je l’ai appris! Mais je suis sûr que j’ai écrit la chanson avant que Lady Gaga utilise l’expression. » Tiens, prends ça, Lady! De clé de fa à clé de quoi? Bien que Deep Sea Flowers soit un projet solo, il résulte de la complicité entre Gauvin et Ludovic Alarie (The Loodies). Entre deux sessions d’université, un album de Bon Iver et un de Patrick Watson, les deux amis ont peaufiné les six chansons du EP Hey! Little Monsters avant de le lancer le 3 juin dernier au Divan Orange. Depuis, les choses vont très bien pour Deep Sea Flowers, affirme Rémi, quelques minutes avant de monter en solo sur la scène de la Sala Rossa, invité par un autre groupe à faire sa première partie. « Dans les semaines qui ont suivi le lancement, je me suis retrouvé dans le top 30 des artistes montréalais les plus écoutés sur Bandcamp… pas très loin derrière Cœur de pirate! » Voilà qui donne confiance, lorsqu’on sort un premier projet solo après avoir fait partie d’un groupe (Projet Jeudi) et qu’on n’est pas un musicien de formation. Oh, il a bien fait quelques années de violoncelle lorsqu’il était jeune, mais il a bien vite délaissé la théorie classique. Jusqu’à ce qu’il s’achète une guitare acoustique, en secondaire cinq, et apprenne à en jouer d’instinct. «Je ne connais pas le nom des accords que je joue, je suis vraiment un analphabète de la musique! J’ai appris la musique en clé de fa sur mon violoncelle; sur ma guitare, je ne connais rien! » Cette approche intuitive, plus qu’une limite, le sert plutôt bien. « Je me sens limité quand je travaille avec Ludovic Alarie, qui étudie la guitare classique à l’université. Mais lui me dit Tes accords sont simples, mais amenés d’une manière à laquelle j’aurais pas pensé, justement peut-être parce que tu sais pas ce que tu joues.» De sa voix haut perchée et enrobée d’écho, Rémi Gauvin donne pourtant l’impression de savoir voler, nager, courir sur les nuages et surfer sur le dos d’un cygne. Et pourtant! « Je n’avais pas confiance en moi dans mon groupe Projet Jeudi. Je n’ai pas tellement plus confiance maintenant, peut-être parce que je chante mes propres compos. En fait, j’ai commencé à aimer ma voix quand j’ai chanté dans un bon micro! » Parlant de micro, Deep Sea Flowers chantera dedans le 9 juillet prochain, au Petit Campus, avec Sons.
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire
|
ARCHIVES
|