![]() |
Reportages et entrevuesRoyaume des morts – Requiem pour de beaux sans coeurAndré Péloquin24 juin 2009
Michael Bardier cache un sombre secret. Coordonnateur au booking des artistes de Dare To Care de jour(vous savez, la boite de disques de We Are Wolves et compagnie, on vous casse les oreilles à toutes les semaines avec leurs groupes !), Bardier s’enferme dans sa chambre lorsque le soleil tombe pour plancher sur de sombres mélodies (et sûrement pour se toucher un peu, mais je m’égare…). Après une première aventure solo sous le sobriquet de Roi Crayola (il en a d’ailleurs tiré un premier démo qu’il espérait distribuer gratuitement à une centaine de privilégiés sur MySpace), le petit régent s’entoure aujourd’hui d’acolytes pour tenter un pustch indie pop. Michael, démarrons avec quelques questions d’usage. Primo, quelle est la petite histoire du groupe? Dès l’instant où j’ai commencé à enregistrer des chansons seul dans ma chambre (que je diffuse sous le nom de « Roi Crayola »), j’ai voulu les présenter un jour sur scène avec mes amis. Après plusieurs essais – et erreurs, je me suis retrouvé dans le sous-sol de Xavier avec Alexis. En jouant les chansons au wurlitzer, à l’orgue et à la guitare, on a commencé à sentir qu’on avait finalement un filon. Le projet a pris de l’ampleur, Guillaume et David se sont ajoutés au collectif pour compléter le band et notre son s’est mieux défini. Emmanuel nous a ensuite offert ses services pour ajouter des projections vidéo aux spectacles, et on considère maintenant qu’il fait partie de la famille. Le tout peut à présent rendre justice à ce que j’avais en tête, je pense. Une autre question routinière : d’où vient le nom? Pourquoi le Royaume des morts? T’es goth ou quoi?! Disons que la musique est morte et que les artistes eux-mêmes en sont considérablement responsables. Je trouve que la standardisation du son rend le paysage musical inintéressant, rend les auditeurs fermés aux enregistrements de moins bonne qualité (« lo-fi ») et ne permet pas l’expérimentation, « l’erreur musicale » qui est essentielle dans l’expérience. Les stations de radio ferment leurs portes aux bandits du son qui prêchent le lo-fi ; en résulte alors la mort d’une jeune génération qui cherche à tenir un discours libre. Concrètement, le Roi Crayola en collectif, c’est un royaume. Puis en écoutant les paroles des chansons, on s’est rendu compte que la mort n’y est pas seulement un thème récurrent, mais central. Aussi, Royaume des morts, c’est conséquemment celui des vivants, donc de tout le monde. Tu passes donc d’artiste solo à membre d’un groupe, d’un collectif. Comment ça se passe? C’est tes pièces et ils t’accompagnent? Vous créez en bande? Tu fais ton ‘tit boss de bécosse ? Pour l’instant on s’inspire des chansons que j’ai composées dans ma chambre, mais on a d’autres projets pour l’avenir. Je tiens à ce qu’il y ait un dialogue au sein du groupe, qu’on travaille ensemble dans une atmosphère empreinte d’énergie positive. Les gars qui forment Royaume des morts (David Courtemanche, Xavier Germain-Poitras, Guillaume Archambault, Alexis Coutu-Marion et Emmanuel Lagrange Paquet) sont des amis de longue date, et sont surtout des gens pour qui j’ai un très grand respect. Chacun a ses des capacités artistiques particulières, ce qui rend le projet assez stimulant sur le plan créatif. Un autre classique: de quoi tu t’inspires? À quoi tu carbures? De musique pis de poésie goth!? La composition, pour moi, c’est quelque chose de très spontané, d’improvisé. Je ne cherche pas à faire la morale à quiconque, ni à pointer qui que ce soit du doigt. J’écris de manière très personnelle, voire égoïste. J’aborde donc très souvent les thèmes de l’enfance, de la naïveté, du bonheur et de la mort. Pour moi, l’esprit créatif se déploie pleinement dans l’innocence, ou l’inexpérience, bien que je m’inspire de ce qui m’a marqué dans ma vie, donc d’une certaine forme d’expérience. Tu bosses aussi « dans l’industrie », crois-tu que ce double rôle pourrait vous nuire ou vous aider dans un avenir rapproché ou lointain? Il y a quelques années je m’entêtais à dire que la musique n’était qu’une histoire de contacts et de bonnes relations. Avec le recul, je me rends compte que j’avais raison. Le plus de pénis on suce, le plus de succès nous auront. Nous sommes des travailleurs du sexe affamés et prêt à tout pour faire connaître le Royaume des morts. Amen. Est-ce que le Roi Crayola continue d’exister en parallèle? Comment l’aventure des disques distribués gratuitement s’est terminée? T’as réussi à tous les écouler? Le Roi Crayola est le moteur de notre projet et continuera toujours d’exister. En un sens, si le Roi Crayola venait à mourir, le Royaume des morts disparaîtrait. L’histoire des disques distribués gratuitement était plus ou moins vraie puisque jamais je n’ai envoyé de disques par la poste à qui que ce soit. J’ai donné des copies à mes amis et mon entourage pour faire savoir ce que je faisais lorsque je m’enfermais dans ma chambre, mais c’est à peu près tout. Il me reste des copies dans le tiroir droit de mon bureau d’ordinateur et elles vont probablement y rester. Non mais sérieusement, es-tu goth!? Fuck you André. En spectacle: Photo: Tania Mcdonald
8 commentaires
|
ARCHIVES
CHRONIQUES![]()
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
|
24 juin 2009
Bonne chance Bardier!…mais moi je trouvais Greg Cocaine meilleur.
25 juin 2009
haha.
et je dois dire merci?
25 juin 2009
«Camera make ghosts of people.»
Vous êtes d’inspirants fantômes messieurs.
25 juin 2009
Lâche pas Mick…..tu n’as rien à perdre….tu peux juste gagner…….yesssssssssssss
l’audace a du génie……
25 juin 2009
Monsieur Bardier, vot’ fils m’a quand même envoyer chier. J’exiiiiiiiiiige des excuses.
28 juin 2009
non mais sérieux je le comprends, t’es ben gossant!
même aussi gossant qu’un ‘tit kid emo!
il est justice qu’il t’envoye chier!
28 juin 2009
Punk Rod, va donc te faire tatouer des oiseaux sur le bras pis va épater les fugueuses aux Foufs.
Bisous, Péloquin.
3 juillet 2009
non. ça me tente pas andré. à place de ça,
je vais voir the lemonheads. ça l’air plus fun çahttp://bangbangblog.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif