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Reportages et entrevuesRed Mass : Culte rockKristof G12 novembre 2009
Collectif à porte tournante composé de plus de 60 membres et ayant déjà à son actif plus de 23 parutions, Red Mass est l’un de ces groupes qui a su immédiatement intriguer les masses (ou du moins les plus curieux de la place) depuis sa récente formation, il y a une année (environ). BangBang a recueilli le témoignage de son très volubile leader Roy ‘Choyce’ Vucino (ex-trop de groupes pour cette amorce), afin de lever le voile sur ce culte musical aussi inclusif qu’expérimental – dans le sens rock, punk et psychédélique du qualificatif. Ancien Testament Bien que Choyce possède un bon fond de punk, il a grandi dans le blues et le rock classique, avant de s’intéresser au rap, au metal crossover (DRI en tête) et à l’alternatif. Ce n’est que lorsqu’il plongea dans le rock n’ roll – et dans le vieux soul – qu’il pigea véritablement de quoi. Ensuite, vers la fin des années ’90, au sein de ses nombreux groupes (dont Les Sexareenos, Daylight Lovers et autres Del-Gators), il s’inséra dans un courant rock émergent, plus garage, flirtant avec le punk et le psychédélique des années ’70. Il forma en 2003 CPC Gangbangs, un groupe qui mêle un peu toutes ces influences, en y ajoutant une bonne dose d’autodestruction (« mentalité search and destroy et live fast, die young », précise Choyce), qui implosa cinq années plus tard dans d’étranges circonstances : son chanteur – Paul ‘Fubar’ Spence — dut quitter en plein milieu de leur ultime tournée, un autre des membres s’est fait arrêter aux É.-U.… une finale pour le moins spéciale. Notez, fans de CPC, que ses membres risquent d’enregistrer quelque chose au cours de l’année prochaine, sous un autre nom et avec un autre son (ils aiment le mystère, ces petits coquins). Y’a du monde à’ messe « Au niveau de l’imagerie, j’suis quelqu’un de spirituel, mais avec une ouverture complète, que ça soit au taoïsme, au satanisme, même au christianisme… », avoue Choyce, en mentionnant adhérer aussi à la ‘magie du chaos’, une façon de concevoir sa propre religion. Ça ‘fitte’ d’autant plus avec les goûts et valeurs contradictoires de notre caméléon, s’adaptant facilement, tout dépendamment des gens et étiquettes de disques avec qui il collabore. Et Dieu sait qu’à ce niveau il ne s’impose pas de limites. Le collectif compte présentement plus de 60 membres, alors qu’on dénombre déjà 23 parutions en un peu plus d’un an (des mini-CDs via Distrobotos, quelques minialbums sur CD et tout plein de simples sur vinyles, sur presque autant d’étiquettes). Indubitablement, vous avez compris que Choyce enregistre constamment. Évidemment, on ne gère pas autant de gens n’importe comment. Parlez-en à Josh Homme de Queens of the Stone Age (qui partage plusieurs points communs avec Roy). Chez Red Mass FCE (pour Free Creative Entreprise), la porte reste ouverte en tout temps, le degré d’intérêt, de temps et d’énergie à consacrer au groupe variant pour chacun : certains ne tripent pas tournée, mais adorent jammer et/ou enregistrer – et vice-versa. Alors qu’il joue le rôle de l’entremetteur, recrutant ici et là toute sorte de gens ne se connaissant pas tant (ou pas du tout), Choyce avoue humblement que ça bien que ça fonctionne « la plupart du temps, ça ne marche pas parfois, alors on ne s’en sert pas ». Tout simplement. Qui n’essaie rien n’a rien, n’est-ce pas? Néanmoins, quelques musiciens – aux noms singuliers – forment le noyau central de Red Mass. Autour de Choyce (voix, guitare), on retrouve The Roller (ex-CPC, machines, batterie), Ice Planet Calme (batterie) et S.T. Fuck (basse), auxquels s’ajoutent souvent Pontius Pilates (guitare), Ernest St.Clair (claviers), Jenna Roker (Sunday Sinners, ex-Del-Gators; voix) et Giselle ‘Numba One’ Webber (AKA Gigi French, ex-Hot Springs). Sans compter tous les autres (dont Bloodshot Bill, King Khan, des membres de Chocolat et Demon’s Claws, des musiciens de San Diego et de Turquie, etc.) qui se joignent au groupe en show, par courriel et/ou en studio. Comme on dit, y’a en mass(e) de monde à la messe. Communion, parutions, etc.… Le premier des deux minialbums — éponyme — à sortir avec Semprini Records suit logiquement ce que faisait CPC, alors que la moitié des pièces fut composée avant que le groupe soit démantelé. L’enregistrement se fit au studio de Vicious/Delicious (avec Phil Hamelin). «C’est plus un disque postpunk, assez électrique, les tounes sont dans le tapis, ça fait Stooges et Hawkwind, explique Choyce, avec des touches gospel (écoutez la finale de ‘Skank’) et même drone ». D’ailleurs, comme il ne s’arrête que rarement, il parle déjà de son prochain mini (aussi sur Semprini), qui sera plus achevé, plus mélodique et plus pop années ’60. Selon Choyce, ce sera également plus un effort plus collectif lors de l’enregistrement (Choyce en a fait beaucoup en solo sur le premier). Au niveau des influences, y’aura autant du Scott Walker que du Serge Gainsbourg, The Kinks, Dinosaur Jr., des violons (!), des trucs acoustiques et tout pleins de textes en français. Ça promet. De plus, il reste tout plein de 7’’ à paraître au cours des prochains mois (dont un sur New Romance For Kids, qui sera semble-t-il plus folk), et sûrement un album complet avant longtemps (on garde la foi). En attendant, on ira communier avec eux lors du lancement imminent. Un groupe aussi foisonnant que fascinant. Red Mass e.p. (Semprini Records) en magasin maintenant. Lancement du disque le 18 novembre à la Salla Rossa, avec Dead Wife. Photo: Rachel Granofsky
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