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Reportages et entrevues

Quebec Redneck Bluegrass Project @ Le Petit Chicago – Ça brasse en prêtre !

Quebec Redneck Bluegrass Project @ Le Petit Chicago – Ça brasse en prêtre !

BangBang
18 janvier 2014

Texte : Max Clark
Photo : Guillaume Morin

Vendredi soir. Un verre ou quatre pis on s’pitche au « P’tit Chic » faire connaissance avec la gang de malades à «Quebec Redneck». Le bar est paqueté, les sourires sont larges. En arrivant, on tombe sur Dylan Perron et son Elixir de Gumbo. Banjoïste à la voix nasillarde qui balance des textes sentis, pleins de poésie. Entourés de ses comparses, tout en cordes, il nous la joue New Orleans style, la pédale au plancher. Franchement excellent.

Un p’tit break, un p’tit shooter pis on est prêts. Les musiciens montent sur la scène qui rougit. Deux grands maigres, un au banjo (Perron), l’autre à la contrebasse (François Gaudreault). JP « le pad » au milieu avec sa guitte, son harmonica dans le cou, sa grosse barbe pis son mullet de dreads. Et puis cette jolie petite blonde qui tient son violon le long de sa cuisse. Comme nous autres, ils sont bien réchauffés et clairement pas mal contents d’être icitte à soir. Et pis ça crie, ça gueule, ça tinque pis ça part. Quatre notes pis la foule de crinqués est déjà survoltée. Ça va brasser dans l’campe, c’est clair.

Une ambiance du temps des fêtes, de lendemain de réveillon, de brosse qui en finissent pus. Des tchins entre chaque tounes pis ça revole. Leur mélange de country à l’américaine et de reels traditionnels (ça doit être ça du bluegrass) fait danser toute la place. De la gigue, des sets carrés, comme dans le bon vieux temps. Faut croire que nos racines vibrent encore dans le fond de nos petits corps. À quelque part, ça fait du bien, aujourd’hui, malgré la fin du monde pis la technologie, de voir cette jeunesse se déboîter les hanches sur les airs qui ont vu nos ancêtres faire pareil à une époque qu’on peut juste imaginer en sépia.

À la source, une gang de punks qui donne dans le folk sale, qui crachent des symphonies alcooliques (« Chu ben plus cool su’a brosse » : c’est quand même vrai) et les balades de têtes dans le cul qui viennent après (« Je r’lève de brosse » : honnêtement, c’était pas facile.). Pis des chansons à répondre, des belles, des nouvelles, qui nous font prendre l’épaule du voisin et s’égosiller en chœur. C’est pas mêlant, c’en était quasiment émouvant.

Et ça lâche pas. Leurs bottes de jobbeurs qui martèlent la petite scène et la violoniste aux pieds nus qui bondit dans les flaques de bières, l’archet usé, le t-shirt égueulé. Elle chante aussi, elle rit, elle en conte une de temps en temps. En fait, Madeleine Bouchard est une petite nouvelle, une autre Chicoutimienne qui s’est récemment joint à trois des six boys originaux qui ont formé le band quelque part en Chine (!?) en 2007. Et puis leur p’tite bosse continue de rouler, survoltée comme jamais.

C’est sûrement un peu l’accent du Lac, l’harmonica qui s’excite, les claques sur la contrebasse, mais leur prestation toute en pétard, ode fêtarde aux buveurs sans retenue, m’allume une petite nostalgie de Dédé. C’est peut-être aussi les petits yeux de JP, son sourire étampé dans face, qui passe son temps à nous dire comment il est content d’être là pis que c’est plaisant de nous voir.

Sauf qu’avec les Rednecks, c’est du bonheur mur à mur. Chanter la joie totale sur des airs totalement joyeux. Définitivement impossible de rester assis. Fait que c’est dégoulinant et gueulant qu’on s’est fait aller les claques jusqu’aux petites heures.

En sortant, le frette a fait du bien. La nuit était rose et douce. Le centre-ville tranquille. Fait qu’on a marché, on s’est enlacé pis on est partis se bécoter, comme dans l’temps.

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Trois derniers shows de leur tournée Scandales et bonne humeur :

Jeudi 23 à L’Esco – Montréal
Vendredi 24 au Troquet – Gatineau
Samedi 25 à La Chope – Saint-Jérôme
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