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Mon chat s'appelle Paul Sarrasin

Preuve #98 que la fin du monde est proche

Patrick Dion
25 mai 2011

Après un début de printemps de déluge dantesque, ne voilà-t-il pas qu’on nous annonçait, à grands renforts de conneries médiatiques, une fin de semaine de fin du monde. Ça fait beaucoup de fins en si peu de temps. Tout ça grâce à un vieux révérend sénile, comme seuls nos voisins du dessous savent en créer (mais ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une question de temps avant qu’on en retrouve à la pochetée dans le plusse beau pays du monde). Harold Camping, un « berger » de 89 ans, animateur d’une station de radio chrétienne, prévoyait qu’on était tous pour mourir dans des souffrances atroces samedi dernier à 18h pile. Le tout avait été prédit selon un calcul aussi scientifique que la recette du Poulet Frit Kentucky. C’est clair que les chiffres devaient être basés sur l’heure avancé de l’est. Everybody knows that God is an American.

L’événement, appelé le Ravissement (Rapture), devait rappeler à Dieu 200 millions de fidèles dans son royaume alors que les survivants devaient périr dans un dévastateur tremblement de terre. La fin du monde devait durer cinq mois jusqu’à l’anéantissement total de cette planète le 21 octobre prochain. Ce fut finalement un réel « ravissement » de constater que le Révérend s’était apocalyptiquement planté.

Il aura fallu attendre à lundi pour voir la binette de la brebis galeuse dans un point de presse. Les fidèles moutons du révérend, autant dans le champ que Camping était dans le bois, avançaient que Dieu avait changé d’idée pour leur montrer qu’il était possible de se rassembler dans les grandes épreuves. Notre faux prophète révisait quant à lui sa prédiction et statuait que le jour du Jugement dernier était finalement prévu pour le 21 octobre. L’histoire ne dit pas s’il avait oublié de diviser le numéro d’assurance sociale de Jésus par le nombre de jours de sa résurrection.

Fin de semaine d’épreuves, disais-je, mais à tellement d’autres égards. C’est que j’ai eu le malheur de sortir ma bécane carbonisée (mon vélo est en carbone) sur les sentiers pavés des pistes cyclables montréalaises. Ayant une envie folle de spirituellement clancher mon nouvel oracle favori, je vais y aller aussi d’un savant calcul. Prenez une famille moyenne de Laval et arrondissez le chiffre au nombre entier le plus près. Prenez ces charmants touristes, donnez-leur chacun un BIXI, plantez-les sur une piste cyclable non loin du Vieux-Montréal, donnez-leurs quelques kilomètres de corde, disons jusqu’au marché Atwater puis convertissez ce nombre en un pourcentage. Pour vous aider à visualiser le tout, voici mon calcul hyper-scientifique:

1 famille x 2 parents + 1,3 enfant = 3,3 membres = 4 personnes

4 personnes x 4 BIXIs + 1 piste cyclable x 2 voies x 5 kilomètres = 170%

170% de risques d’avoir un accident avec un bixicliste du dimanche qui roule sur la ligne médiane de la piste cyclable, qui examine, ébahi, ses pieds qui moulinent, qui s’extasie, ahuri, du gazouillement des oiseaux, qui slalome, ébaubi, en regardant partout sauf devant lui. Note aux excursionnistes: les pistes cyclables ne sont pas des pistes d’atterrissage!

170% de risques, donc, sans compter le danger qui augmente drastiquement par la présence de marcheurs utilisant la voie cyclable sur toute sa largeur pour épier le vent, main dans la main avec l’amoureux. Question aux villégiateurs: c’est si déplaisant de trotter sur le gazon? Je vous entends déjà stipuler que les pistes cyclables ne sont pas faites pour les cyclistes de course mais pour circuler béatement dans les dimanches ensoleillés. J’ajouterai qu’être béat à 15km/h peut quand même faire très mal lorsqu’on embrasse le cul d’un BIXI ou d’un patineur qui aligne ses roues autant que ses yeux sur le cul des filles qui galopent, le coeur léger, en plein milieu de la piste.

Épreuve numéro deux de ma sortie à vélo, l’hallucinante proportion d’anglophones qui déambulent dans les rues de la ville. Je me dis ok, c’est normal, dans le cas présent, ils sont dans leur environnement. Le canal Lachine c’est leur coin. Atwater market, Center street, Grand Trunk, Knox, Ryde, un peu plus et on se croirait au Far West. Mais comment expliquer qu’on les croise maintenant de l’autre côté de la Main, là où les hipsters perdent leur nom? J’en croise même maintenant quotidiennement dans mes retranchements profonds de Rosemont-Petite-Patrie. L’argent tendrait-il à voyager vers l’Est?

Nahalie Collard relevait la semaine dernière sur Twitter que les commerces de Montréal ne se gênent plus pour afficher leurs couleurs dans la langue de John James. Son exemple, la chaîne américaine Five Guys qui a pignon sur McGill street. Five guys? Really? Aurait-on aboli la Loi 101 que je n’étais pas au courant? Si elle est toujours en effet, pourquoi ne l’applique-t-on plus? À quoi attribue-t-on ce laxisme flagrant? Dans un monde de globalisation des marchés, cette loi est-elle alors dépassée? Est-il encore nécessaire, en 2011, de protéger cette si belle langue autochtone? Le français est-il voué à disparaître?

La vraie fin du monde se déroulerait-elle finalement dans votre cour et vous ne vous en doutiez même pas?

Un commentaire
  • patapouf
    25 mai 2011

    Non mais quel trouduc prétentieux que ce Paul Sarasin (ou Patrick Dion chai pu). Vous savez-moi-moi-moi vélo en carbone-moi-moi-moi-Laval-moi-moi-moi-je suis un pro avec les ptites boules bien moulée dans mon short et mon maillot commandité que je paye pour. J’ai 45 ans et tu parles comme mon fils mai a l’air de mon père, looser!

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