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Reportages et entrevues

Pouzza 2012: Bilan extra poivre de cayenne

Pouzza 2012: Bilan extra poivre de cayenne

Mike Savard
29 mai 2012

Près d’une semaine après la fin du deuxième Pouzza, on se rend au quartier général du festival pour connaître le bilan de l’édition qui vient de se terminer. La poussière n’est visiblement pas encore retombée, il y a des boîtes et des gens partout, mais Hugo Mudie, celui à qui l’on doit cette fin de semaine d’oreilles qui bourdonnent et de foie en flamme, accepte de répondre à nos questions.

Bang Bang: Une semaine après l’événement, de quoi a l’air le bilan?

Hugo Mudie: Ça fait déjà une semaine?! Le bilan est positif dans le sens où le monde nous écrit des commentaires incroyables. Y a plein de bands qui veulent revenir, d’autres qui veulent venir l’année prochaine. Plein de gens de partout qui nous écrivent pour dire que c’était dans les meilleurs festivals où ils sont allés. Sinon, négativement, les riots nous ont pas super aidés. C’était stressant, il y a eu des shows d’annulés. On a évidemment perdu du monde, fait que ça équivaut à des pertes monétaires. Sinon, il y a eu aussi quelques fucks au niveau du système de bracelet/passe/tickets qui ont un peu chié l’expérience de certains…

BB: Tu parles des shows à guichets fermés?

HM: Soit que du monde n’avait pas compris que les passes ne donnaient pas accès nécessairement à une salle précise ou soit  que du monde s’est fait avoir parce que les Foufs se sont trompées dans le système au début. Quand on s’en est rendu compte, il était pas mal trop tard…

BB: Qu’est-ce qui s’est passé au juste?

HM: Si tu payais à la porte, tu avais un bracelet, fait que tu pouvais sortir et revenir, mais si tu avais une passe, tu n’étais pas supposé avoir de bracelet ni pouvoir partir et revenir. Notre but, c’est que le monde circule. Si tu t’en vas, tu perds ta place. Là, ils ont donné des bracelets à tout le monde. Ça a eu l’air d’être notre faute, mais c’était pas le cas.

BB: Ça devient ingrat comme situation…

HM: C’est sûr que le vendredi soir, quand c’est arrivé, il y avait du monde frustré devant les Foufs. Quand je me suis pointé innocemment pour aller voir comment ça se passait, du monde m’envoyait chier ou me disait que je m’en mettais plein les poches au nom du punk. C’est pas de leur affaires, mais on fait pas d’argent avec le festival…

BB: Ça doit quand même faire de quoi d’entendre ça.

HM: C’est sûr que ça a fait de quoi le soir-même, mais je me suis saoûlé pour oublier [rire]. En même temps, il faut pas que tu t’arrêtes à ça. Il y a des centaines d’autres personnes qui disent que c’est le meilleur weekend de leur vie pis qui te remercient parce qu’ils auraient jamais cru ça possible à Montréal.

BB: Vous avez déjà reçu plusieurs demandes de groupes qui veulent jouer au Pouzza l’an prochain. Ça semble un privilège d’y jouer. Quels critères recherches-tu quand vient le temps de sélectionner un groupe?

HM: Il n’y a pas de critères précis, c’est vraiment si moi j’trippe ou pas, je book environ 75% des groupes, JP Hearse book l’autre 25%. On a une assez grande ouverture d’esprit  par rapport au punk, alors il n’y a pas vraiment de styles qu’on prèfère à d’autres. Des fois, j’aime un peu moins la musique, mais c’est du monde super smat… Aussi, si la crowd va aimer ça, c’est important.

BB: Bref, l’attitude d’un groupe est aussi importante que la musique en tant que telle?

HM: Définitvement, l’attitude, la sincérité et comment tu projettes ta musique. Je pense que dans le punk, c’est super important parce qu’un band pourrait sonner vraiment pareil [à ce que j’aime] pis avoir une attitude et des paroles à chier.

BB: Dans la brochure de cette année, tu confirmais déjà qu’il y aura une édition 2013. La prévente a été bonne ou si tu as simplement la foi?

HM: Je m’en doutais, à moins d’un véritable désastre, ce qui aurait pu arriver avec les riots. On a eu, disons, un semi-désastre…

BB: Tu fais référence au show de l’Absynthe où plusieurs groupes n’ont pas pu jouer à cause de l’inervention de l’anti-émeute sur la terrasse?

HM: Il y a eu ça, mais aussi les Katakombes. Pendant le show de Hellbastard, le monde dans le lineup a été obligé de rentrer parce qu’ils se faisaient carrément attaquer par la police. C’est sûr qu’on a perdu beaucoup d’entrées et que des bands et des festivaliers se sont carrément fait blesser. Le dimanche, il y aurait peut-être eu du monde qui aurait vu quelques shows, mais qui est resté chez eux… ce que je ne blâme pas. Moi-même, j’suis pas quelqu’un à qui ça tenterait de manger un coup de matraque sur la tête en allant voir un show… Donc, ça nous a un peu affecté dans notre organisation, mais  je pense que tout le monde a bien réagi, les festivaliers se sont bien tenus pis tout a bien été quand même.

BB: As-tu des noms que tu convoites pour la prochaine édition?

HM: Il y en a plein. Ça fait deux ans que je veux vraiment avoir Dillinger Four. Ils jouent quasiment jamais pis c’est vraiment l’un de nos groupes préférés à mes amis et moi. On va essayer encore cette année. Sinon, j’aimerais bien Mighty Mighty Bosstones. C’est un band qui joue pas souvent et il y aurait un côté nostalgique cool. J’aimerais «faire» Screeching Weasel aussi.

BB: Ils sont compliqués à avoir?

HM: Non, pas tant, mais avec le scandale de «fessage de filles», je sais pas jusqu’à quel point ça serait politiquement correct de le faire. Ça serait à réfléchir.

BB: Comment tu as trouvé ça personnellement?

HM: C’est sûr que je trouve ça cave, sauf que j’ai été sur un stage souvent à me faire envoyer chier et à me faire cracher dessus, je peux comprendre que les fils puissent se toucher. Ça veut pas dire que je trouve ça correct, mais tout le monde a droit à une deuxième chance. C’est pas comme s’il [Ben Weasel] fessait des filles depuis 10 ans, c’est arrivé une fois, on s’entend…

BB: Cette année, il y avait entre autre les Meatmen qui jouent sur la ligne de l’acceptable. Comment tu composes avec ce genre de groupe-là?

HM: Il faut que tu fasses la différence entre un show et la vie. Des gars comme les Dwarves sont des gars ben normaux. Le shock rock, c’est pas nécessairement ce sur quoi moi je trippe ou que je fais, mais ça fait partie du punk. C’est important que ce soit représenté.

BB: Le festival a grossi considéralement cette année. Est-ce que le but est de grossir année après année, et présenter des shows au Métropolis, par exemple?

HM: Le Métropolis, on le voulait cette année, mais on l’a pas eu. Évidemment, on vise toutes les salles dans ce coin-là. Grossir à chaque année, non, il y a des limites.

BB: Où est la ligne que tu ne franchirais pas?

HM: Si on décide de faire juste des gros shows et de ne plus en faire à l’Absynthe par exemple, ça a p’us rapport avec ce qu’on voulait faire au début. Personnellement, je crois qu’on voit pas de différence entre un gros ou un petit band. C’est juste qu’il y en a un qui est moins populaire que l’autre. C’est un peu ça que je disais au monde qui chialait. «Ouin, mais j’peux pas aller voir Bouncing Souls!». J’étais comme «Mais va voir d’autres affaires! Si tu veux juste voir des gros bands, c’est pas nécessairement ton festival. Tant qu’à ça, achète juste un billet pour aller voir Bouncing Souls.» Le but du Pouzza, c’est de faire découvrir toutes sortes de punk et toute la culture derrière, des p’tits bands d’un peu partout et pas juste les gros bands que tout le monde connait.

BB: Il y a eu plusieurs nouveautés cette année, notamment le Bambino [un spectacle pour enfants].

HM: Moi, ça a été mon meilleur moment! C’était samedi matin, j’étais stressé du jour d’avant, pis mes 2 enfants étaient là avec ma femme, les enfants de tous nos amis aussi. Il devait y avoir 100 quelques personnes et une trentaine de kids, l’ambiance était le fun pis les artistes ont full aimé ça. C’était super positif, c’est sûr qu’on le refait!

BB: Comment t’es venu l’idée de ce show-là?

HM: J’pense que c’est juste qu’on puisse jamais voir des shows avec nos enfants. C’est soit trop tard ou pas de la musique qu’on aime. Dans le fond, on a tellement d’enfants dans notre entourage que c’était juste naturel.

BB: Y a-t-il une connexion à faire entre le punk et les enfants?

HM: On dit souvent qu’on est des kids with kids…C’est juste plus le fun pour les enfants d’avoir des parents de même!

BB: Il y a eu plusieurs shows surprises cette année. Comment ça s’est organisé?

HM: Pas mal à la dernière minute, mais je l’avais un peu prévu. Je savais qui aimerait ça, j’attendais juste qu’il soit un peu chaud, pis je lui demandais [rire].

BB: Joey Cape a même joué au Frites Alors!

HM: Bizarrement, c’est eux qui m’ont contacté pour être un partenaire au niveau bouffe. Ils m’ont dit qu’ils étaient capable de faire des shows et si j’étais intéressé à faire quelque chose de spécial, qu’ils seraient partants. Joey voulait faire quelque chose de spécial, alors c’était comme le show parfait…

BB: Y a-t-il des places où tu rêverais de présenter des shows?

HM: J’aimerais ça en faire plus dans les places de pizzas dans le centre-ville. Le monde qui chialait sur la passe qui ne donnait pas asssez d’accès, avec des shows secrets comme ça, ça donne accès à des affaires que tu pourras jamais voir. Lawrence Arms font genre 3 shows par année, pis ils en ont fait 2 à Montréal en-dedans de 3 heures…

Pouzza 2013, les 17-18-19 mai 2013.

En attendant, il y a les Samedis Pouzza à L’Esco.
Le prochain: Maladroit et Brixton Robbers, le 2 juin 2012, 21h, 5$

Ainsi que le Pouzza Pelouzza, avec 12 groupes, dont Anti-Flag, Vulgaires Machins et Planet Smashers, Samedi le 1er septembre 2012, à la Place Desjardins de Lavaltrie, 13h.

Crédit photo : Kaitlyn Laurel McGann

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