BangBang : bangbangblog.com

Semi-automatique

Planet Smashers et Stomp Records : 15 années sans s’écraser!

Planet Smashers et Stomp Records : 15 années sans s’écraser!

André Péloquin
29 janvier 2010

1999. J’ai 19 ans. J’ai un hérisson à la place des cheveux et une ligne de poils bien taillés en guise de barbe. Sous mon collier de grosses billes rouge écarlate, on remarque un « coat » de cuir qui fait – et qui sent – très « année 70 ». Comme si ce n’était pas assez, je porte aussi un pantalon cargo beige aux innombrables poches. Je termine mes études collégiales. Je viens d’envoyer un porte-folio de poèmes (à deux balles) et de photos (aussi clichés qu’en  noir et blanc) à Concordia (qui refusera ma candidature – et avec raison! — bien sûr). Pas de doute, je serai réalisateur de films. Le prochain Tarantino, j’te dis. En attendant mon Pulp Fiction, je tournerai des clips de hip-hop pour rire et pour payer le loyer. Pour le moment, je quitte mon Sorel natal au volant de la Sunfire de mes parents pour un concert des Planet Smashers avec les copains. On ira sûrement « trasher » au Loft après (oui, oui, le bar sur St-Laurent, coin Ste-Catherine… la honte !).

11 années plus tard, je suis plus journaliste que cinéaste. C’est toujours n’importe quoi au niveau de la tignasse, mais je me permets de croire que c’est (un peu) plus respectable du côté des vêtements. J’ai interviewé Jack White, je me suis fait envoyer chier solide par un type de TTC et je me suis retrouvé dans une loge des Foufs avec El Hefe de NoFx agitant un sachet de comprimés divers. À ce jour, il me semble que je n’ai été groupie qu’à une seule reprise : ce fameux soir de 1999 ou j’ai demandé un pote de me prendre en photo avec Matt Collyer, chanteur des Planet Smashers.

En 2010, ce groupe phare de la scène ska montréalaise a maintenant 16 ans (j’en ai 30, Arg!) et s’apprête à célébrer le quinzième anniversaire de l’étiquette de disques qu’il a fondé sur les planches du Club Soda. À quelques jours du « party », je tente d’organiser un « bien cuit ».

… et j’échoue lamentablement.

Voyez-vous, un « bien cuit » – par définition – se veut un événement ou on rend hommage à une personnalité publique… en se moquant d’elle. Malheureusement pour moi (ou heureusement pour eux), les grosses huiles de la scène locale n’ont que de bons mots pour Collyer, ses collègues et son label.

Porteurs de flambeaux…

«  Sans être les précurseurs du genre au sein de la scène locale, les Planets Smashers formaient un noyau dur à l’époque en compagnie de groupes comme les Kingpins et Gangster Politics. » spécifie le journaliste et encyclopédie musicale Patrick Baillargeon.  Franz Schuller (membre du groupe culte Grimskunk, président d’Indica Records) en rajoute : « Ils ont repris le flambeau de la musique festive laissé vacant par Me, Mom & Morgentaler. Ils l’ont repris… pis ils ont foncé avec ! »

Baillargeon en profite aussi pour souligner l’acharnement des membres du projet. « Contre toute attente, les Planets Smashers ne se sont jamais essoufflés. Je crois aussi que cette foi en eux et dans leur genre de prédilection – le ska et toutes ses déclinaisons – a aussi fait en sorte que le public ne les a pas abandonnés en cours de route, qu’il y a toujours une scène pour ce genre musical ici. »

Faire puis suivre son chemin…

Rejoint en plein MIDEM, Schuller a aussi pris la peine de se libérer quelques minutes pour rendre hommage à son « homologue ska ». « Pour moi, Matt, son band et son label sont un peu le miroir « ska » d’Indica et Grimskunk qui sont plus « rock », mais qui partagent le même « spirit » « D.I.Y. ». Sans eux, on serait passé à côté d’un paquet de bons groupes. Autant des indépendants que des gros succès commerciaux comme Bedouin Soundclash. Stomp Records, c’est un gros morceau de notre histoire musicale locale. Non, de l’histoire musicale du Canada, même ! »

Même son de cloche chez Baillargeon. « Avec Stomp et leurs multiples associations [le label s’est associé à Mayday Records et Union 2112 pour fonder l’Union Label Group], les Planet Smashers se sont donné les moyens de sortir leurs propres disques en plus des parutions d’artistes qu’ils aimaient sans être particulièrement ska. Comme ça demeure un label à petite échelle, Stomp tient bon malgré la crise économique. Ils poursuivent leur petit bonhomme de chemin. »

Édition montréalaise du 15e anniversaire de Stomp Records: 13 février au Club Soda avec les Planet Smashers, Subb, Flatfoot 56 et les Hypnophonics.

stomprecords.com

Pendant ce temps…

Franz Schuller et son équipe chez Indica seront très occupés au cours des prochaines semaines. Vulgaires Machins lanceront leur nouvel album en mars (« Sûrement la grosse sortie du printemps ! Du gros rock à la Green Day ! »). Tout comme Colin Moore qui se réchauffe ces jours-ci en grattant sa guitare en Europe.

indicarecords.com

Patrick Baillargeon, lui, est toujours journaliste, musicien, DJ, blogueur et plus punk que moi.

2 commentaires
  • Alexis
    3 février 2010

    C’est bien beau tout ça mais…elle est où la photo de toi avec Matt Collyer en 1999 ?

  • André Péloquin
    3 février 2010

    Je fouille, mais je ne la trouve plus! Je poursuis mes recherches. À suivre!

Laisser un commentaire

Le Scrapbook du BangBang

CHRONIQUES

L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.
Le petit tavernier
Sunny Duval
Team Coucou 1
Délirium Plaza
Ed Hardcore
La crotte
Semi-automatique
André Péloquin
Y después?