BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Pierre Kwenders : Heureuses rencontres

Pierre Kwenders : Heureuses rencontres

Marie Mello
11 octobre 2013

Photo : Mamoru Kobayakawa

Le Québécois d’origine congolaise Pierre Kwenders lance ce vendredi African Dream, un assortiment original et authentique de soul, d’électro et de rumba congolaise qui fait suite à Whiskey & Tea, paru plus tôt cette année. Deux semaines avant de présenter son nouvel EP au public de la Casa del popolo, le nouveau venu revient sur ses collaborations et ses sources d’inspiration.

Écoutez la pièce «Ali Bomaye» produite par Samito M :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Quelque part entre modernité et tradition, à la croisée de la grande variété de genres qu’il aime écouter, et à mi-chemin entre plusieurs langues et cultures, se trouve un artiste hors de l’ordinaire qui, en l’espace de quelques mois, a livré deux EP qui détonnent du paysage musical. Arrivé au Québec en 2001, le Montréalais Pierre Kwenders fait de plus en plus parler de lui depuis la sortie au printemps dernier de son premier EP Whiskey & Tea et ses performances dans les festivals – dont les Francofolies et Pop Montréal.

À peine quelques mois après avoir fait ses débuts, le chanteur fait paraître African Dream, une suite dans laquelle son pays d’origine occupe une place encore plus importante. L’œuvre se démarque parce qu’elle réussit bien à harmoniser l’organique et l’électronique, les rythmes traditionnels bantous et un beatmaking innovateur. «Le style de mon deuxième EP ne s’éloigne pas énormément de celui du premier, mais je suis allé chercher plus loin dans mes influences africaines, estime Kwenders. J’ai mis plus de percussions et ça se ressent dans des chansons comme « Irene » ou « African Dream ». L’avant-dernière, « Rain Dance », est aussi une chanson traditionnelle congolaise que j’ai refaite à ma sauce.» Ses racines africaines s’y retrouvent aussi dans les thèmes; par exemple cette référence explicite («Ali Bomaye») au combat de boxe historique de Muhammad Ali à Kinshasa en 1974. (Et, soit dit en passant, on est vraiment loin de celle de The Game avec Rick Ross et 2Chainz!)

Des collaborations fructueuses

Pour créer le nouvel EP, Kwenders a à nouveau fait appel au talent du producteur Alexandre Bilodeau (Nom de Plume, Radio Radio), également réalisateur de Whiskey & Tea et acolyte du collectif artistique dIFa (dont le nom signifie «doing it for art»). «Alexandre est membre du African Dream Team depuis le début et ma carrière a commencé à sa rencontre. Des fois on a juste besoin d’un petit coup de pouce pour foncer, et je pense que c’est ce qu’il a apporté à mon parcours musical.» La légende veut qu’ils se soient rencontrés à Laval et que, dès le lendemain, leur première chanson commune soit née.

Via Bilodeau, le chanteur a fait connaissance avec Samito Madakwini, musicien d’origine mozambicaine qui l’accompagne au clavier et a participé à la création d’African Dream. Kwenders a aussi sollicité la participation du jeune producteur montréalais J.U.D., membre du collectif Alaiz qui propose le remix de la chanson «Irene» en conclusion du maxi. «La version originale, en intro, bouge beaucoup avec toutes ses percussions, comme un ouragan. Et le remix de Judrick est plutôt comme un rêve incroyable. Donc « Irene » commence bien la fête et la finit en toute tranquillité», révèle-t-il avec enthousiasme, manifestement heureux que le beatmaker ait accepté son invitation.

Un mariage de styles

Qu’elles prennent forme en lingala, en kikongo, en français ou en anglais, les chansons de Kwenders puisent entre autres leur inspiration de la rumba congolaise, un genre musical qui a eu un impact majeur sur sa relation avec la musique : «La rumba congolaise, je suis né dedans. Un Congolais qui n’écoute pas la rumba congolaise, c’est quasiment un blasphème!», s’exclame-t-il avec humour. On retrouve aussi sur le EP plusieurs autres influences, de l’électro au soul, en passant par le hip-hop ou la chanson. «Au pays j’écoutais aussi beaucoup de pop, de hip-hop et de r’n’b, puis l’électro est rentré dans ma vie à mon arrivée au Canada pendant l’adolescence. Ça va peut-être t’étonner, mais l’une de mes musiques préférées est le classique!», lance-t-il, en citant Pavarotti, Bocelli et plusieurs autres. Pas si étonnant, au final, pour un artiste ayant fait ses débuts dans une chorale.

Pourquoi lancer deux EP de suite plutôt que de développer un premier album complet? «C’est comme quand on commence une relation avec une fille ou un homme, peu importe. On prend le temps de se connaître avant d’officialiser la chose. J’ai confiance qu’après African Dream, je serai officiellement en couple avec mes fans», dit Kwenders en rigolant à nouveau au bout du fil. Ce premier album, qui est d’ailleurs déjà en chantier, il prévoit le sortir en octobre 2014.

EP disponible en ligne dès le 11 octobre sur Bandcamp : therealpierrekwenders.bandcamp.com

Spectacle-lancement à la Casa del popolo le 27 octobre 2013

pierrekwenders.com

Pas encore de commentaire.