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Reportages et entrevuesIl n’a que 22 ans («23 ans le 22 juillet!»), mais déjà un cassage de gueule musical à son actif, quelques concours derrière la cravate et un premier EP en solo. Philippe Brach n’est franchement pas arrêtable. «Crissement pas», dixit Brach. Originaire de Chicoutimi, feu résident d’Alma et maintenant Montréalais depuis trois ans, Philippe Brach ne chôme pas. «Ça va ben, ça va crissement ben. J’te dirais que c’est le moment où ça va le mieux depuis que c’est starté», lance Philippe qui participé aux FrancoFolies de Montréal, en juin, en jouant lors du concours l’Étoile montante Ford, et qui est présentement demi-finaliste au Festival International de la Chanson de Granby. Ex-Buffet Froid, Brach n’est pas étranger aux aléas du métier de musicien. «Le groupe a duré quatre ans et on a même signé un contrat. Trois disques en cinq ans. Mais le projet a avorté pendant la production du premier album, en janvier 2011», raconte celui qui vit uniquement de musique et d’eau fraîche depuis quelques mois. «Pour faire une histoire courte : on a signé avec des trous d’culs.» Décevant? Pas tant que ça si on en croit le principal intéressé : «On était jeunes, pis on s’est pétés la gueule et je suis content qu’on l’ait fait parce que je me dis «c’est déjà fait!». Mon prochain contrat va être béton : je connais toutes les clauses et les crosses! On n’était pas inscrits à la SOCAN ni à la SPACQ, dans le temps…» Et la rencontre avec Pierre-Philippe «Pilou» Côté, lors de l’enregistrement du démo de Buffet Froid, n’aurait peut-être jamais eu lieu. Lancé dans sa carrière solo en septembre 2011, Philippe Brach met toute la gomme pour y trouver son compte et la rencontre avec Pilou n’y est pas étrangère. Devenu réalisateur du EP de Philippe Brach et musicien aux heures de grands spectacles de Brach, Pilou est aussi devenu un ami : «C’est rare le monde avec qui je me sens à l’aise de dire ce que je pense. J’ai ben ma vision faite des choses. Je suis ouvert, mais je sais ce que je veux quand il est question de mes affaires. Avec Pilou, je me sens crissement à l’aise, réalise Philippe. Je suis convaincu qu’on va retravailler ensemble.» Un album n’est donc pas un projet en l’air pour Philippe Brach : «C’est sûr que je fais un album, j’m’en câlisse comment!» La chimie avec Pilou a déjà permis à Brach d’enregistrer quatre pièces qui se retrouvent sur son premier EP. Ces chansons folk rock, tantôt lubriques, tantôt ludiques, indiquent tout le potentiel de l’auteur-compositeur-interprète. «Ça marche au fond. J’aime pas ça, arriver en studio en ayant déjà la texture sonore et le tunning que ça va avoir. J’aime ça, improviser, et Pilou, il me suit là-dedans. Et c’est cool parce que Pilou, il ne se bâdre pas à essayer de trouver une mélodie. On se permet d’explorer pis j’adore ça», poursuit celui qui se sent plus à l’aise sur scène que sur une chaise, avec 12 ans de matchs d’improvisation dans le corps. «Mais pas d’impro musicale! Je suis pas assez bon là-dedans! Je ne suis même pas capable de parler de musique. Je sais pas ce que je joue, dans le fond. Je sais les accords, mais c’est pas mal ça. Tu peux pas me dire «ça, c’est un ragtime en la», s’amuse Philippe Brach. Et je fais de l’incontinence poétique, sauf qu’à défaut d’avoir une couche, je chie sur du papier.» En attendant d’aller r’virer à Saint-Adrien, où Pilou termine la construction de sa nouvelle maison-studio («j’suis un trippeux de bois alors j’capote. Je vais aller poser des collets le matin, pis je vais être chillax. Je vais pouvoir passer du temps là pour travailler. Quand? Je l’sais pas, par contre!»), Philippe Brach poursuit sa route en solo ou en compagnie de ses musiciens, un peu partout sur les routes du Québec.
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