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L'histoire du rock racontée aux enfants

Paul Gott

Jean-Nicolas Labrie
18 septembre 2008

2006 : Piggy. 2007 : Me Mom. Qui recevra finalement le prestigieux prix-hommage du GAMIQ 2008 ? Après des mois de discussions intenses, le comité de sélection s’est finalement entendu pour trancher entre deux candidats potentiels.

Candidat #1 : Paul Gott, chanteur du légendaire groupe punk montréalais Ripcordz. Et comme adversaire, le groupe de rock d’aréna Nuance, formation-culte québécoise menée de main de maître par la sémillante chanteuse Sandra Dorion, sacrée tout de même Groupe de l’année à deux reprises par l’ADISQ (1986 et 1987). Seuls les Colocs (en ‘93, ‘94 et ’99) ont gagné ce prix plus souvent qu’eux. Dire que l’industrie musicale québécoise des années 80 allait plutôt mal tient davantage de l’euphémisme que d’un véritable constat…

Bien sûr que c’est Paul qui se méritera le prix voyons. Pensiez-vous vraiment que Nuance avait la moindre petite chance d’être honoré par le GAMIQ ? Franchement… Qu’est-ce qu’ils ont foutu pour faire avancer la cause de la scène alternative musicale du Québec ces bozos-là ? Absolument RIEN !

Tandis que Paul Gott lui, n’a jamais remporté un foutu prix à l’ADISQ. On ne chante pas ses tounes dans les karaokés partout en province. Et jamais, ô grand jamais, on va le voir chanter un duo avec un académicien en direct, par un beau dimanche soir de février. Paul Gott ne mange pas de ce pain-là, bien au contraire.

Paul, c’est un vrai de vrai. Un puriste, qui a toujours fait sa petite affaire sans se soucier de plaire aux bonzes des grosses compagnies de disques. Adepte du DIY et grand visionnaire, il a fondé au milieu des années 80 Rear Guard, le fanzine le plus important de l’époque, en plus de monter sa propre compagnie, EnGuard Records, qui a lancé plus de quarante albums de groupes canadiens. Chanteur du groupe Ripcordz depuis les débuts de la formation en 1980, Paul Gott n’a jamais cessé d’être punk, même avec les années ; aujourd’hui réalisateur en télévision pour la chaîne Global, il aurait pu s’asseoir confortablement sur son steak, sortir ses vieilles photos jaunies, et nous casser les oreilles avec un discours de vieux punk radoteux, la belle bagnole garée dans sa cour en pavé imbriqué. Paul n’est pas comme cela, même si son travail lui donne maintenant une belle qualité de vie.

Il a été l’un des fondateurs du Montreal Mirror, en plus d’avoir été le premier chef de pupitre musique de cet hebdomadaire culturel très important. Il a aussi été directeur de CRSG, la radio de l’Université Concordia. En parallèle, il portait à bout de bras son groupe, qui a mis du temps à démarrer, faut l’avouer. Les gars se produisaient dans plusieurs sous-sols et petites salles de Montréal, avant de se rendre compte qu’ils n’avaient rien trouvé de plus intéressant à faire dans la vie que de jouer de la musique à fond la caisse. Le premier album du groupe paraît en 1988, Ripcordz Are Go(d).

Depuis, le groupe a lancé dix autres disques, et a fait pas moins de treize tournées canadiennes. Ripcordz a donné plus de 2000 concerts seulement au Canada, partageant la scène avec UK Subs, Rancid, Soundgarden, Nirvana, The Misfits, Anti-Flag, Lydia Lunch, DOA…Rancid a toujours déclaré que Ripcordz était le meilleur groupe punk canadien de tous les temps. Faut le faire quand même.

Pas de doute, Paul Gott mérite amplement l’honneur que le GAMIQ va lui faire. Encore actif aujourd’hui, il prépare en ce moment le douzième album du groupe.

Preuve que les chances de Nuance étaient absolument nulles ? Groupe rock fondé à Gatineau en 1975, c’est en 1983, alors que Sandra Dorion se joignit au groupe, que Nuance commença à être connu. Le groupe obtint son premier succès avec Amour sans romance en 1985 ; Vivre dans la nuit suivit l’année suivante, le 45tours se vendant à plus de 70 000 exemplaires. Après deux autres long-jeux, le groupe se sépare en 1988, avec trois Félix en poche, et un tube littéralement éternel.

Pas d’quoi écrire à sa mère, en somme…

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