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Reportages et entrevuesPatrik et les Brutes : Trash-à-go-goStéfane Campbell29 octobre 2009
Après six ans à cogiter et piocher ferme, Plastik Patrik nous présente enfin son nouveau projet : Patrik et les Brutes. Six années qui auront été nécessaires à tout mettre en place afin que le personnage androgyne juge le concept abouti. Ça et, forcément, le temps de trouver l’appui nécessaire pour soutenir la locomotive. Aujourd’hui fin prêt à prendre d’assaut les devants de la scène, l’homme et ses brutes nous présentent Toutes Les Filles Sont Folles De Moi, première galette qui impose un rock amphétaminé, bourrée de «handclaps» et sur lequel il devient très difficile de ne pas céder le pas. Genèse d’une bombe. Plastik Académie Une fois l’aventure One976 conclue, en 2003, il se met à l’ébauche des grandes lignes de ce qui deviendra Patrik et les Brutes. Visant quelque chose de plus peaufiné et cohésif musicalement, il commence le recrutement : « Au départ, j’avais le complexe du gars trop organisé. J’étais préparé aux dents et j’avais peur que ça ait l’air d’un projet corporate. » C’est tout de même bien loin du modèle boys-band de recrutement et plutôt en quelques clics de Myspace qu’il joint Ryan Battistuzzi afin que celui-ci prête une oreille au démo. Vite convaincu, le duo s’affaire donc à plancher sur quelques pièces avec lesquelles Patrik séduira éventuellement Sunny Duval (oui, notre Sunny) de même que certains membres de Vénus 3 (maintenant Killing Venus) qu’il avait dans sa mire depuis un moment. En 2007, tout est bouclé, ne reste qu’à trouver le label qui soutiendra le tout. Le fun commence… Bien sûr, en considérant l’ambigüité sexuelle mise de l’avant par le personnage central de la formation, disons que rien n’était donné d’avance : « Je suis sûr qu’à plusieurs reprises, ils ne savaient juste pas quoi me dire. J’ai tout entendu : manque d’énergie (?!!), impossible de mettre en marché, etc. Puis vint la rencontre avec son gérant Didier Morisseauno et, après trois ans de recherches, l’accueil à Spectra : « Je suis arrivé à la première rencontre avec les griffes sorties. J’étais exaspéré de me faire dire que je chantais du nez ou que j’avais trop l’air d’une fille… Et puis ça s’est tellement bien déroulé que j’avais de la difficulté à le croire. Ils ont écouté le démo et m’ont dit : ‘on achète’, je suis tombé à terre. » La vie en brute Les six années entre les deux projets ne se sont évidemment pas déroulées dans l’ombre, loin de là. Figure de proue du nightlife montréalais, c’est donc entre des soirées à performer dans les clubs ou encore à y déployer ses talents de DJ que l’homme de scène s’est immiscé dans le line-up permanent du supergroupe les Porn Flakes. Une union à priori relativement improbable : « ç’a été pour moi une école hallucinante. On s’entend qu’Éric Lapointe ou Lulu Hugues et moi, ce n’est pas un mariage évident. Mais quand tu les vois aller sur une scène comme ils le font – pratiquement sans répétition – c’est de la grande leçon de métier. Ils tiennent leur monde jusqu’à la toute fin. Et c’est là que j’ai appris à placer ma voix, à chanter plutôt que de crier. » Là en s’aidant de cinq années de cours de chant, devons-nous préciser : « Que ce soit de l’opéra, du reggae, du rap ou de l’hardcore, ça reste le même muscle. J’ai donc pris des cours où je chantais des classiques italiens ! » Une formation dont il a senti tout le coffre acquis pour la première fois en compagnie d’une idole d’enfance avec qui il a partagé la scène, Cyndi Lauper : « C’était lors de son passage au Metropolis il y a quelques années, un journaliste montréalais lui avait dit que One976 avait repris « She bop » et elle a voulu la faire en duo avec moi. C’était un des plus grands moments de ma vie. En plus de quoi elle a voulu faire « La vie en rose » en duo où elle m’a laissé toute la place sur scène. J’hallucinais carrément! » Un intermède qui débouche ici, maintenant, sur les Brutes : « C’est avant tout du rock qui punch. Je mise beaucoup sur les petites chansons coup-de-poing. C’était déjà installé avec One-976 mais, cette fois-ci, on a des vraies tounes – elles sont vraiment meilleures. Au total, on a dû travailler quelque soixante-quinze chansons pour en arriver aux onze pièces de l’album. » Un travail de moine – en g-string. Aussi, le visuel étant pratiquement le catalyseur de toute la démarche, un clip officiel vient de bondir sur les écrans pour la pièce « Chez Candi ». Un concept de faux talk-show japonais où performe le groupe précédé d’une entrevue un brin surréaliste avec un animateur complètement dépassé par l’individu (Patrik) à qui il doit s’adresser : « L’idée est venue du festival Mode Et Design où j’ai performé l’été dernier. Après le show, j’ai eu une espèce de marre de Japonais qui prenaient des photos de moi avec des caméras miniatures. C’était un peu twilight zone. En fouillant, j’ai retrouvé des clips de « Star Of The Week », une émission japonaise des années 80 qui accueillait Motley Crue ou Cinderella qui avaient carrément l’air de bibittes dans un studio de carton. On a voulu s’amuser avec ça. » En concert les 30 et 31 octobre au Rialto dans le cadre du Rocky Horror Picture Show. Album en magasin le 10 novembre. Lancement à la SAT, le 19 novembre. Photo: Étienne Dicaire
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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
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