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Le petit tavernier

Pal's, New Orleans

Pal’s, New Orleans

Sunny Duval
7 novembre 2012

Je me suis découvert un nouveau bar de quartier! Seul problème, il est à 4 heures d’avion de la maison.

Ça s’appelle Pal’s Lounge (949 N. Rendon street), tu devrais venir la prochaine fois. C’est dans Mid-City, un quartier très tranquille près du Bayou St-John. Je sais qu’on entend tout le temps plein d’histoires épeurantes sur la ville, mais je peux te garantir, ici c’est un quartier sécuritaire. Comme le bar reste ouvert tant qu’il y a du monde, je suis souvent parti vers 3-4-5 heures du matin dans les rues sombres sans même m’inquiéter. Le calme plat autour des jolies maisons. À peine le souffle du vent dans un palmier.

Ma première fois c’était la semaine passée, donc le 18 octobre.

En ce temps-ci de l’année, il fait environ 18 degrés le soir, j’ai bien fait d’amener ma veste de cuir, ils ont pas encore éteint la ventilation et l’air climatisé à l’intérieur. Je gèle un peu.

Mes bons amis sont presque tous là : Jonny Ransom, Felipe, the Stafflord Brothers, Ste-Claire, Blazor, Toops, Dupe, DeHeart & DeHeart. J’oublie sûrement quelqu’un. Bétane nous sert avec ses grands petits yeux et son petit grand sourire.

« What do you need, baby? », qu’elle me demande. Ça c’est mon genre de service courtois et chaleureux. Je prends une pinte d’Abita Fall Fest, en saison en octobre (miam), une canette de PBR pour Felipe et deux shooters de St-Jameson (Jameson et Jagermeister je crois), mix spécial de Bétane. Très bon. Ça me coûte 17,50$. La pinte a coûté cinq ou six dollars, la PBR un ou deux dollars comme dans la plupart des bars U.S., donc les shooters spéciaux reviennent à 4,50$ mettons.

Il me reste un peu de change pour aller rejoindre Felipe au jukebox merveilleux, trois sélections pour un dollar. Et quelles sélections! The Clash, Doug Sahm, Screamin’ Jay Hawkins, Earl Hooker, un peu de country, des Ramones, on a tout ce qu’il faut. Il y a même un pinball AC/DC et une table de Air Hockey!!

Comme la première pinte ne dure jamais longtemps, je demande une grande canette de cidre Strongbow à Bétane avec deux PBR pour les copains. Ça me coûte…9$!

C’est une soirée particulièrement agitée ce soir, les gens reviennent du VoodooFest où chantaient Neil Young, Bootsy Collins et quelques autres. Le monde est fou. Je sais pas si c’est les mêmes gens dans le bar qu’au festival, beaucoup de cris et de bruits de verre cassé remplissent l’air. La place est pleine, mais pas pour longtemps, me dit-on. C’est plein de 22h à minuit mettons, ensuite ça se tasse et y’a de la place pour s’asseoir au bar, les meilleurs sièges. Soit les clients vont se coucher parce qu’ils travaillent le lendemain ou ils vont ailleurs, je sais pas. Nous, on n’ira pas ailleurs, c’est parfait ici.

Je vais à la toilette. C’est au fond, et je dois pousser des volets en bois comme dans un saloon. Wooo! Collées au mur, il y a plein de photos de filles nues de magazines Playboy des années 70 qui me regardent, ainsi que des pubs de fort, de bière, de cigarettes mettant en vedette des Clint Eastwood et des Johnny Carson, des sportifs, des musiciens de l’époque. J’essaie de replacer le couvercle de la toilette sans loucher. Tant pis.

Bétane me demande comment j’ai trouvé la toilette. Pas maaaal. Comme y’a personne en vue, elle me dit d’aller voir celle des dames. Y’a seulement six ou sept affiches, mais ce sont des photos de Burt Reynolds et autres contemporains nus ou peu vêtus! Fameux.

Ici l’Halloween, c’est pas une blague. C’est dans une semaine. Les maisons sont ultra décorées et l’intérieur du bar est pareil. L’endroit est pas large, mais il y a plein de décorations jusqu’au haut plafond. Je suis pas mal certain que Noël est pas aussi gros qu’Halloween, à la Nouvelle-Orléans. Les fêtes païennes, y’a qu’ça d’vrai, comme on dit. Surtout dans une ville comme ici : le païen est roi. Presque tout est permis. (Dans le cadre d’une relative légalité, bien sûr.)

Toops et Blazor se commandent des sloppy Joes, un dollar chacun. Je regarde le choix de breuvages : Single Slinger, Gingerita, Drunken Arnold Palmer. Je vais me contenter d’une autre PBR.

Je te le dis, même si un horrible incident est arrivé ici il y a cinq ans, tu n’as pas à avoir peur. Il y a un gardien de sécurité dehors, tu ne voudras plus sortir de Pal’s.

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