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Osheaga 2013 - Jour 3 : terminer son week-end sur une très bonne note

Osheaga 2013 – Jour 3 : terminer son week-end sur une très bonne note

BangBang
5 août 2013

Textes : Laurence Lebel
Photos : Élise Jetté

Le festival Osheaga 2013 est déjà terminé. Nous sommes très heureuses d’avoir pris encore une fois part au plus gros festival de musique au Canada. Les gens étaient agréables, la circulation se faisait de façon fluide et la température était de notre côté. Encore une fois cette année, nous avons fait une multitude de découvertes, revu des coups des cœurs et pu voir sur scène des légendes du rock.

Les Sœurs Boulay

Qu’est-ce qu’on pourrait dire sur les Sœurs Boulay qui n’a pas déjà été dit ? Elles sont belles, charismatiques, charmantes, elles chantent bien, ont des chansons à faire brailler même les garçons et sont surtout hyper attachantes. Cet après-midi, les Sœurs Boulay se sont données en spectacle devant leur plus grosse foule à vie, et c’était tout un spectacle. Celui-ci a débuté avec leur chanson «Le cœur par le chignon du cou» qui laisse place à tout leur talent vocal. Elles nous ont charmés avec «Cul-de-sac», «Mappemonde», «T’es pas game» et les deux chansons écrites par Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) soit «Ton amour est passé de mode» et «Ôte-moi mon linge». Si l’émotion était déjà à son comble, voilà que les larmes nous coulaient littéralement sur les joues alors que Stéphanie Boulay, la belle petite blonde frisottée du duo, nous chantait «Sac d’école» qui est sans aucun doute une perle de leur répertoire.

Si les Sœurs Boulay peuvent être parfois nostalgiques, elles sont cependant des vrais boute-en-trains alors qu’elles s’amusent à raconter des anecdotes de leur Gaspésie natale au public venu les entendre. Parmi celles-ci, l’anecdote qui précédait «T’es pas game» était tout à fait savoureuse alors que les filles racontaient leurs difficultés à rencontrer des gars qui pouvaient répondre à leurs attentes étant donné qu’elles savent bûcher du bois, faire du ski-doo et tirer de la douze. La foule était très réceptive aux paroles des Sœurs Boulay et prenait plaisir à chanter en chœur avec elles. Vraiment, les Sœurs Boulay, c’est de l’or en barre, une perle de notre scène québécoise, un rayon de soleil pour les jours gris. Pas de farce.

Little Green Cars

Le jeune groupe irlandais Little Green Cars est monté sur la Scène Verte alors que le ciel s’assombrissait terriblement. Impers et ponchos à perte de vue, on se demandait bien si tout ça allait éclater de façon imminente. Heureusement, la foule a été épargnée et a pu s’éclater le temps d’un trente minutes. C’est tout en douceur que Little Green Cars a débuté son spectacle, avec une chanson a capella, après avoir expliqué à la foule que leur chanteuse, Faye O’Rourke, avait malheureusement perdu la voix pas plus tard que la veille de leur venue à Osheaga. La belle a tout de même donné tout ce qu’elle pouvait pour faire chanter la foule. Nous avons d’ailleurs eu droit au meilleur de leur album Absolute Zero avec les chansons «My Love Took Me Down To the River To Silence Me», «Harper Lee» et «The John Wayne».

Sur scène, ce ne sont pas moins de sept musiciens que l’on peut voir à l’œuvre et si le garçon au clavier semble s’ennuyer à mourir durant les prestations de son groupe, le reste des membres semble prendre son pied. Au final, même si Faye O’Rourke avait quelques problèmes de voix, elle a d’ailleurs encouragé la foule à chanter avec elle à plusieurs reprises, la prestation était bien menée. Little Green Cars est une découverte très intéressante et un groupe à suivre de près !

The Lumineers

Il y a près d’un an, personne ne connaissait The Lumineers, pas même une chanson et une rumeur, rien. Il aura fallu quelques petits papiers ici et là, mais surtout la chance d’être nommé aux Grammys 2013 et de voir une de ses chansons («Ho Hey») dans la bande-annonce de L’écume des jours de Michel Gondry pour que tout explose. Le groupe jouit d’une belle popularité avec son folk-rock dans la même veine que les Mumford and Sons de ce monde. Mais il manque un petit je-ne-sais-quoi à The Lumineers pour que l’on décolle vraiment. Sur album, c’est entrainant, amusant, on s’amuse à hocher la tête, mais en spectacle, une fois les quelques «grosses» chansons passées, on s’emmerde.

Malgré la dévotion du chanteur Wesley Schultz on a beaucoup de difficulté à se laisser aller et tripper avec le groupe. Tout de même, la foule chantait à tue-tête alors que The Lumineers entamait les chansons «Classy Girl», «Ho Hey», «Submarine» et «Dead Sea». Schultz s’est même permis une petite visite dans la passerelle centrale pour aller interpréter une chanson au milieu de la mer de fans. Une initiative somme toute gentille et surtout bien pensée. C’est dans les prochaines années que l’on pourra observer tout le véritable potentiel de The Lumineers et que l’on pourra voir si c’est un groupe de type one hit wonder ou bien s’il réussira à apporter sa musique ailleurs et ainsi s’assurer une place dans le paysage folk-rock de notre génération.

Father John Misty

Joshua Tillman a définitivement plus d’un tour dans son sac. L’homme qu’on a aussi connu en tant que batteur pour le groupe Fleet Foxes fait cavalier seul, le temps de nous présenter son projet Father John Misty. Si Tillman était confortable, caché derrière sa batterie pour son précédent groupe, c’est une vraie bête de scène quand vient le temps de chanter pour Father John Misty. Et pour cause, Tillman a le groove dans le sang et bouge son bassin mieux que John Travolta du temps de Saturday Night Fever. Ce n’est pas peu dire.

Durant le court spectacle, la foule a pu entendre plusieurs chansons tirées du premier album de Father John Misty et elle se plaisait à chanter avec le groupe toutes les paroles des chansons. Tillman possède l’une de ses voix qu’on ne se tanne pas d’entendre. Si son registre vocal passe de tranquille à un peu plus agressif, le tempo, lui, reste toujours le même. Il demeure cependant toujours très lover avec ses fans et tente par tous les moyens de charmer les dames de la foule. Il s’est d’ailleurs permis un commentaire tout à fait charmant sur les filles francophones de Montréal qu’il trouvait donc’ jolies et attendrissantes. Il suggérait même l’idée de créer un seul et unique pays gorgée de filles francophones. Cute.

En ce qui concerne les musiciens de Tillman, ceux-ci ce sont permis tout de même quelques envolées psychédéliques ce qui a eu pour effet de donner un ton très improvisé à la soirée. Le groupe s’est particulièrement gâté vers la fin alors qu’il interprétait la chanson «Hollywood Forever Cemetery Sings». La foule a eu droit à un délire musical démentiel sur une suite de mouvements tous plus décousus les uns des autres de la part de Tillman. L’homme semble véritablement possédé et c’était beau à voir. Par chance, Father John Misty reviendra en terres montréalaises pas plus tard que cet automne alors qu’il donnera un spectacle au Théâtre Corona en octobre.

Misteur Valaire

Les chouchous de la scène sherbrookoise tentaient le tout pour le tout avec leur spectacle à Osheaga. Le mandat était simple : les grands gaillards venaient présenter uniquement des nouvelles chansons. Luis Clavis, le «porte-parole» du groupe nous a présentés comme ses cobayes pour ce spectacle tout en couleurs et en rythmes. Deux extraits étaient déjà connus du public, dont «Belleville Avenue» et «Don’t Get Là», mais le reste était une découverte pour tous et chacun.

Il est risqué de venir présenter du nouveau matériel dans un festival. Les spectateurs qui s’y retrouvent veulent souvent entendre les succès et/ou les chansons déjà connues. C’était d’ailleurs le cas de ma voisine de gauche qui ne cessait de s’époumoner en demandant «Golden Bombay», chanson qui n’a malheureusement pas fait partie du setlist. Reste que les nouvelles compositions sont hyper intéressantes et se rapprochent beaucoup de ce que le groupe faisait à ses débuts. On retrouve un peu plus de jazz, de trompette, de saxophone et un peu moins de pop à la Golden Bombay justement. Le résultat est prometteur et tout au long de la prestation, Luis Clavis nous encourageait à lever les bras et danser comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Le spectacle s’est cependant fini de manière assez abrupte, le temps ayant filé trop rapidement. Les garçons n’ont pas eu le temps de nous jouer tout leur nouveau répertoire. Ce n’est que partie remise, car le groupe sera en spectacle le 13 septembre prochain au Métropolis pour lancer leur quatrième album en carrière.

Pop Montréal fait une annonce dans le ciel

La rumeur courait depuis dimanche matin : Pop Montréal allait faire une grosse annonce dans le ciel d’Osheaga entre 17h et 18h. C’est pendant la prestation de The Lumineers qu’un avion est passé au dessus de nos têtes pour que l’on puisse y lire : «Pop Montréal + Masstolight.com = 25-29 sept». Si plusieurs s’attendaient à une annonce sur Arcade Fire ou même Atoms for Peace, on s’est questionné bien longtemps avant de comprendre ce qu’était «Mass:Light». On s’est d’ailleurs rappelé que Torquill Campbell portait un chandail avec la même inscription pas plus tard que samedi soir. Après une petite enquête, Mass:Light s’avère être le nouveau projet du chanteur de The Dears, Murray Lightburn, dont l’album paraitra le 20 août prochain. Il sera donc en spectacle à Pop Montréal le 26 septembre. Pour plus d’infos : masstolight.com

Cette 8e édition du festival Osheaga a été un véritable succès avec ses 120 000 billets payants vendus. Les têtes d’affiche étaient incroyables et plusieurs d’entre nous classeront ce week-end parmi le plus beau de leur année. Il suffit de penser à Beck et les feux d’artifice, au moment où New Order a interprété «Love Will Tear Us Appart», aux mouvements sensuels de Charles Bradley, à l’épique prestation de The Cure et surtout à Mumford and Sons qui a clôt de façon spectaculaire ce long week-end sous le soleil. Le festival reviendra en 2014 pour sa 9e édition et celle-ci se passera du 1er au 3 août. On s’voit dans l’pit comme dirait l’autre !


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